Le bloc rejette le projet... en bloc

Santé

La découverte fortuite de l’existence d’une convention constitutive de l’élargissement à la chirurgie de la coopération entre l’hôpital et la clinique Saint-Germain a mis le bloc opératoire en boule.

Les chirurgiens du centre hospitaliers l’ont mauvaise. A l’origine de ce malaise la tentative conjointe de la direction de l’hôpital et de la clinique  Saint-Germain et de l’ARS Nouvelle Aquitaine d’élargir à la chirurgie la coopération existante entre les deux établissements au delà de la seule  activité obstétrique.  
«Le projet de la maternité avait une cohérence avec au bout une amélioration de la prise en charge des parturientes» explique le Dr Laridon,  chirurgien vasculaire et chef du pôle chirurgie de l’hôpital de Brive.
Si à l’époque ce projet a fait consensus au sein de la communauté médicale, les praticiens hospitaliers ouvraient sans le savoir la porte à une coopération plus large. «Nous avons appris par hasard qu’une convention constitutive avait été signée entre les établissements. Or, celle-ci n’a jamais été soumise aux praticiens de l’hôpital» explique le chirurgien. Un «coup en douce» que digère mal l’équipe médicale du bloc qui s’est  depuis constituée en collectif contre un mariage jugé inopérant.

Trois courriers

«Les 25 chirurgiens du bloc ont signé les trois courriers dénonçant ce projet» explique Didier Laridon. Surtout que ce rapprochement ravive le spectre d’un autre plus ancien qui en son temps avait tout autant agité la communauté médicale avant d’être abandonné. «Il y a dix ans, la clinique et l’ARH (ex-ARS) avaient déjà été les architectes d’un projet similaire avec l’implantation de la clinique au cœur de l’hôpital». C’est donc une énième tentative de la sacro sainte coopération publique/privée qui est remise sur le métier. «A l’époque, un grand bus avait été affrété à Arcachon pour apprécier les vertus de ce qui était le modèle type à reproduire. Dix ans plus tard, la chirurgie publique a totalement  disparue de l’hôpital d’Arcachon qui est devenu l’arrière cour de la clinique» observe le chirurgien.
Surtout, le bloc du CH de Brive ne comprend pas quelle pourrait être la dot d’un tel mariage. «Aujourd’hui à la clinique il reste en chirurgie, un  urologue, un chirurgien digestif et un autre vasculaire. Tous les autres font de l’ambulatoire. Cela n’apporterait rien de plus à la qualité de soins des patients. Faut-il prendre un risque aussi important pour du menu fretin ?» s’interroge le Dr Laridon.

"L'objectif du projet : sauver la clinique Saint-Germain"

Aux yeux du collectif, ce projet ne poursuit qu’un seul objectif : sauver la clinique Saint-Germain qui connaîtrait une situation financière délicate. «Ce rapprochement permettrait à la clinique de se recentrer sur la chirurgie ambulatoire légère, les soins de suite et la rééducation. Des activités peu coûteuses en terme de moyens humains et de charges de structure. La chirurgie lourde, moins rentable, migrerait alors vers l’hôpital. Expliquez moi l’intérêt de mutualiser les déficits et de privatiser les recettes ?» tonne le praticien.
Mais au delà de la création d’une structure aux statuts disparates permettant à «des chirurgiens du privés de venir travailler au bloc en open bar», les praticiens de l'hôpital veulent également préserver l’équilibre de leurs équipes. «Le travail médical c’est un travail d’équipe. Il ne faut pas créer une  structure où personne ne voudrait venir surtout que l’hôpital n’a jamais connu une capacité de recrutement aussi intéressante depuis dix ans»  lâche le chef du pôle  chirurgie.
Au bloc, toutes les conditions sont encore loin d’être remplies pour que ne prenne cette nouvelle tentative de greffe.

Mathieu Andreau

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