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L'avenir du Rex a fait salle comble !

Cinéma

Jeudi soir, la grande salle du cinéma le Rex faisait le plein. A l’appel de l’association des Amis du Rex, une réunion avait été organisée pour revenir sur les dernières annonces concernant l’avenir du cinéma Art et Essai.

Le rendez-vous était donné à 18h30. Les derniers arrivants tardaient dans la file d’attente afin de signer la pétition à l’entrée. A l’intérieur, les 340 places sont toutes occupées. Des gens restent debout. L’émotion est au rendez-vous. Le succès de la soirée n’est pourtant désiré par personne. Jean-Marc Comas, adjoint à la culture et Guillaume Delpiroux, directeur des services culturels sont venus accompagnés de Guillaume Cabrol, directeur de cabinet et de Franck Peyret, adjoint au commerce et à l’ artisanat.

Ambiance houleuse...

Face au public, Bernard Duroux, micro en main, ne peut cacher son émotion qu’il a parfois du mal à canaliser, mais qui ne laisse personne indifférent. «C’est honteux de jeter les gens comme ça», commente une dame à voix basse. «Il faut m’excuser. Je suis terriblement ému depuis lundi. Je vois tellement de gens apporter leur soutien, ça ferait pleurer» débute le directeur de la légendaire salle d’Art et d’essai.
«C’est insultant de ne pas avoir averti les salariés au préalable» s’indigne l’élue communiste, Martine Contie, revenant sur son intervention au Conseil municipal qui révéla «l’affaire». «Vous dites que vous allez recruter mais pour l’instant vous licenciez» ajoute André Pamboutzoglou au sujet de l’annonce du passage en contrat public de «tous les salariés du Rex», s’adressant lui aussi aux élus. Jean-Paul Chavant, administrateur de l’association Les Amis du Rex ajoute que «la culture ne se municipalise pas. Il faut se battre quelle que soit la couleur de la mairie».
Jean-Marc Comas qui tente de répondre, est interrompu, chahuté et se rassoit finalement.
Le directeur du cinéma a reçu de nombreux messages de soutien. Il lira celui d’une étudiante. «Je m’appelle Marion A., je suis étudiante et j’ai appris récemment que le Rex pourrait fermer, ou si ce n’est fermé, c’est municipalisé, ce qui revient peut-être au même ? J’ai été désemparée quand j’ai appris ça. Je suis passionnée de cinéma depuis longtemps et c’est en particulier le Rex qui m’a montré les meilleurs films (...). C’est un endroit de création, d’intelligence, de réflexions (...). C’est tout simplement la culture, la vie (...). Et s’il faut se rassembler, manifester, je serai des vôtres». Tonnerre d’applaudissements. Josiane, dans le public, se lève «Sommes-nous en démocratie ou en dictature ? Qu’on nous demande juste notre avis...». Un homme se lève à son tour. Il prend l’exemple d’un théâtre dans une autre ville, «municipalisé lui aussi». Explique, détaille le processus jusqu’à la fermeture et finalement conclut «Et tout ça pourquoi ? Pour financer la vidéo-surveillance dans la ville !». La comparaison fait mouche. Applaudissements nourris.
«Nous, les seniors» rebondit une dame joliment pomponnée, «on veut avoir la possibilité de ne pas mourir idiots». Elle évoque les retransmissions du Bolchoï «refusées par le CGR, car trop chères. Est-ce que la municipalité veut réserver uniquement aux Brivistes fortunés la possibilité de se cultiver à Bordeaux ?»
«Nous voulons préserver la culture» défend Jean-Marc Comas, à qui la salle répond comme un seul homme : «Mais pourquoi faire ça alors ?». «C’est juste une question technique...» tente-t-il de justifier avant d’être hué à grand renfort de noms d’oiseaux. L’équipe municipale regrettera au final de «n’avoir pu fournir à ceux qui étaient venus les chercher, des explications, et de n’avoir pu les entendre».

