Le lycée Lavoisier ne décolère pas !

Education

Les enseignants du lycée professionnel Lavoisier se sont de nouveau mobilisés contre la réduction de leur dotation horaire juste avant leur entrevue avec la rectrice prévue ce mercredi à Limoges.

Les enseignants et élèves du lycée professionnel Lavoisier ne décolèrent pas depuis l’annonce de la baisse de sa dotation globale horaire (DGH) prévue à la rentrée prochaine.
Après une première mobilisation fin janvier qui avait eu pour conséquence un «mieux» de 20 heures sur les 67 heures initialement amputées, le compte n’y est toujours pas pour les enseignants qui ont donc remis le couvert hier. Derrière les banderoles «Lycée dépouillé» accrochés aux grilles de l’établissement, les professeurs ont organisé un cours de mathématiques dans la cour du lycée. Une mise en scène symbolique préfigurant les conséquences de coup de rabot sur la DGH. Car au delà du symbole, et malgré les 20 heures rendues, ce sont toujours 47 heures qui vont manquer à la rentrée prochaine. «Les conséquences seront désastreuses pour la qualité de formation dispensée à nos élèves. Elèves toujours plus en difficulté dans des métiers demandant toujours plus de, compétences.

"Gros coup de rabot"

Cela compromet donc leur insertion professionnelle, comme leurs poursuites d’études. Cela entre totalement en contradiction avec objectifs du ministère. Où est la voie d’excellence quand on nous demande de faire plus avec moins !» fulmine un enseignant. Car avec ce «gros coup de rabot» sur la dotation horaire qui aura un effet sur le nombre d’élèves par classe, les inquiétudes portent autant sur les enseignements en atelier. «Actuellement nous comptons des classes de 20 élèves répartis en deux groupes sur les ateliers. Ce dédoublement est primordial pour suivre les élèves et permettre une différenciation pédagogique. Dans sa première mouture, le rectorat prévoyait des ateliers à 17 élèves. Mais ce n’est pas possible quant au suivi des élèves mais aussi en termes de sécurité. Il faut bien voir qu’en mécanique par exemple, ils sont sous des voitures qui pèsent 1,5 tonnes !» fait observer Antony Panevel, professeur en maintenance des véhicules.

"On n'est pas des magiciens"

«Les heures de groupe sont hyper importantes mais si on suit les heures qu’ils nous donnent on réussira juste à accompagner les élèves vers l’échec. On n’est pas des magiciens ! » ajoute-t-il. Surtout que cette baisse de dotation survient au moment même où se profile une réforme de l'enseignement professionnel à l’horizon 2021. «Il est prévu que les élèves réalisent un chef d’œuvre comme en BTS. On augmente les compétences, très bien. Mais on ne peut pas en plus supprimer des heures alors qu’il faudrait en théorie des moyens supplémentaires. Nous sommes pris dans un étau» estime un autre professeur. De leur côté, les parents d’élèves ont également écrit à la Rectrice pour lui faire part de leur «incompréhension, inquiétude et colère». Cette deuxième journée de mobilisation à Lavoisier en annonce déjà une troisième puisque qu’une délégation du personnel éducatif sera reçue aujourd’hui au rectorat à 17 heures accompagnée comme ils se doit de son cortège d’enseignants en colère.

Mathieu Andreau

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