Un cru 2019 réussi pour L'Ecaussystème à Gignac (46)

Culture

La 17e édition du festival L’Ecaussystème à Gignac (46) s’est achevée dimanche soir sur un bilan plus que positif avec plus de 30.000 spectateurs sur trois jours. La dernière soirée a fait carton plein avec une programmation aussi riche que variée.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Voilà un dicton qui colle parfaitement à cette nouvelle édition du festival L’Ecaussystème. «C’est un succès sur l’ensemble des trois jours. Au total, nous avons accueilli environ 32.000 festivaliers et plus précisément, 9.500 personnes le vendredi soir, environ 10.000 le samedi malgré le mauvais temps et près de 11.000 le dimanche. Nous sommes largement au-dessus de la jauge d’équilibre», détaille Jean-Pierre Gardin, co-président du festival.

Cette réussite arrive à point nommé pour reconstruire la trésorerie de l’association mise à mal par une édition 2018 mitigée avec seulement 20.000 entrées de réalisées. «Nous avions clairement fait une erreur de programmation avec la soirée rap. L’engouement n’était pas au rendez-vous. Cette année, nous avons renoué avec ce qui fait notre réputation : l’éclectisme avec des artistes très différents prévus chaque jour», poursuit l’organisateur. Et la recette fonctionne toujours comme en témoigne le troisième et dernier soir du festival.

Ce dimanche, le soleil est de retour sur la pairie du Touron tout comme sur scène. Le mythique groupe UB40 est le premier à se lancer. Avec plus de 40 ans de carrière affichés au compteur, les vieux briscards du reggae made in UK n’ont plus à faire leurs preuves.Lentement mais sûrement, ils font monter l’ambiance. Progressivement, les corps se mettent à onduler en rythme jusqu’à totalement se lâcher sur les titres «Red Red Wine» et «Kingston Town», les deux plus gros succès du groupe. En guise de final, les neuf musiciens offrent une reprise à la fois douce et rythmée de «Can't Help Falling In Love» d’Elvis Presley.

Puis, c’est au tour d’une autre légende - de la chanson française cette fois-ci - de monter sur scène. Accompagné de huit musiciens dont son fils Lucas, Hubert-Félix Thiéfaine présente un extrait de son spectacle joué l’automne dernier pour fêter ses 40 ans de discographie. Dès les premières minutes, le show alliant musique rock et textes à la poésie profonde et surréaliste emporte les aficionados de l’artiste venus en nombre. Tous reprennent à tue-tête des morceaux comme «Les dingues et les paumés», «Aligator 427», «Lorelei Sebasto Cha» ou encore «Mathématiques souterraines». Les autres spectateurs, eux, semblent plus imperméables au style si particulier de l’artiste. Mais c’est sans compter sur la célébrissime chanson «La fille du coupeur de joint» qui finit par faire chanter les fins connaisseurs comme les profanes.

Après cette pause poétique, direction les Balkans et la Serbie avec Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Lors de sa première venue à Gignac en 2015, le guitariste et compositeur avait marqué les esprits. Son deuxième passage se révèle tout aussi mémorable. Les festivaliers se déhanchent au son de sa musique mélangeant des airs traditionnels balkaniques avec du rock et de la pop notamment. Un petit air de fête souffle sur la plaine du Touron surtout lorsque les premières notes du chant révolutionnaire italien «Bella Ciao» retentissent. Le guitariste et son ensemble offrent une version pleine d’énergie qui n’est pas sans déplaire au public.

Un temps annoncés comme incertains en raison d’une extinction de voix de leur chanteuse, les Shaka Ponk sont finalement bien présents pour assurer le show suivant. Et quel show ! A grand renfort d’animations vidéos, le groupe et son singe-mascotte Goz transportent les festivaliers dans un univers mêlant rock, électro et heavy metal. A peine arrivé sur scène, le chanteur Frah se jette au milieu de la foule. Le titre «On Fire» donne immédiatement le ton à ce set décidément très explosif qui restera très probablement dans l’histoire du festival. De quoi achever cette édition 2019 de la plus exceptionnelle des manières.

Claire Mouzac