Pour que le service ne déraille pas

Social

Suppression de postes au guichet et en manœuvre, rétrécissement de la plage horaire de vente des billets... A Brive, huit emplois sont sur la sellette. Ce dimanche et dimanche prochain, un préavis de grève fait écho aux réorganisations prévues pour début novembre.

A Brive, le préavis de grève fait suite au droit de retrait de la semaine passée qui avait mobilisé l’ensemble des gares de l’hexagone. Mais ce dimanche, les agents brivistes se dressaient contre huit suppressions de postes et nombre de réorganisations annoncées pour début novembre.
«Avant l’été, nous avons été reçus par la direction suite à des concertations immédiates. On nous a annoncé quatre suppressions au niveau des  manœuvres et quatre également concernant la vente. Si l’on se réfère aux effectifs, les deux groupes comptent chacun une vingtaine de personnes. Les postes voués à la suppression sont ceux d’agents partis en formation qui ne vont pas être remplacés. Cela équivaut à 20% de nos effectifs»  détaille un délégué CGT, à l’origine du mouvement.
Dès le premier novembre, le projet de réorganisation supprimerait alors des agents de vente, ayant ainsi une incidence sur les quatre terminaux de guichets qui se réduiraient au nombre de deux ; mais également sur l’amplitude horaire de ces derniers, pour l’instant actifs de 6h à 20h.
«La vente est regroupées avec les gares de zones diffuses : les vendeurs de Tulle et d’Ussel viennent remplacer ceux de Brive. Pour justifier ces  suppressions de postes, on nous parle de la vente dématérialisée sur internet qui prend le pas sur la vente au guichet sauf que la réalité est  différente en ruralité que ce qui se passe en métropole...» continue l’agent.
Parallèlement, les agents de manœuvre mettant, entre autres, les intercités en conformité lors de raccordements de train, sont également touchés.
Huit emplois supprimés
Les incidences seront donc nombreuses car, même si les modifications des horaires ne sont pas encore connues, il est certain que les usagers se trouveront face à de plus en plus de guichets clos dans les gares de petites et moyennes envergures.
A Brive, les conditions de travail sont vouées à se détériorer d’avantage. «Nous sommes déjà en sous-effectif chronique sur les agents sédentaires : les manœuvres et les guichets mais aussi sur les agents d’accueil qui informent le public et qui prennent en charge les personnes à mobilité  réduite et ceux que l’on nomme les «escales» qui donnaient avant le départ aux trains. La charge de travail ne diminue pas, si c’était le cas, nous ne pourrions rien dire et nous comprendrions mais à ce jour, il y autant de trains qui passent en gare, la charge de travail reste identique». L’incompréhension est totale chez les agents gaillards. «On sait qu’il va y avoir des répercussions mais on ne sait pas lesquelles. Suite au préavis de grève, la direction nous a dit qu’elle ne nous recevrait pas car tout avait été décidé en amont. Nous demandons juste qu’on laisse la place aux concertations».
Des incidences sur toute la chaîne
Ce dimanche et lundi matin, un aller-retour Paris-Brive et un aller étaient supprimés ainsi que l’ensemble des trains de nuit. «Nous avons la chance d’avoir une partie des trains de nuit de la ligne Paris-Toulouse qui s’arrêtent en gare de Brive pour un raccordement ou un décrochage mais les  agents de manœuvre absents, la partie allant à Rodez est également supprimée comme les manœuvres ne peuvent être effectuées. Ce qui nous  désole c’est que toutes ces conditions, en plus de se répercuter directement sur les usagers, ont des incidences sur les autres corps d’agents. Il y a encore quelques mois, les personnes qui n’avaient pas pu prendre leurs billets en gare car les guichets étaient fermés les prenaient auprès des  contrôleurs à tarif normal. Maintenant, une sur-taxe est ajoutée alors que fermeture de guichets est indépendante des usagers. La seule réponse qui est donnée est celle des bornes mises à disposition en gare mais ces dernières ne proposent le paiement qu’en carte bleue. Les gens, qui parfois sont des habitués de la ligne et connaissent les tarifs, sont mécontents et c’est compréhensible».
C’est d’ailleurs le cas d’Adolphe que vient de déposer sa fille en gare de Brive. «Je dois rentrer sur Paris mais je ne sais pas du tout comment faire, je ne sais pas non plus s’il y a des bus. Honnêtement je suis bloqué ici mais je comprends totalement pourquoi les agents sont en grève, sans les
guichets, on ne peut rien faire !».
Dégradation des conditions de travail, répercussions sur les agents sédentaires mais aussi mobiles, et surtout incompréhension des usagers qui se sentent de plus en plus pris en étau... Si la grève a été largement suivie ce dimanche, les agents ne savent pas de quoi l’avenir sera fait en gare de Brive. Une certitude persiste, les suppressions de guichets au sein des gares rurales continuent à  priver les usagers d’un service public de proximité égalitaire au profit des grands axes et des métropoles.
A noter que la grève est reconduite dimanche prochain à Brive.
 

Sabine Taverdet