PCF : Et maintenant la reconstruction

Politique

Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, était hier à la Boîte en Zinc à Chanteix pour présenter son dernier ouvrage «Et maintenant Monsieur le Président», paru en août dernier aux éditions de l’Atelier. Un livre critique qui explore des pistes d’une autre alternative politique ancrée à gauche.

La venue à Chanteix du député communiste n’est pas un hasard. Tout comme Jean Mouzat, maire communiste de Chanteix, André Chassaigne a été maire pendant 27 ans de Saint-Amant-Roche- Savine,  village du Puy-de-Dôme de 530 habitants (615 à Chanteix). Ils partagent le même intérêt pour le développement de la culture en milieu rural et de part leur engagement respectif possèdent une connaissance aiguë du monde agricole.
vers Une agriculture durable ? Le député résume leur attachement à la terre et leurs habitants par l’expression de «campagne vivante». Le parlementaire suit de très près le dossier agricole depuis 2002 à l’Assemblée nationale. Il a travaillé avec Jean Mouzat, président du MODEF sur la garantie de prix rémunérateur ou la loi sur la revalorisation des retraites agricoles.
Il conduit actuellement avec le député du Lot-et-Garonne LREM Alexandre Freschi une mission d’information, avec un rapport à la clé, pour le compte de la Commission européenne de l’Assemblée nationale. Le thème en est une agriculture durable pour l’Union européenne en lien avec la PAC. «Comment on peut faire évoluer l’agriculture européenne et française vers l’agro-écologie tout en maintenant des prix rémunérateurs pour les paysans, l’idée que l’on peut avoir une agriculture qui produit tout en étant respectueuse de l’environnement» précise le député. Le rapport sera présenté au mois d’avril prochain. De la politique agricole promise par le président Macron, le député dit un seul mot «chiche». Les récents Etats généraux de l’alimentation ont pris en compte l’augmentation du revenu des agriculteurs au niveau des filières -qui pourrait se faire par une loi-
et l’amélioration de la qualité de l’alimentation.
Il récuse une agriculture à deux vitesses : bio et de niche face à une agriculture intensive conventionnelle. L’agriculture doit conjuguer social, environnement et économie. Le député pense que les mentalités ont évolué et en premier lieu «leur environnement familial».

Gauche de combat vs marketing libéral

Au plan politique, le député Chassaigne ne mâche pas ses mots. De son rapport à la France insoumise, il dit ne pas avoir voulu «être avalé. On perdait toute indépendance d’expression». Le choix a été fait de créer un groupe qui puisse porter la parole des onze députés communistes.
La volonté de son groupe est aussi de créer des convergences pas seulement avec la FI mais aussi la Nouvelle gauche : «On considère que la reconstruction de la gauche sur une base de gauche de combat, de transformation de la société ne se fera pas sur un seul mouvement et derrière un homme aussi charismatique soit-il. Elle doit se faire sur la construction à plusieurs. On veut pierre à pierre reconstruire une gauche sociale» analyse l’élu. Avec son livre, «Et maintenant Monsieur le Président», André Chassaigne décortique le programme d’En marche et son ultra libéralisme et jette les bases d’une autre politique. «L’idée était de travailler les consciences endormies, touchées par une forme de marketing qui est celui du Président Macron.
Macron ça été pour l’essentiel de faire passer l’idée que les barricades n’existaient plus selon l’expression d’Elsa Triolet “il faut choisir son côté de barricades”»  souligne le député. Les rapports de classes, la gauche et la droite en politique ne seraient donc pas encore morts, écrasés sous le poids d’En Marche. «C’est une politique ultralibérale. Hollande il avait le libéralisme honteux, Macron a le libéralisme triomphant. Il fait aujourd’hui ce qu’il a dit, une politique réfléchie, assumée qu’il habille de mots pour occulter ce qu’elle est en réalité» analyse André Chassaigne. De l’atonie politique des Français, le député rappelle que l’histoire est faite de flux et de reflux et que les «conquis sociaux» naissent toujours d’une volonté politique et d’une montée du mouvement social. Dont acte.

Serge Hulpusch

Photo : De gauche à droite... Michel Julien, président de l’Adecr Corrèze, Alain Guilbert, secrétaire départemental du PCF, André Chassaigne et Jean Mouzat

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