Poussée du RN en rase campagne

Elections Européennes

Retour sur les résultats des élections européennes en Corrèze qui ont vu l’ancrage du RN, la persistance de En marche, et l’effondrement des partis traditionnels.
La Corrèze s’est réveillée hier matin un peu groggy des résultats des élections européennes qui ont placé en tête le Rassemblement National de  Marine Le Pen suivi par le parti présidentiel et les Verts sur la troisième marche du podium. Vote sanction ou pas, ce résultat inquiétant rebat un peu plus les cartes politiques dans un département où les partis traditionnels LR et PS  -qui ont vu deux présidents de la République sortir de leur rang- continuent leur chute inexorable. En 2014, le PS était arrivé premier du scrutin européen (23,5%) devant l’UMP d’alors (22,31%) et le FN (19,88%).
En 2019, le RN a progressé seulement de deux points à 21,43% mais il profite au maximum de l’érosion continue des partis traditionnels, d’une gauche éclatée façon puzzle et du duel politico-médiatique annoncé entre LREM et le RN, européens vs nationalistes...
A Tulle, ville martyre qui célébrait  hier matin la Journée Nationale de la Résistance dans une ambiance pesante, le score du RN, vainqueur avec 18,54% (831 voix) devant LREM 18,38% (824 voix) et le PS à 14,17% (635 voix)   laisse pour le moins perplexe.  
En Corrèze, le RN dépasse les 30% dans 13 communes, les 20% dans 108 et les 10% dans 80 communes ! La ruralité et le péri-urbain sont ses terres géographiques d’élection et d’ancrage mais des villes plus importantes n’échappent pas à cette vague contestataire.  
A Ussel,   Donzenac,  Argentat,   Allassac,   Uzerche,   Objat,   Saint-Pantaléon­de Larche, le RN passe devant tout le monde. De quoi donner des  idées au RN pour les prochaines élections municipales ? Cela semble peu probable étant donné le peu d’implantation du RN en Corrèze, sauf peut-être à Tulle...
La colère et la désespérance sociale exprimées ces derniers mois dans la rue et sur les ronds-points peuvent elles expliquer en partie les raisons de ce vote populiste  ? Ou alors bon nombre de citoyens sont-ils tombés dans le piège d’un scénario écrit d’avance ? Cette bipolarisation de la  politique a placé En Marche comme deuxième force politique du département (19,25%).
A Egletons, Malemort, Aubazine, Cosnac, Naves et Brive, le parti présidentiel tire les marrons de ce jeu. «J’aurai préféré qu’on termine premier  comme tout le monde. On aurait pu faire un peu mieux. On est un parti jeune. Il y a intérêt à se poser des questions afin de  savoir  pour quelle raison certains électeurs ont voté aussi fortement pour le RN  ? Pas pour les contrer mais répondre aux prochaines élections aux recommandations, voire  aux récriminations globales vis-à-vis des partis, des institutions et des réponses qu’on apporte localement» analysait le député LREM Christophe  Jerretie.
La gauche qui additionne 36,5% des suffrages peut se poser les bonnes questions quant à son avenir, soit bande à part ou rassemblée ?
Malgré sa bonne campagne, le PCF plafonne à 4,99%. Génération.s à 3,56 ; LFI à 8%, PS à 9% et Verts à 10,88% complètent la mosaïque.
Hic et nunc. Et demain ?

Serge Hulpusch

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