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Images positives sur grand écran

ODCV

C’était une première pour l’ODCV de la Corrèze. «Sport Santé Bien-être» est une action que l’association portait pour la première fois. Elle combinait ateliers cinéma et activités sportives avec option diététique et bien-être pour seize ados en surpoids.

Ils ont entre 11 et 15 ans. Ce sont des collégiens et des collégiennes, tous en situation de surpoids. Ils ont accepté de participer à cette première aventure lancée par l’ODCV 19. L’association gère les villages vacances de La Martière à Oléron, le Chalet des Aiguilles à Chamonix et le centre sportif des Mille Sources à Bugeat. Elle dispose à la fois des moyens humains et matériels pour accueillir des groupes avec la volonté de s’impliquer «dans une dynamique territoriale». L’ODCV porte des missions éducatives instaurées depuis sa création en 1948 par le corps enseignant.

Confiance en soi

Cependant, «les structures de l’ODCV ne sont pas réservées aux seuls enfants, elles sont accessibles à toutes les familles corréziennes» invitait son directeur général, Thierry Benazeth lors de la soirée de présentation des courts-métrages réalisés par les seize ados, au cinéma Rex de Brive. Les idées majeures de cette action étant de «redonner le goût de la pratique sportive et la confiance en soi à travers l’image véhiculée et rééduquer les pratiques alimentaires». Pas d’enjeu d’amaigrissement durant ces quatre séjours de cinq jours, uniquement celui d’initier une évolution positive dans la vie de ces jeunes personnes. La méthode : ateliers cinéma pour travailler l’image de soi, ateliers sportifs pour se mettre en dynamique, ateliers diététique pour
apprendre à s’alimenter sainement et ateliers bien-être pour apprendre à s’aimer soi. Pour leur mise en œuvre, différents partenaires dont la Fac de sports de Limoges et le Pôle Images Les Yeux Verts. Ils étaient quatre réalisateurs pour accompagner les jeunes participants dans leurs créations cinématographiques : Pauline Vergne, Isabelle Ramnou, Benoît Desgirauds et Florent Jullien. La partie diététique avait été confiée à Annabelle Alessio. Delphine Lecourt, psychologue, avait reçu les adolescents en entretiens individuels. Les deux spécialistes avaient également prévu des temps collectifs pour cuisiner ou s’exercer à la respiration, la relaxation, la pensée positive.

Des ateliers studieux

Olivier Bonenfant du Pôle Images Les yeux Verts était à la coordination des ateliers cinéma. Lors de la soirée de diffusion du mercredi 18 septembre dernier, il a évoqué une «ambiance très studieuse». La proposition d’Isabelle Ramnou :  le cinéma d’animation. 14 petits films à base de silhouettes découpées dans du papier et mises en mouvement illustraient des émotions choisies. Les moins inspirés pouvaient s’appuyer sur la sortie accrobranche pour dire leur ressenti. «J’avais envie de leur montrer que l’on pouvait s’exprimer même si on est pas bon en dessin. Comprendre l’animation demande de la concentration et de la précision.  Avant d’animer les personnages, nous avons commencé par mimer les postures pour bien saisir et ressentir le mouvement» a décrit l’artiste devant les parents. «Nous avons aussi testé des choses pour le bruitage, le cri de l’ours ou la neige. Tous ont été très investis et motivés. Les ateliers se poursuivaient le soir. J’ai passé une vraie super semaine avec eux» a-t-elle partagé dans un élan de sincérité.

Des œuvres à regarder

Florent Jullien était également présent aux côtés des jeunes gens lors de la soirée de diffusion. Avec celui d’Isabelle Ramnou, son travail présentait un réel intérêt artistique doté d’une dimension technique exigeante. Au final, les objets filmiques présentés font réellement œuvres. Elles demeurent intéressantes à regarder au-delà du cercle familial. «Vous n’avez vu qu’un extrait ce soir. Le film réalisé dure en réalité 30 minutes. Ce qui est amusant c’est de tourner et de monter. En une demi-heure, ils savent leur texte. Pour le tournage, il y en a deux qui jouent, deux qui tournent. Tout est en gros plans puis on procède au montage. Beaucoup de temps de discussions pour savoir à quel endroit couper, à quel moment on le fait. C’est ce qui est intéressant» dévoile le cinéaste.

Comédie, émotion

L’exercice proposé est un play-back au format cinéma. Les voix et les dialogues des films de grands réalisateurs (Rohmer, Godard, Carax, Rozier) sont remis dans la bouche et les yeux des ados. Cela donne une troublante affaire qui peut varier du registre comique à celui de l’émotion. Les scènes sont entrecoupées d’images fixes de photographies d’artistes choisies par les jeunes sur lesquelles ils ont écrit un texte. Le texte est repris pour accompagner leur propre portrait filmé en caméra fixe. La continuité de ces propositions emmène dans une narration décousue riche et surprenante. Une vraie belle valorisation de ces petites personnes en quête d’images positives. Une réussite. «Le projet est reconduit cette année avec les mêmes professionnels et un nouveau groupe» informe Yvon Roche, coordinateur pour l’ODCV 19. Une toute autre action verra le jour autour de la dépendance et du «Bien Vieillir» à l’automne.

Sabine Parisot