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L’Assemblée dit oui à un Etat palestinien

Politique. Les députés ont « invité », par une large majorité de 339 voix contre 151, le gouvernement àune reconnaissance officielle.

L’Assemblée nationale a adopté hier à une large majorité, en dépit de l’opposition de la droite, la résolution socialiste sur la reconnaissance de l’Etat palestinien, un texte à portée symbolique au moment où les Palestiniens tentent de faire avancer leur cause à l’ONU. L’Autorité palestinienne a aussitôt salué ce vote, alors que l’ambassade d’Israël en France a jugé qu’il allait « éloigner les possibilités d’arriver à un accord » de paix. Dans le sillage de leurs homologues britanniques et espagnols, les députés français ont « invité », par une majorité de 339 voix contre 151, leur gouvernement à reconnaître officiellement l’Etat palestinien « en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ». La quasi-totalité des socialistes, l’ensemble des écologistes et du Front de gauche, les deux-tiers des radicaux de gauche et une poignée d’UMP (9) et d’UDI (4) ont voté pour le texte, tandis que la grande majorité de l’UMP et de l’UDI ont voté contre. Seize députés se sont abstenus, dont les deux FN, alors que 48 UMP, 8 UDI et 6 radicaux de gauche n’ont pas pris part au vote. La résolution avait été débattue vendredi à l’Assemblée, et le Sénat se prononcera sur un texte similaire le 11 décembre. L’initiative, si elle ne lie pas le gouver nement, s’inscrit cependant dans un mouvement global en Europe considérant la reconnaissance comme un moyen pour relancer un processus de paix moribond et sauver la solution des deux Etats. Lors des explications de vote mardi, l’orateur PS François Loncle a insisté sur la nécessité d’envoyer « un signal de paix » face à l’impasse de la situation : poursuite de la colonisation, échec des négociations sous égide américaine et multiplication des violences meurtrières. « C’est un symbole qui a de la valeur, car la voix de la France sur ces sujets a de la valeur », a renchéri le coprésident du groupe écologiste François de Rugy. « Le moment est venu de mettre fin au calvaire du peuple palestinien », a jugé le député PCF du Front de gauche François Asensi. Les débats ont montré l’extrême sensibilité du sujet en France où vit la première communauté juive d’Europe, dont le vote a fortement basculé à droite ces dernières années. Quelque 150 personnes se sont réunies à l’appel d’associations pro-israéliennes près de l’Assemblée en brandissant des pancartes « Non à une résolution qui encourage les terroristes ». Après avoir hésité à ne pas prendre part au vote, le groupe UMP a voté contre dans sa grande majorité comme le préconisait Nicolas Sarkozy. « Les dirigeants de la gauche parlementaire veulent imposer au gouvernement de la France la reconnaissance d’un Etat, comme si nous étions toujours sous la IVème République. Ils prétendent même que cette reconnaissance contribuera à la résolution du conflit. Franchement de qui se moque-t-on ? », s’est indigné le chef de file du groupe UMP Christian Jacob, évoquant une « résolution juridiquement nulle ». Plusieurs députés de droite chauds partisans d’Israël comme Christian Estrosi ou Claude Goasguen ont accusé le PS de chercher à séduire un « électorat musulman » qui aurait été déçu par une politique de François Hollande trop favorable à Israël. « Le PS a aujourd’hui lâché Israël », a dénoncé l’UDI Meyer Habib, député franco-israélien de la circonscription des Français de l’étranger, fustigeant une tentative « de récupérer les banlieues ». Le président du groupe UDI Philippe Vigier a regretté que la résolution n’ait pas « été soumise à la cosignature des députés de tous les bancs et qu’il nous a été par ailleurs impossible d’amender ». Selon le représentant palestinien à l’ONU Riyad Mansour, le texte pourrait être présenté au Conseil de sécurité à la mi-décembre.


Un premier grand pas

Il faut parfois bousculer l’Histoire pour éviter que les conservatismes ne s’installent. Hier, en invitant le gouvernement français à reconnaître officiellement l’Etat palestinien, la majorité des députés de l’Assemblée nationale y a contribué. Le geste est à saluer. Tout comme doit être dénoncé l’attitude de ceux qui ont voté contre ou, pire, ont refusé de prendre part au vote, sous de faux prétextes. Il est irresponsable de leur part de conditionner la reconnaissance de la Palestine - et donc des droits et devoirs d’un peuple - à une remise en ordre des institutions de gouvernement sur les territoires occupés. C’est justement parce que le peuple palestinien n’a pas d’Etat qu’il n’a pas pu établir une autorité et une organisation de la société digne de ce nom. Les Palestiniens souffrent depuis trop longtemps des préalables, des exigences et des promesses non-tenues par les puissances occidentales. Le prochain objectif, immédiat, est la reconnaissance officielle de l’Etat palestinien par le gouvernement français. Les Palestiniens ne comprendraient pas une quelconque hésitation ou un revirement. Quant au peuple israélien, il ne doit pas interpréter ce vote comme une menace pour son avenir, mais bien comme la contribution de la France en faveur de la coexistence de deux Etats souverains vivant en sécurité selon les frontières de 1967.

Sébastien Madau


Palestiniens

Les Palestiniens ont salué le vote des députés français en faveur de la reconnaissance de leur Etat et appelé le gouvernement à le traduire en acte. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a indiqué « remercier le Parlement et le peuple français » après le vote de ce texte non contraignant mais à forte portée symbolique par lequel les députés français invitent leur gouvernement à reconnaître l’Etat de Palestine. Hanane Achraoui, une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a appelé dans un communiqué « le gouvernement français à traduire le vote de son Parlement en acte ». Les Palestiniens, qui sont depuis 2012 un Etat observateur à l’ONU, mènent actuellement une vaste campagne internationale qui commence à porter ses fruits. La Suède est récemment devenue le 135e pays à reconnaître l’Etat de Palestine et les Parlements britannique et espagnol ont appelé leur gouvernement à faire de même, avant les députés français mardi. Riyad al-Malki a en outre affirmé que « cette décision française va sans aucun doute encourager à la reconnaissance de la Palestine en Europe ». « Malgré les pressions américaines et israéliennes, et celles du lobby juif, le Parlement français a exprimé la volonté du peuple français qui soutient la liberté et dénonce l’occupation », selon lui. La présidence palestinienne a, elle, salué une « décision courageuse (...) qui relance l’avenir de la paix en Palestine et dans la région, dans l’intérêt de la solution à deux Etats avec l’instauration d’un Etat indépendant de Palestine dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale ».

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