Action de grève hors les murs

Urgences

Les annonces de la ministre de la santé ne sont pas faites pour affaiblir le mouvement de grève qui avait gagné les Urgences du CH de Brive en juin dernier. Ces propositions ont au contraire eu un effet viral à large spectre ! Hier après-midi, une vingtaine d’agents hospitaliers de différents services brandissaient une banderole «Urgences en grève» au carrefour du Pont Cardinal de Brive avec pétition à signer en soutien à «leur lutte contre le désengagement des institutions publiques».

«Les services des urgences et leur personnel sont malmenés et les annonces d’Agnès Buzyn ne sont pas satisfaisantes, ce n’est pas ce qu’on attendait. Le mouvement va continuer. Les urgentistes sont déterminés. C’est aussi un mal être qui existe dans tous les hôpitaux de France : manque d’effectif,  problèmes de planning, non-respect des repos. Tous ces éléments qui sont la conséquence d’un manque de personnel» détaille Célia Legeard, déléguée syndicale FO. La série de mesures déployées par la ministre dont le pacte de refondation des Urgences à 750 millions d’euros ne sont pas faites pour satisfaire syndicats et personnels. Aucune enveloppe supplémentaire obtenue auprès de Bercy. Il s’agit bien de prendre cette somme sur un budget hospitalier constant. «Agnès Buzyn est une comptable. Les 750 millions d’euros, c’est déshabiller Jacques pour habiller Paul» estime Victor Texeira de la CGT. «Je crois qu’elle ne nous a ni vus ni entendus. Je crois qu’elle est sourde. Ce qu’on demande c’est des postes en plus, de la rémunération et l’arrêt des fermetures des lits. On va arriver en période hivernale, la grippe va revenir. On va encore manquer de lit» poursuit-il.
CGT et FO s’accordent sur la question des Maisons de santé comme solution illusoire. Peut-être plausible dans un contexte mégalopolitain mais beaucoup moins dans un contexte rural doté d’«une population vieillissante où les patients sont isolés, loin du centre ville de Brive, avec des difficultés pour se déplacer. À part venir en ambulance, comme il le font actuellement pour venir aux Urgences, je vois pas comment on peut résoudre le souci en créant des Maisons de santé. Il faudra bien que quelqu’un aille les chercher pour les y amener». Outre ce problème de mobilité soulevé par Angélique, infirmière depuis 12 ans aux Urgences de Brive, qui a vu le service se dégrader au fur et à mesure des années, une question demeure : où trouver le médecin libéral qui s’installera dans la dite «MDS» dans une ville où il manque déjà de généralistes et où déjà bon nombre partiront en retraite dans les 10 ans à venir ?

Sabine Parisot