Le Rex : la reprise en régie débute demain

Cinéma

Plus d’une centaine de personnes sont venues soutenir la DSP du Rex lors d’une séance du conseil municipal houleuse où la reprise en régie directe a été finalement votée par la majorité.

A l’instar des précédentes séances du conseil municipal, la dernière avant la trêve estivale n’a pas échappé à sa manifestation de mécontentement. Après les interventions des parents d’élèves lors de la fermeture de l’école du pont Cardinal, de celle des agents lors de la refonte du régime indemnitaire, c’était hier soir au tour des défenseurs du Rex de manifester tout le bien qu’ils pensaient de la non reconduction de la DSP  et de la reprise en régie par la municipalité. Et ils n’ont pas manqué de le faire malgré les rappels à l’ordre répétés du premier magistrat de la ville !
Sur le fond, la délégation de service public (DSP) à l’association Le Rex signée en décembre 2011 pour une durée de trois ans avait été reconduite une première fois fin 2014 pour une durée de un an puis une seconde pour six mois. Malgré le lancement d’une procédure pour son renouvellement, la majorité a voté dans un premier temps l’abandon de cette dernière au «motif de l’intérêt général» considérant que la seule candidature de l’association à sa succession comportait une «insuffisance de concurrence» et surtout une insuffisance sur un plan technique et financier.
Dans son intervention, Diane Baratier, la présidente des Amis du Rex a rappelé l’importance de l’éducation à l’image surtout dans «une région qui est désormais la deuxième productrice de films» et de souligner le potentiel de Brive pour faire un lieu de recherche sur l’image. «Mais pour cela il faut un point de ralliement et c’est Le Rex» a-t-elle appuyé.
Soulignant la qualité de programmation de cette salle reconnue par le CNC «au niveau national et international», des investissements réalisés, «je ne sais pas qui fera mieux, surtout au coût auquel cela est réalisé» s’est interrogé André Pamboutzoglou. «Nous ne sommes pas dans une spirale juridique incontournable» a-t-il estimé. L’abandon de la procédure au motif de l’intérêt général a également fait grincer des dents Martine Contie notant un «procédé désagréable et douteux pour discréditer l’équipe du cinéma». «L’intérêt général que vous évoquez est le vôtre et non pas celui des cinéphiles attachés à leur cinéma» a-t-elle lancé au maire là où André Pamboutzoglou dénonce «un choix préparé». «La régie n’est pas une piètre solution» s’est défendu le maire, précisant qu’il s’agit d’«une structure juridique temporaire qui pourrait durer 18 à 24 mois avant la reprise d’une DSP».
Une reprise en régie qui débute dès demain et pour laquelle la Ville a fait le choix de recruter Romain Grosjean, actuel responsable du pôle d’éducation à l’image et co-directeur du centre culturel. Quant au personnel, la reprise en régie directe va conserver cinq CDI et deux CDD tandis que trois CDD ne seront pas renouvelés. Pointée du doigt par l’élue communiste, une inconnue demeure toutefois dans l’équation de cette nouvelle «structure temporaire»: à savoir le budget qui lui sera alloué. Malgré le désaccord d’une partie de l’opposition c’est bel et bien une page de l’histoire du Rex qui s’est tournée hier soir provoquant les sifflets des spectateurs quittant cette dernière séance.  

Mathieu Andreau

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