Question de travail : un métier ou une activité professionnelle ?

Société et vie économique

Métiers et activités professionelles. Le premier s’acquiert et s’apprend au fil des années, la seconde se crée et s’invente. Deux expériences de travail à travers quatre profils rencontrés à Brive et à Chartrier-Ferrière.
L’heure de la rentrée va bientôt sonner. Chacun de reprendre son labeur, qui son métier, qui son activité professionnelle. Un distinguo observé parmi notre communauté humaine laborieuse...
Doreuse-ornemaniste pour l’une, sculptrice-ornemaniste pour l’autre, Olivia Clavairoly et Véronique Deroubaix ont choisi Brive pour installer leur vitrine au 5 de la rue Traversière, en plein cœur du centre-ville. «Notre boutique-atelier s’appelle Version ORriginale pour plusieurs raisons. La première parce que nous restaurons ou relookons des meubles, on leur donne un caractère unique, la seconde parce que ces deux mots contiennent nos prénoms Véronique et Olivia !» Une explication qui dénote la belle entente entre un ex-maître d’apprentissage et son ancienne élève.

10 ans, nombre d’or !

Avant de se lancer dans une aventure pignon sur rue, les deux artisanes furent collègues au sein  d’un même atelier durant deux ans et demi. Véronique a su transmettre son savoir-faire à Olivia pendant un an. Au total, ce sont dix ans de connivence au travail. Originaire de Belgique, Véronique Deroubaix a d’abord été sculptrice sur bois formée à l’école Saint-Luc, avant de se tourner vers la dorure. «La dorure est un métier technique mais pas que. Il y a  toute la partie patine qui est plus créative. C’est ça qui est long à apprendre. Comme dans beaucoup de métiers d’atisanat, il faut 10 ans pour se sentir à l’aise. C’est pareil pour la sculpture sur bois. Il faut connaître les différents styles de toutes les époques. Pour la sculpture, il y a le dessin  préparatoire» décrit l’experte. Après des études d’Histoire de l’art, Olivia Clavairoly a obtenu son CAP de Dorure. Sa rencontre avec un doreur a motivé sa carrière professionnelle. Aujourd’hui, elle défend son métier ancien en ajoutant sa touche. Elle s’est même faite créatrice de bijoux pendant un temps «Ça me permettait d’utiliser mes chutes de feuille d’or» justifie-t-elle. Le principe de récupération, Véronique et Olivia le défendent au quotidien. À l’entrée de la boutique, une petite phrase « Attention, un meuble peut en cacher un autre !» est «un clin d’œil et une invitation à ne pas jeter les meubles de grand-mère . Ils sont plus costauds que les productions actuelles. Relookés et restaurés, ils trouvent leur place». Un métier ancien pour des idées neuves en somme !

Faire du tourisme son activité

À quelques encablures de Brive, le village de Chartier-Ferrière a vu s’élever une curieuse construction entre chênes truffiers et figuiers du Causse. «Les cigales se mettent à chanter à midi pile et plus on avance dans l’été, plus elles retardent leur chant» observent Gauthier et Chantal Soardi. Ils sont propriétaires du Dôme. Cette maison qu’ils ont voulue sciemment atypique, ils la proposent à la location touristique depuis le 24 août dernier. Un nouveau projet professionnel qui arrive enfin à terme et qui aura mûri pendant de long mois non sans péripéties... La mise au vert est un leitmotiv que le couple s’applique à lui-même et souhaite faire partager à autrui. Originaire de la région parisienne, Gauthier Soardi a travaillé dans le monde de la finance pendant vingt-sept ans dont quinze dans le quartier d’affaires de La Défense. «J’avais quatre heure de transports par jour pour me rendre sur mon lieu de travail» confie-t-il. Advint le moment où le corps montre des signes de faiblesse où le choix de changer de vie devient urgent sous la pression d’un milieu professionnel peu enclin à l’humanité.

Dôme sweet Dôme !

Il faut alors repenser sa vie en entier. Gauthier Soardi et son épouse choississent de s’établir en Corrèze pour y développer une activité touristique. Après une expérience locative de leur propre maison durant les mois d’été ils constatent une réelle demande. «On a été cliqué plus de 2500 fois, avec 250 demandes la première année, en 2015». L’idée de construire une habitation insolite a ensuite germé. «Nous voulions nous démarquer des propositions de cabanes, roulottes et yourtes. Nous voulions quelque chose de résolument atypique, contemporain et confortable». Ils ont alors construit Le Dôme d’après le concept de l’architecte Anthony Lega. Aménagé de deux chambres, d’une pièce de vie et cuisine avec terrasse, spa et piscine, Le Dôme offre une prestation haut de gamme pour quatre personnes. Chantal et Gauthier Soardi entendent promouvoir le territoire et sa gastronomie. Comme une envie de prendre soin des autres. Leur site internet gameofdome.com est en construction avec visite virtuelle à venir. Les voici activateurs de tourisme.

Sabine Parisot