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Gilets jaunes et syndicats même combat !

Social

«L’unité a prévalu aujourd’hui que ce soit à Ussel ou  à Brive. Cette unité il faut la préserver car on se bat tous contre un même système et ce système c’est le système capitaliste»
Car après de longs mois c’est avant tout cette convergence des luttes que le secrétaire départemental de la CGT voulait retenir.  Hier syndicats (CGT, FSU, Solidaire, FO) et gilets jaunes ont effectivement défilé côte à côte (et de bout en bout) lors de la manifestation interprofessionnelle et départementale organisée à Brive Une banderole en tête de cortège annonçait déjà la couleur ou plutôt les couleurs !  «Gilets jaunes,
syndicats, même combat ! mêmes revendications !» pouvait-on y lire.  
Et elles ne manquaient le long des boulevards gaillards. Si le pouvoir d’achat était logiquement en tête (hausse du Smic, revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, augmentation des pensions de retraite), la défense des services publics était elle aussi bien présente avec notamment les enseignants du premier degré vent debout contre le projet de loi Blanquer dit de «l’école de la confiance».

Loi Blanquer : "un coup terrible pour l’école"

Derrière ce projet de loi se cache un coup terrible pour l’école mais aussi pour les territoires et les
services publics. «Par exemple la scolarisation obligatoire à partir de 3 ans peut sembler une bonne chose sur le papier mais il faut bien voir qu’aujourd’hui en France c’est déjà le cas pour 97% des enfants. Mais ce qui n’est pas dit c’est qu’une municipalité est obligée de financer les écoles privées. Avec cette loi c’est donc un cadeau qui est fait aux écoles privées. Et tous les financements qui seront alloués au privé  n’iront plus au public» indique Karine Rossander, secrétaire du Snuipp de la Corrèze.
Autre point du projet qui fait tousser la représentante syndicale, la création de regroupements d’écoles sous l’égide d’un principal de collège. «Cela veut dire plus de directeur dans les petites écoles, plus d’interlocuteur de proximité pour les parents et lorsque qu’un principal devra trancher sur la dotation horaire ce sont le plus petites écoles qui seront touchées». Et quid du recrutement d’enseignants non formés en deuxième année de licence. «Ce n’est ni plus ni moins qu’un vivier de remplaçants à bas coût» estime la secrétaire du Snuipp. Enfin, la goutte de trop dans un vase déjà  plein concerne «le devoir d’exemplarité». «Par cette loi, les enseignants vont être muselés puisque qu’on va nous imposer un devoir de réserve qui n’existait pas [...]. Les parents d’élèves ne s’en rendent pas compte mais ce projet de loi est une grosse atteinte au territoire puisqu’un département comme le nôtre risque de se vider complètement». Une situation résumée en une seule pancarte brandie par une fillette dans le défilée : «Confiance dans l’école pas dans l’école de la confiance» disait-elle.  

Coupe sombre sur les finances publiques

L’éducation n’était pourtant pas le seul service public à manifester son inquiétude et son incompréhension, hier. En milieu de cortège, les agents des finances publiques en avaient aussi gros sur la patate. Derrière, une banderole flambant neuve plusieurs dizaines d’agents de la DGFIP ont eux
aussi revendiqué un changement de cap. Et plus précisément du CAP 2022 préparer par le gouvernement qui laisse planer la menace d’une «coupe sombre sur les effectifs, les services et les missions des trésoreries de la Corrèze. Aujourd’hui nous sommes 348 agents en Corrèze et d’après les bruits de couloirs qui remontent à nos oreilles ce seraient entre 100 et 150 postes qui seraient supprimés rien que sur le département. C’est une destruction massive du service public de proximité» tacle Pascal Guérin, secrétaire départemental du syndicat  Solidaires Finances  Publiques.    
Autant dire que la visite du ministre du Budget Gérald Darmanin, prévu vendredi matin à la cité administrative à Tulle s’annonce mouvementée.
Mais les mécontentements dépassaient, hier largement ces seuls secteurs. Cheminots, agents hospitaliers mais aussi salariés du privé étaient venus exprimer leur exaspération. En queue de cortège, plusieurs salariés de l’entreprise Deshors fermaient la marche alors que deux unités brivistes du groupe ADI sont sous le coup d’un plan social de 97 postes annoncé par la direction la semaine dernière et pourraient à leur tour entrer dans la lutte.

Mathieu Andreau

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