Les laboratoires Fenioux ont 30 ans

Economie

Un dîner spectacle a réuni jeudi dernier invités et salariés pour célébrer les trente ans des laboratoires Fenioux.
Retour au début des années 1980. Christian Fenioux, jeune ingénieur aux laboratoires Arkopharma, a un jour une idée : faire de la phytothérapie sur prescription médicale. Il en parle à son patron qui n'est pas convaincu. Dans le même temps, ce dernier lui propose un poste à Nice. Christian Fenioux, lui, se trouve bien à Châteauroux et décide d'y rester pour créer sa propre entreprise. « Les premiers mois nous avons débuté dans mon appartement. Je faisais le commercial et j'avais deux salariées, avec qui je travaille toujours, qui s'occupaient de reconditionner les gélules en vrac et de les expédier » se souvient-il.
les Clés du succès
A l'époque, la phytothérapie ne jouissait pas d'une très bonne image : « les praticiens que je rencontrais ne me prenaient pas très au sérieux. Pour eux, c'était des remèdes de grands-mères. Exemples à l'appui, je leur prouvais qu'ils faisaient de la phytothérapie sans le savoir car de nombreux médicaments sont à base de plantes. Je les faisais voyager à partir de la composition de mes gélules. Je n'étais pas comme les autres visiteurs médicaux, c'est de cette façon que j'ai imprimé ma différence » raconte Christian Fenioux.
Et le succès est très vite au rendez-vous. Le chiffre d'affaires passe en cinq ans d'1,3 à 24 millions de francs. Après un premier local rue Ampère, Christian Fenioux installe ses laboratoires avenue Pierre de Coubertin à Châteauroux, où ils se trouvent encore aujourd'hui. Passionné de phytothérapie, il parcourt le monde à la recherche des plantes et de leurs principes actifs. Il met au point toute une gamme de compléments alimentaires et de produits naturels et, depuis 1995, une autre gamme de produits destinés aux sportifs. Mais son activité n'est pas du goût de l'Ordre des pharmaciens qui le poursuit en justice pour exercice illégal de la pharmacie. C'est le début d'une longue bataille judiciaire qui défraye la chronique. « Cela m'a coûté très cher mais j'ai gagné mes deux derniers procès et j'ai obtenu que deux de mes condamnations soient effacées » souligne-t-il.
La phytothérapie a maintenant le vent en poupe : de grands groupes s'y sont mis et la concurrence est rude. Les laboratoires Fenioux travaillent beaucoup à l'export vers les pays européens et le Maghreb.
En 2014, Christian Fenioux a fait ses premiers pas sur le marché chinois où la pollution a contaminé de nombreuses plantes. La fin de l'embargo avec l'Iran ouvre également des perspectives de développement : « des tractations ont été engagées depuis trois mois : il faut battre le fer quand il est chaud » sourit-il.
Quand il regarde dans le rétroviseur, il dit : « J'ai vécu trois décennies extraordinaires. J'ai été un peu dépassé par les événements : je ne pensais pas que mes produits connaîtraient un tel engouement. Ce qui m'intéressait, c'était de démocratiser la phytothérapie qui cause beaucoup moins d'effets secondaires que les médicaments classiques. »
Les laboratoires Fenioux, leader français du complément alimentaire, compte aujourd'hui 160 salariés que les démêlés judiciaires de leur patron et sa gestion paternaliste ont contribué à souder.
A soixante-deux ans, Christian Fenioux songe à passer la main même si il se donne encore quelques années. « A qui je vendrai, je ne sais pas, mais ce que je veux avant tout, c'est la pérennité de l'entreprise et des emplois » conclut-il.

Jean-Marc Desloges

Quelques repères : passion vélo
Passionné par les plantes, l'est au moins autant par le vélo. Titulaire de nombreux records sur piste, il pratique toujours le vélo avec assiduité. Le 28 juin dernier, il remportait une poursuite sur dix tours à Saint-Amand Montrond face à Stéphane Goyon à bord de son vélomobile (vélo couché).

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