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Le kiosque de retour pour que résonnent les rengaines !

Parc de la Guierle

Une ville évolue au gré des courants, des besoins, des nécessités... Des réalités ? Entre nostalgie et modernité, le cœur de la cité gaillarde balance. Samedi dernier, le passé renaissait avec le kiosque à musique. Voyage dans le temps : 1877... Une année de crise institutionnelle !

«Il y a quelque 142 ans, la municipalité d’alors décida d’engager quelques milliers d’anciens francs dans la transformation de ces trois hectares de la Guierle. La construction d’un kiosque fut décidée un  peu plus tard en 1890, juste après la celle du théâtre municipal...» a raconté le maire, Frédéric Soulier dans son discours inaugural qui précédait le concert donné par l’Harmonie Sainte-Cécile. Le lieu était apprécié, nous dit-on, pour «les promenades dominicales en famille et entre amis» où les Brivistes venaient (déjà) écouter l’harmonie municipale ou «les musiques militaires des régiments cantonnés à la caserne Brune»...  
C’est pourtant sous la halle Brassens que les instruments ont résonné ce samedi. La pluie et le froid empêchant la foule nombreuse d’apprécier pleinement ce petit goût de jadis dans son décorum idéal. Nonobstant, la cinquantaine de musiciens a pu jouer à son aise, elle aurait été bien à l’étroit sous la gloriette réhabilitée. Pour l’occasion, l’orchestre avait travaillé cinq partitions d’un répertoire éclectique : de «Bohemian Rhapsody» signée Freddie Mercury à «Gandalf» tiré de la symphonie du Seigneur des Anneaux écrite par  Johan de Meij en passant par «The legend of Maracaibo» de José
Alberto Pina, «The Rock» de Hans Zimmer et Pascal Devroye ou «Dance with the devil» de Fritz Neuböck. L’honneur de couper le ruban tricolore a été remis à Cael, 8 ans. «Je suis content de l’avoir fait. Je le savais un peu mais j’étais pas sûr» confie le petit percussionniste.

Une Histoire, des histoires

Le kiosque à musique apparut à Brive en 1890 dans une France qui venait de subir la crise institutionnelle de mai 1877. Entre esprit républicain et monarchiste, la bataille d’esprit faisait rage : la noblesse, incarnée par le président de la Troisième République, Patrice de Mac Mahon contre la bourgeoisie, Léon Gambetta, membre de la Chambre des députés de l’époque. À cette période, le siège de maire de la cité gaillarde ressemble... à un jeu de chaise musicale (!) où François Martine, Jean-Baptiste Ernest Vicant et Barthélémy Eyrolles jouent, perdent et gagnent.
Viendra l’année du démontage de la gloriette, l’Histoire officielle parle des années 80, l’officieuse mentionne «une refonte du parc de la Guierle achevée fin 1976». Ce qui est certain, c’est que l’endroit est largement convoité par les autorités civiles qui se succèdent. On y construit, déconstruit au gré des courants, chacun y apposant «son style».
La halle du marché fut également l’objet de nombreuses modifications : érigée, déplacée, rebâtie, baptisée «Brassens», améliorée en 2013 pour près de 2 millions d’euros. En 1982, sous la longue mandature de Jean Charbonnel, élu maire de 1966 à 1995, la place de la Guierle arborait des arcades érigées dans les années 70, abattues en 1997.  La Guierle se structure entre nécessités et empreintes...
Le kiosque à musique qui avait été racheté en 2008 à une restauratrice de Saint-Viance pour 6.000€, a été entièrement rebâti par les services municipaux. 25 agents ont participé à l’ouvrage soit 2.140 heures de travail et 32.000€ de matériel. Il reste à définir une charte pour son utilisation qui sera pilotée par le
service culturel.
Sera-t-il un lieu d’expression pour la vox populi ?

Sabine Parisot

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