Petit festival mais grands noms du jazz à Souillac

Jazz

On est bien loin des grosses productions qui alimentent  la saison estivale des festivals. Pourtant la semaine prochaine, les amoureux du jazz sous toutes ses formes auront encore rendez-vous à Souillac pour en prendre plein les esgourdes. Et ça fait maintenant 44 ans que ça dure !
Pour ce festival qui compte parmi les historiques de la scène jazz hexagonale tels que des Juan-les Pins ou les Marciac, Jazz in Souillac ne court pas après les chiffres ni même après les records. Les concerts donnés au pied de l’abbatiale romaine lotoise attirent chaque année environ 7.000
personnes.
Et si la scène jazz n’est certes pas celle des musiques dites actuelles, le président du festival Robert Peyrillou, n’en démord pas : «Le jazz est une musique vivante qui ne connaît pas de limite».  Les habitués du festival Sim Compans pourront même retrouver des artistes déjà croisés sur la
désormais longue route du festival. Par exemple c'est la troisième fois que Henri Texier foulera la scène de Souillac. «Mais en 44 ans cela n’a rien d’un scandale» explique le président de l’association organisatrice.

 

"On fait partie des cinq ou six festivals les plus anciens encore en vie"

Car au fil de ses quarante quatre années, le festival s’est donné pour fil conducteur de n’oublier personne. «Chaque soir nous essayons d’allier des profils différents avec des programmations  hétéroclites. Nous avons un rôle éducatif pour faire découvrir ces artistes de la scène jazz qui montent. Il ne suffit pas de répondre à ce que les gens veulent. En cela on s’éloigne peut-être des Gignac et autres Brive festival.
Faire découvrir n’est pas simple, mais c’est pour nous quelque chose d’essentiel, car nous n’avons pas du tout envie de nous enfermer dans un moule» explique Robert Peyrillou.  
Avec un budget avoisinant les 100.000 euros Souillac en jazz n’est certes pas taillé pour rivaliser avec les grosses machines qui se renforcent chaque année pour avaler de plus en plus de festivaliers chaque été. Néanmoins, sans succomber aux sirènes d’un développement à tout crin et en conservant sa ligne de conduite, Souillac en jazz peut être fier de sa réussite. «Le jazz est peut-être une niche. Mais, aujourd’hui, on fait partie des cinq ou six festivals les plus anciens encore en vie. Et sincèrement, je ne pense pas qu’en 1976, les créateurs croyaient que nous serions encore là aujourd’hui».
Une longévité du festival qui s’explique peut-être pas la nature même de la musique qu’il véhicule. «Depuis sa naissance le jazz est une musique métisse, ce qui a permis à Souillac de recevoir des artistes venus du Japon, du Vietnam, d’Afrique du Sud ou de Cuba. Le jazz est une ouverture au monde et nous prônons cette ouverture» déclare Robert Peyrillou.

Un équilibre pourtant fragile

Le nombre des années ne fait pourtant rien à l’affaire. «Nous sommes toujours un petit festival et l’équilibre reste fragile» note le président. Néanmoins sa taille humaine lui permet de limiter les risques. «Si une année nous arrivons à dégager des bénéfices ou au contraire contracter des dettes cela se compte toujours en milliers d’euros. Nous n’avons jamais eu de salariés parce que pour nous 25.000 euros c’est déjà trois concerts» détaille Robert Peyrillou.
Un statut de petit poucet qui n’empêche pas le festival et son président de compter quelques fiertés. «Nous avons accueilli Jeanne Added il y a treize ans quand personne ne la connaissait, idem pour Ibrahim Maalouff».
Cette année encore, de grands noms du jazz se produiront sur la scène du festival avec entre autres le trio Bruel/Marre/Thuillier, Three Days of Forest, Andreas Schaerer Quartet, Henri Texier Sand Quintet ou encore le contrebassiste Avishai Cohen en trio. Le jazz sera également présent dans toute la ville et ira à la rencontre d’un public très varié, avec une quarantaine d’heures de concerts gratuits à travers rues et places.
Souillac en jazz c’est aussi : un concert dans les Grottes de Lacave, un concert gratuit à Pinsac, une randonnée jazz, des repas jazz à Salignac et Souillac, une soirée cinéma avec Black Indians autour des racines du jazz et des expositions...

So let’s jazz !


Au programme
Lundi  15 juillet : Cavale à Pinsac.
Mardi 16 juillet : trio Bruel-Marre-Thuillier aux grottes de Lacave à 20h30. 23e
Jeudi 18 juillet : Three days of forest + Andreas Schaerer Quartet (21h15) 13/25e
Vendredi 19 juillet  : Henri Texier Sand Quintet (21h15) 15/29e
Samedi 20 juillet : Avishai Cohen Trio (21h15) 16/31e
Plus de renseignements sur www.souillacenjazz.fr
 

Premium Footwear & Clothing Store