«Charlie» pour se rappeler l'essentiel

L'appel avait été lancé par voie de presse. La municipalité invitait sur l'esplanade de la mairie à se retrouver, autour de cette fragilité qu'est la mémoire républicaine.

Elles et ils n'étaient pas que Bellachons. Elles et ils n'étaient pas là comme lecteurs de « Charlie Hebdo », mais comme des personnes blessées dans leur colonne vertébrale républicaine : la liberté de la presse, le droit de ne pas courber la tête devant des religions qui relèvent d'un temps dont on peut légitimement se poser la question de la pertinence actuelle.

Mme le Maire a tout d'abord remercié tout le monde pour sa présence. La pluie avait été menaçante, la volonté l'emportait. « En s'attaquant violemment à un journal caractérisé par l'insolence et l'esprit critique et aux forces de l'ordre, les terroristes ont touché les deux piliers de la démocratie que sont la liberté d'expression et le droit de vivre en sécurité »...

« Quand on baillonne la presse, le silence se transforme en caisse de résonance. Ils ont voulu éteindre la lumière démocratique, mais ils ont rallumé la flamme citoyenne qui était en nous ».

« Des irrévérences, il y en a eu et c'est tant mieux. Aujourd'hui, elles nous manquent déjà car on se demande comment on pourrait continuer à vivre sans elles. On peut en effet rire de tout, mais visiblement pas avec n'importe qui, sans doute parce que le rire est le propre de l'Homme mais ne convient pas aux barbares ».

« Aujourd'hui nous sommes réunis pour un hommage solennel, républicain et tout simplement humain. Liberté, égalité, fraternité, voilà ce qui nous rassemble contre l'obscurantisme et l'intolérance. Alors oui « Je suis Charlie » «Nous sommes Charlie ». Mme le Maire rappela le nom de ceux, intellectuels, libertaires, policiers, tombés face à un nouveau visage de la barbarie.

Un moment, prégnant, de silence puis une salve d'applaudissements pour réchauffer des âmes bien bringuebalates ces jours-ci. Avant que ne naisse, on ne sait d'où, mais reprise par tous, une «Marseillaise » qui n'avait rien de nationaliste, mais de profondément humain.
 

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