«C’est le magot qu’ils veulent !»

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Avant-hier après-midi, un peu plus de 300 personnes ont défilé dans les rues de Tulle contre la réforme des retraites du gouvernement, à l’appel de l’intersyndicale CGT 19, FSU 19 et Sud-Solidaires 19. Après des prises de parole sous le marché de la gare, le cortège s’est arrêté devant la  permanence du député Christophe Jerretie.

«Ceux qui sont en face de nous et qui sont soudés, c’est le magot qu’ils veulent ! C’est cet argent que l’on cotise pour nos retraites, mais aussi pour notre service public». «C’est cet argent qui sert pour assurer le chômage à ceux qui n’ont pas de chance et la santé à ceux qui sont malades. C’est  ça qu’ils veulent !», s’agace Guillaume Martin au micro. «Cet argent, il est créé par notre travail, c’est à nous qu’il doit revenir !». Le syndicaliste  encarté à Sud-Solidaires crache sa colère sous le marché de la gare. Il n’est pas le seul à être hors de lui et contre le système qui broie les salariés.
Ils sont un peu plus de 300 à s’être rassemblés hier à Tulle pour protester contre le projet de réforme des retraites que porte le gouvernement et qui devrait être voté en 2020. Des salariés du privé et du public (cheminots, hospitaliers, territoriaux, postiers, électriciens, ouvriers, employés de  commerce, enseignants...) mais aussi des chômeurs, des retraités. On a pu relever la présence de Gilets Jaunes, de militants politiques de gauche (PCF, PRCF, NPA).
L’intersyndicale CGT, FSU et Solidaires avait appelé à manifester à Tulle. Le rassemblement a eu lieu à la gare à l’heure du casse-croûte. C’est  ensuite que la parole s’est libérée, avant de former le cortège. Le micro passe de main en main et chacun raconte ses conditions de travail, livre son ras-le-bol du mépris gouvernemental.
Quelques salariés de Leroy-Merlin, grande surface de Bricolage implantée en Corrèze sur Malemort, avaient fait le déplacement. Des élus CGT du CSE. «Les commerces souffrent, les caisses automatiques, la numérisation, les commandes internet et livraisons, ce sont des charges de travail qui se rajoutent, sans rémunération supplémentaire», indique l’un d’entre eux. «Nous sommes des smicards, qui marchons à la prime. Une prime qui n’est pas prise en compte pour la retraite !» relève-t-il devant la sono.  Un jeune professeur rappelle que le salaire des enseignants en fin de  carrière «atteint à peine la moyenne de l’OCDE*, et démarre bien en-dessous», signale-t-il avant d’évoquer les conséquences du projet de loi sur leur pouvoir d’achat. «Selon que vous êtes dans le premier degré ou dans le second degré, vous allez avoir une baisse de pension au minimum  d’un tiers. C’est une chose inédite !».
Nathalie Cousty, secrétaire de l’USD-CGT (Santé) a abordé les conséquences du projet de réforme sur le traitement des agents de catégorie C. «Leurs salaires sont catastrophiques. Ce qui est déjà acté, c’est qu’on va leur enlever 20% à 40% dans le calcul, alors avec ce système de retraite par points, ils auront une pension à trois chiffres : 500, 600, 700 euros, avec une carrière complète».
«Reprendre ce qui est à nous !»
Une fois formé, le cortège s’est dirigé dans l’avenue Victor-Hugo vers la permanence parlementaire du député LREM Christophe Jerretie. Devant son local, Sylvain Roch, le secrétaire départemental de la CGT 19, a martelé que tous les salariés étaient concernés par cette attaque contre le système  des retraites. «On doit rester motivés parce qu’on n’a pas le choix», insiste-t-il en appelant au large rassemblement. «On va les faire reculer et on va réclamer des conditions de travail dignes, des conditions de vie dignes et reprendre ce qui est à nous !».

Karène Bellina
(*) Organisation de coopération et de développement économiques.