L’agriculture en campagne !

Economie

Dans un département agricole comme la Corrèze, la transmission de son exploitation et l’installation des nouveaux agriculteurs sont  les deux maillons indispensables à la poursuite d’une activité pérenne. La Chambre d’agriculture, en lien avec les JA et la MSA, joue un rôle de levier et de conseil incontournable .

Il en va de l’avenir de l’agriculture en Corrèze. Tony Cornelissen, Président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze annonce la couleur : «Nous souhaitons passer la vitesse supérieure et nous donner les moyens de nos ambitions, en réponse au besoin du territoire, et pour garantir l’avenir de nos métiers».  Il faut dire que dans un département à la population âgée où l’agriculture tient encore un rang économique important voire vital, l’équation n’est pas simple à résoudre entre départ à la retraite et installation de jeunes agriculteurs.
Depuis 2010, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 7 % et le taux de renouvellement d’actifs agricoles se situe autour de 55%. Il y a encore de la marge de manœuvre. En 2015,  on comptait 4.572 chefs d’exploitations et parmi eux, près de la moitié a plus de 50 ans.  
Et un tiers de ces 2.300 exploitants n’aurait pas de repreneur identifié... C’est dire la nécessité pour la Chambre d'Agriculture et les différents acteurs de faire en sorte que les cessations et les reprises  se fassent au mieux des intérêts de chacune des parties.
Engagée depuis 2009 dans la mise en œuvre du dispositif d’accompagnement à l’installation, la Chambre d’Agriculture est labellisée Point Accueil Installation (PAI) et Centre d’Elaboration des Plans de Professionnalisation Personnalisés (CEPPP).
Malgré la crise qu’a connue et traverse encore le monde agricole, en 2015, le nombre total de chefs d’exploitation installé a progressé de 35 %.  Sur 186 installés, 51 % ont plus de 40 ans. Ce public non éligible aux aides à l’installation est également accompagné par la Chambre d’agriculture.
Des outils en action, le Point Accueil Installation est la première porte d’entrée pour tous les porteurs de projet. En 2015, 267 porteurs de projets ont été accueillis soit près de 25% de plus par rapport à la moyenne de 2012-2013-2014.   Le Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP) a lui, pour objectif, de compléter les capacités et compétences déjà acquises par le candidat. Lors de cette deuxième étape du parcours à l’installation, 84 candidats sont rentrés dans le dispositif aidé en 2015 et ont réalisé un entretien  avec un conseiller «projet» et un conseiller «compétences».
La logique économique et un langage de vérité sont au cœur de ces différentes étapes : «Notre objectif est de rendre des exploitations viables et vivables, leur ouvrir les yeux sur la réalité» constate Tony Cornelissen.   
Le parcours d’installation a été revu et amélioré en 2009 : «Il s’agit d’un parcours personnalisé pour chaque porteur de projet» indique Jérôme Pascarel, président du syndicat des JA 19, syndicat associé à ce dossier.  Un président résolument optimiste pour l’avenir : «Il y a une réelle plus-value à venir vers les métiers de l’agriculture». En 2015, 55 agriculteurs se sont installés avec les aides  et 76 % des projets se sont réalisés en zone de Montagne. Si une part croissante des projets est liée à l’élevage allaitant, 18 % des installations se réalisent sur d’autres systèmes de production  : bovin lait, maraîchage, ovins, apiculture, pisciculture… Pas loin de 10 % des ateliers sont conduits en mode biologique et la vente directe est présente dans 20 % des dossiers d’installation. 15% des installations se sont réalisées Hors du Cadre Familial.
C’est le cas Julie Dignac  installée  depuis  le début de l’année sur Saint-Viance en GAEC Bovin viande/canard avec son conjoint et un autre associé.
Cette jeune femme de 26 ans  a suivi les différentes étapes à l’installation et bénéficié du soutien financier  du Réseau Diva, (Diversification agricole en Limousin). «C’est une aide qui m’a permis de prendre en charge les heures passées avec le technicien de la chambre d’agriculture concernant différents aspects de mon projet :  le permis de construire, la formation de ma société. Le parcours d’installation  a été riche en conseils techniques et en rencontres, ce qui a été important» souligne Julie Dignac sur son parcours.
Des autres outils, le RDI* (Répertoire Départ Installation) est géré et animé par la Chambre d’Agriculture. Ce dispositif   permet de mettre en relation les agriculteurs à la recherche d’un repreneur ou d’un associé et les candidats à l’installation. Au 31 décembre 2015, 37 exploitations étaient
enregistrées au RDI dont 19 nouvelles inscriptions.  
L’an passé, deux installations Hors Cadre Familial ont ainsi été réalisées via le RDI et neuf étaient en cours.

Serge Hulpusch

*www.repertoireinstallation.com


De la transmission à l’installation  
Les 1ères rencontres de la transmission en Corrèze organisées par la Chambre d’agriculture en partenariat avec la MSA du Limousin se dérouleront de 10h à 17h les : 21 novembre dans les locaux de la Chambre à Tulle, le 25 novembre à Saint-Ybard, le 1er décembre à Brive et le 2 décembre à Ussel. Ces journées d’informations et d’échanges s’adressent aux chefs d’exploitation de plus de 55 ans, à leurs conjointes et à leurs associés. La matinée sera consacrée à la présentation du PTA avec une intervention de la MSA sur les conditions de départs en retraite et de cessation d’activités et les après-midi des rendez-vous individuels avec les futurs cédants et les partenaires de la transmission.

La 4ème rencontre de l’installation aura lieu le 29 novembre à l’immeuble consulaire (salle  des assemblées) à Tulle. De 9h à 13h, soixante élèves et stagiaires des lycées agricoles du département et du CFPPA de Tulle-Naves se verront présenter chaque étape du parcours à l’installation de manière synthétique. L’accent sera mis sur des témoignages de jeunes en cours d’installation ou récemment installés. Un zoom sera également réalisé sur l’apprentissage et le salariat.

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