Et soutiens unanimes

Jean-Paul Chavant a lu une lettre adressée au maire, et écrite par Llibert Tarrago, éditeur et journaliste. Elle regorge d'anecdotes croustillantes sur la renommée du Rex : «Achetez votre Vélosolex chez Beneix en face du Rex !». Et interpelle l’élu «Ne tuez pas le Rex ! Vous bâtissez l’avenir, vous l’expliquez dans vos programmes, donc vous n’ignorez pas que le présent est le passé du futur».
D’autres interventions se succèdent. Bénédict Mossolin lit lui aussi son courrier adressé à Frédéric Soulier : «Vous avez avec le cinéma le Rex, un outil d’animation et de culture qui fonctionne. Allez-vous prendre le risque, avec les incertitudes que comporte nécessairement le passage en régie, de laisser déliter cet outil jusqu’à une disparition qui n’est que trop prévisible ?»
«Le 1er juillet, le cinéma fermera. J’ai demandé à ce que soit prolongée de deux mois son exploitation mais les élus n’ont pas pu me donner de réponses. D’autres personnes ont demandé que la DSP soit signée» explique Diane Baratier, présidente de l’association des Amis du Rex. Son association s’implique pour faire vivre un cinéma Art et Essai unique en son genre au niveau du Limousin. «C’est un îlot de bien-être. Qu’une association régisse le cinéma lui donne l’avantage de choisir la programmation, d’organiser des soirées, des discussions. La gestion de Bernard Duroux est légère et libre. On a la possibilité de s’approprier le cinéma, de se sentir chez soi. C’est comme ce qui  existait à Paris à l’époque de la Cinémathèque française d’Henri Langlois. Ici on peut venir à n’importe quelle heure, il y a des films récents pour tous les publics. Cette variété, on y tient. C’est cela qu’on défend. On voit bien qu’avec une régie municipale, ça ne garde pas la même souplesse et la même dynamique» soulignait la cinéaste Diane Baratier.
Bernard Duroux était «heureux» de la mobilisation et d’une salle  comble, venue «soutenir ce que j’ai réalisé depuis 36 ans. Je me sentirais très coupable de laisser se faire une chose comme cela».

Murielle Babin et Serge Hulpusch

Aujourd’hui, les Amis du Rex tiennent d’une réunion, à 14 h au Rex, sur le thème : «Proposition et organisation des actions à venir».


La pétition en ligne a été retirée... une autre lui a succédé
«Mon fils a dû retirer la pétition qu’il avait mise en ligne. Il a reçu des menaces. Ce sont des méthodes inadmissibles», lâche Corinne au cours de la soirée. Son fils, Bastien, est un étudiant en cinéma qui a réalisé tout son cursus à d’Arsonval et qui a fréquenté assidûment les salles obscures du Rex. «C’est là que j’ai construit toute ma cinéphilie» et sa vocation dans l’écriture cinématographique. Après avoir appris sur Internet que le Rex risquait de fermer et qu’une pétition papier était disponible au cinéma, il a appelé sa mère. «Je voulais qu’elle se renseigne, étant moi-même à Paris. Elle a confirmé la fermeture en été et la situation des salariés. Dans l’impossibilité de me déplacer, j’ai posté moi-même une pétition en ligne. En 24h, elle a récolté 1.200 signatures. J’étais content que les gens réagissent car j’avais peur que tout le monde laisse tomber le Rex. Dans la nuit, j’ai reçu un message de la mairie stipulant que le Rex ne fermait pas, qu’il était calomnieux de dire ça et que des poursuites judiciaires pouvaient être engagées. J’ai écrit immédiatement aux signataires pour leur signaler que ce n’était pas une fermeture mais une reprise, et j’ai joint le message municipal. Le lendemain, j’ai changé l’intitulé de la pétition. Dès lors, j’ai reçu en 24h, énormément de commentaires désobligeants sous pseudonymes. J’ai alors totalement fermé la pétition... Mais je suis content de voir que la lutte continue. J’ai pu aujourd’hui aller signer la pétition au Rex». Contactée, la mairie a indiqué qu’il n’y avait «pas matière à commentaire vu que la pétition avait été retirée». Mais hier en fin d’après-midi, une nouvelle pétition a été lancée sur Change.org pour dire «non a une municipalisation qui n'a pas d'objet pour programmer et animer un cinéma comme le Rex» : https://www.change.org/p/maire-de-brive-cinema-rex-de-brive

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Commentaires

La culture est et sera le seul "outil" qui permettra de "vivre ensemble" quand l'effondrement surviendra, inéluctable. Malheureusement c'est ce budget que l'Etat, les Régions ou les communes rognent pour... tenter de retrouver une Croissance (le fameux Dieu Croissance) dans un monde fini. Si vous n'en prenez pas conscience, écoutez ce que disait Yves Cochet en 2013, déjà 3 ans... https://www.youtube.com/watch?v=s7VdTtU1w5Q