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Palestine : « Nous avons opté pour la résistance civile »

Solidarité

Dans le cadre du festival international des solidarités, le CCFD-Terre Solidaire et le comité Dordogne Palestine organisaient un débat autour de la question palestinienne en présence de Johayna Saifi et Jamal Juma’a.

« Si nous sommes ici, c’est pour lancer un cri d’alarme, et témoigner de la réalité de ce qu’il se passe là-bas afin d’éveiller les consciences internationales ». Johayna Saifi et Jamal Juma’a, tous deux Palestiniens, effectuent une tournée en France dans le cadre du Festival des solidarités. De passage à Bergerac pour une rencontre-débat, ces deux militants pour la cause palestinienne mettent leur colère de côté pour décrire avec la plus grande dignité la prison à ciel ouvert qu’est devenu leur pays. Johayna habite Saint-Jean d’Acre en Israël, et milite contre l’expulsion de la population arabe de la vieille ville. « La plupart de ceux qui y vivent sont des réfugiés internes, et louent leur habitat à Israël. Ils sont locataires chez eux et vivent avec la menace constante d’une expulsion ». Les éventuels titres de propriété ne sont plus reconnus par l’Etat israëlien qui ne délivre aucun permis de construire aux Palestiniens, à Acre comme ailleurs. Là-bas, il est interdit à la jeune femme de parler sa langue natale, malgré la loi qui reconnaît l’arabe comme langue officielle. Johayna raconte un processus de « judaïsation » de son pays. « Pas d’un point de vue religieux, mais au service d’un plan sioniste Israël falsifie l’histoire, transforme la réalité, crée des lois racistes et laisse penser à l’échelle mondiale que la lutte des Palestiniens est un guerre de religions, un acte terroriste. Mais notre combat n’est pas celui des musulmans contre les juifs, il est politique, il est celui d’un peuple sous occupation ».

« Nous refusons d’être les peaux rouges d’Israël », Jamal Juma’a

Jamal Juma’a, habitant de la Cisjordanie, à Jérusalem Est, est le fondateur et coordinateur de la campagne « Stop the wall » en référence à ce mur de ciment de neuf mètres de haut, huit cents kilomètres de long, qui dessine bien mal la fameuse ligne verte des accords de cessez-le-feu de 1967. Un ouvrage de béton qui symbolise aujourd’hui la gangrène de la colonisation qui dévore inexorablement les terres des Palestiniens, les isole de leurs terres agricoles et sources d’eau, et érode chaque jour un peu plus l’espoir d’une paix durable. Jamal évoque le rouleau compresseur israélien : les checkpoints militaires, la maîtrise des déplacements par l’armée, les destructions de maisons, les expulsions, les sorties de terre de nouveaux ghettos, la paupérisation, le chômage, la promesse de Netanyahu de créer des routes séparées pour les Israëliens et Palestiniens... « On transforme les Palestiniens en ouvriers exploités, on asphyxie leur identité, réduit leurs espaces... Comment peut-on accepter qu’au XXIème siècle se dressent des murs de séparation, que des régimes d’apartheid et d’esclavagisme puissent encore être tolérés ? Il n’est pas ici seulement question de la Palestine, mais de droits humains ». Johayna et Jamal ne misent rien sur les politiques internationales pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. « Tous, y compris la plupart des pays arabes, ont des intérêts communs avec Israël. Nous parions désormais sur la force des peuples et l’unité des luttes, comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud ». Johayna et Jamal ont fait le choix d’une « résistance civile », le choix d’un mouvement sans violence en parcourant le monde pour raconter l’histoire de leur peuple et sensibiliser le plus grand nombre. Tous deux appellent aujourd’hui au boycott massif d’Israël. Cela a déjà porté ses fruits : sous la pression de mouvements citoyens, les multinationales françaises Véolia et Orange se sont retirées des marchés israëliens. « Vous aussi en tant que citoyens vous pouvez agir, en poussant par exemple vos élus à agir en encourageant des jumelages, en disant que les agissements d’Israël va à l’encontre du droit international ». Johayna et Jamal n’ont déjà payé que trop cher leur identité, mais ne baissent pas les bras : « Nous avons le droit, mais surtout le devoir de croire qu’il est possible de changer les choses. Nous sommes conscients que le chemin sera très long, mais il est celui à parcourir pour mettre fin aux discriminations, aux injustices et à la colonisation d’Israël, et pour voir émerger un seul état démocratique où un homme comptera enfin pour une voix ».

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