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Le sage pays et les paysages de Cueco à voir à Sédières

Exposition

Cet été, c’est un artiste corrézien qui est au cœur de l'exposition du Domaine de Sédières. Le peintre Uzerchois, tête de proue de la figuration narrative, également écrivain, homme de radio mais aussi cofondateur du Syndicat national des artistes plasticiens (SNAP-CGT) se livre ici à travers les paysages.

Monter une exposition de Cueco relevait de la gageure tant l’œuvre de l’artiste prolifique a été protéiforme. Ce fil rouge, c’est un fin connaisseur de l’homme et de l’œuvre qui l’a finalement déroulé. Car ce fil rouge a été trouvé dans les liens du sang. Pour présenter l’œuvre de son père, David Cueco a choisi de présenter une quarantaine de tableaux qui traversent les différentes époques de son père sur le thème du paysage. Mais n’allez pas croire que chez Cueco le paysage n’est que la simple représentation du monde. «On peut aussi penser que l’espace figuré, le paysage, a une fonction symbolique, qu’il cache ou qu’il signifie autre chose que la simple esthétique de ce qu’il représente» indique son fils. «On peut supposer que ces formes familières, ces espaces qui sont exposés à la surface des œuvres sont aussi des idées, des artifices signifiant plus dans l'esprit de celui qui les compose, que ce que leur banalité ou leur universalité représente dans le ressenti de celui qui les regarde».   

Une mini rétrospective

«L’axe du paysage est intéressant parce qu’il traverse justement son œuvre et permet de faire une mini rétrospective» précise-t-il. Mais cet axe est cependant une évidence quand on y regarde de plus près. Fondateur de l’association «Pays paysage en limousin» dans les années 1980, dans sa ville natale d’ Uzerche, Cueco avait à cœur de réunir et confronter les savoirs de tous ceux qui sont au contact de la nature : agriculteurs, scientifiques, simples habitants ou artistes pour justement poser la question de comment regarder le paysage. En filigrane certains pourront aussi y voir, dans sa manière compulsive de reproduire ces paysages, ce désir d’en saisir les variations naturelles et celles liées à l’activité humaine avec l’arrivée de l'agriculture intensive. Le tableau d’une haie abandonnée, présenté dans cette exposition souligne cette indignation. Celle de la perte d’un patrimoine porteur d’une culture. Car le paysage est aussi le pays. L’environnement dans lequel on vit, on se construit et où d’autres l’ont fait avant nous. Il en va ainsi avec ce tableau d’une haie abandonnée témoin d’un changement de paradigme agricole ou encore dans un autre registre avec «Le maquis de Corrèze» où dans les herbes folles de Sainte-Féréole dessinées à la mine de plomb, l’artiste cache les résistants du maquis de La Besse. «C’est l’évolution du temps, l’écologie du paysage. S’il n’a jamais vraiment tenu un discours d’écologie politique, l’écologie culturelle locale lui importait sans vision nostalgique ni même une vision d’un retour à la terre»,  précise David Cueco.

Une œuvre inédite à découvrir

Cette exposition est aussi l’occasion de découvrir des œuvres de jeunesse de l’artiste et d’autres qui ont été peu montrées comme «Le cochon» et ses sombres et inquiétants paysages typiquement corréziens qui n’avaient pas été présentés depuis les années 1970. Les visiteurs auront également la chance d’apprécier une œuvre inédite. Une série d’ardoises peintes dans les années 1990 dans l’atelier de l’artiste au Pouget de Vigeois. «La grange avait un toit d’ardoises qui tombaient régulièrement. Mon père les ramassait au fur et à mesure et peignait le ciel chaque jour selon ses couleurs. Comme un journal du ciel». Ce thème du paysage résonne aujourd’hui comme une évidence surtout lorsque l’on sait que les derniers tableaux d’Henri Cueco, peints alors qu’il ne reconnaissait plus personne, représentent encore des arbres «comme un retour paradoxal de la mémoire profonde». Des pièces d’une finesse impressionnante où les encres noires sur la toile blanche représentent peut-être son œuvre la plus onirique.

Mathieu Andreau


Horaires et tarifs
L’exposition est visible dans les salles du château jusqu’au 30 septembre, tous les jours de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h. Tarif : 4 euros, 2 euros (réduit), gratuit pour les moins de 11 ans.
Une rue à Argentat
Le 21 juillet, dans le cadre du festival «Histoires de Passages», la rue principale d’Argentat sera rebaptisée aux noms d’Henri et Marinette Cueco. La venue de Pierre Bergounioux est annoncée.

 

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