Bergeracois : cinq Gilets Jaunes risquent dix ans de prison

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Cinq personnes ont été interpellées mardi et mis en examen ce jeudi pour des incendies survenus en Bergeracois au mois de décembre dernier. Les cinq suspects, qui se réclament du mouvement des Gilets Jaunes, ont avoué les faits.

Ce sont deux femmes, trois hommes, âgés de 27 à 50 ans, à la situation professionnelle modeste, pour la plupart inconnus de la justice, et tous domiciliés à Bergerac ou à proximité. Interpellés et placés en garde-à-vue mardi, tous ont avoué les faits qui leur sont reprochés, liés à leur appartenance aux Gilets Jaunes. « Ils se sont rencontrés à la faveur du mouvement dont ils partageaient les revendications », explique la procureur de Bergerac, Odile de Fritsch, « selon eux, le blocage des ronds-points ne suffisaient pas, ils voulaient montrer leur  mécontentement contre -selon leurs dires- la politique du gouvernement, et toucher l’Etat ». En décembre dernier, les cinq s’en ont ainsi pris à des bâtiments publics, tentant de mettre le feu aux ateliers de l’agglomération bergeracoise, à la Maison des Services Publics à La Force, à la mairie de Colombier et à un véhicule du Conseil départemental. A Bergerac, c’est la guinguette de Pombonne qui a été visée et entièrement ravagée par les flammes. Pour tous ces méfaits, le montant des dégâts est estimé à environ 260 000 euros. Commissariat et gemdarmerie de Bergerac ont travaillé main dans la main pour remonter aux cinq suspects. « Ce sont des investigations poussées des services techniques, scientifiques et de téléphonies qui nous ont permis ces interpellations », explique le colonel Lionel Nicot. Un gros travail de renseignement, puis un nom, fil conducteur à l’épilogue de cette affaire. « Des Gilets Jaunes ont pensé que la violence n’aiderait pas le mouvement », indique le commandant de police Alain Andrieux,« à partir de là, nous avons engagé un vrai travail de fourmi ». L’enquête a mis à jour deux meneurs dans ce groupe de cinq : une femme et un homme. « Nous savons qu’ils étaient samedi à Paris et qu’ils n’étaient pas de simples spectateurs de cette manifestation extrêmement violente », poursuit le policier. « Lors des perquisitions de leur domicile, nous avons également retrouvé des vêtements pris lors du pillage des Champs Elysées », abonde le colonel. Des jets d’œufs auraient également été déjoués par les forces de l’ordre lors des récentes visites ministérielles à Bergerac, notamment celle de Marlène Shiappa. Une information judiciaire a été ouverte ce jeudi à l’encontre des cinq pour des faits d’incendies volontaires par moyens dangereux et association de malfaiteurs. Le juge des libertés a été saisi des réquisitions du Ministère Public, à savoir des mandats de dépôts. Les cinq contestataires ecourent dix ans de prison pour les faits reprochés.

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