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"La plus grande transition qu'on doit opérer aujourd'hui, c'est celle du coeur"

Interview

Hervé Covès, spécialiste de l’agriculture, a animé une conférence sur les sols lors de la Fête des Jardiniers du Puy Mézier à Favars. Le chapiteau était plein à craquer pour cette conférence fort à propos.

Les sols sont considérés comme l’épiderme vivant de la Terre. Dans quel état sont-il aujourd’hui sous l’effet de l’exploitation agricole ?

Le fait agricole est assez problématique. Dans de nombreuses situations, les sols ont été très matraqués, affaiblis. Ils sont souvent dans de très mauvais états. Les pesticides qui sont des biocides ont tué la vie des sols. On est censé trouver deux tonnes de vers de terre à l’hectare, soit deux steaks hachés dans chaque M2. Aujourd’hui en moyenne, on en trouve dix fois moins...

Comment fait-on pour réintroduire ces vers dans les sols ?

En donnant à manger aux vers de terre. La permaculture est une des solutions pour remettre les sols en l’état. On parle des vers de terre mais il y a aussi la question des champignons. Dans le sol, il y avait autrefois des champignons mycorhiziens. Ce sont des champignons symbiotiques qui aident les plantes à vivre. Mais l’utilisation de fongicides, l’engrais chimiques, le super phosphate, l’ammonitrate encore très utilisés sont passés par là. On se sert encore beaucoup de l’ammonitrate qui est un engrais azoté minéral à base de nitrate d’ammonium. Cet engrais tue les champignons du sol. Les fongicides systémiques qui rentrent à l’intérieur des plantes vont aussi détruire les champignons, certes les pathogènes mais aussi cibler tous les champignons qui vont aider les plantes à se développer. Au niveau bactérien, comme les sols se sont énormément appauvris, on se rend compte en analysant les terres agricoles que les communautés bactériennes ont presque toutes disparu. Il y a parfois une biomasse importante mais une très faible diversité contrairement aux écosystèmes naturels où on constate une biodiversité extra-ordinaire. On ne sait pas exactement ce que font toutes ces bactéries mais on découvre actuellement que notre microbiote intestinal va même jusqu’à influer notre moral. Dans notre sol, est-ce que cela ne serait pas un petit peu pareil ? Est-ce que c’est ça la vie que l’on veut ? Est-ce que cela va apporter une résilience suffisante ? De nombreux travaux de recherche montrent que la résilience vient de la diversité, de la biodiversité. C’est cette question qui est posée aujourd’hui face à cette dégradation des terres arables.

Le réchauffement climatique, la sécheresse viennent s’ajouter à ces pratiques agricoles intensives sources de pollution. Comment peut-on répondre à ces nouveaux défis ?

La vie appelle la vie. Plus il y a de vie et plus il y a de vies ! Dans notre culture française, on a un merveilleux texte de Jean Giono «L’homme qui plantait des arbres». C’est le récit d’un homme qui commence à replanter des arbres sur un terrain. Et à un moment, il y a des sources qui recoulent. Ce roman a inspiré un grand nombre de gens sur la planète. Ils ont aussi planté des arbres et ont vu des sources réapparaître au milieu des terres les plus arides. J’ai rencontré une personne vivant en Bolivie dans une région où tombent 200 millimètres d’eau par an, soit quatre fois moins que chez nous. Ils ont des jardins potagers extraordinaires. La vie appelle la vie et appelle l’eau également. La vie est un des éléments importants de la production d’eau. L’eau se cultive comme une culture. Notre civilisation est en train d’évoluer. Il faut qu’on se positionne dans le moyen et long terme. On sait qu’on a les moyens maintenant de transformer la surface du globe, de rendre notre planète beaucoup plus accueillante pour la vie et les êtres humains quels que soient les latitudes, les situations, que la nature possède en elle tous les mécanismes qui permettent d’agrader (améliorer NDLR) la terre. 

Vous avez des exemples de ces nouvelles pratiques agricoles de par le monde ?

Au Brésil il y a des endroits où la forêt tropicale a été complètement exploitée. Il y a une trentaine d’années, un homme s’est mis à replanter des arbres sur une zone déforestée. Aujourd’hui, c’est devenu un des lieux les plus productifs du pays, tant en terme agricole, qu’en terme social, -il y a 40 familles qui y vivent contre une seule auparavant, qu’en terme de biodiversité, -il y a quelque chose comme 160 fois plus d’oiseaux qu’avant-. Plus proche de nous au Portugal des expériences sont menées au milieu des forêts d’eucalyptus qui brûlent et dont les incendies sont dévastateurs. Ce sont des forêts complètement jardinées avec de l’élevage, des animaux dans lesquelles ils produisent des agrumes sans irrigation. Plus proche de nous dans le Périgord, le Lot, le Gers, des agriculteurs font du maïs, cette plante bannie qui a besoin de quantité d’eau invraisemblable. Ils font du maïs non irrigué, biologique au milieu des arbres avec des résultats qui dépassent ceux de l’agriculture conventionnelle.

On constate pourtant que le schéma productiviste dans le modèle agricole mondialisé est encore la référence majeure. Pourquoi cette mainmise de l’agro-business ?

On a été éduqué à une certaine vision de la productivité mais aujourd’hui, il y a besoin de former les gens, de faire évoluer les esprits, les pratiques. Les jeunes sont les premiers partants, des plus âgés aussi. Il faut s’appuyer sur ces forces vives pour faire la démonstration qu’un autre monde est possible, qu’on peut être heureux en étant agriculteur. Qu’on peut même avoir la banane et la pêche et croire en l’avenir. Les jardiniers comme ici au Puy Mézier font la démonstration à leur petite échelle que c’est faisable. Ils conservent et cultivent des variétés anciennes de légumes. Ils comptent les vers de terre, ils sentent leur terre pour savoir s’il y a du mycélium dedans, ils les inoculent avec des ferments qui vont chercher sur des vieux arbres. Ils se mettent tous en relation pour apprendre ensemble à cultiver la terre.

Au final, le vrai enjeu de tout ce n’est pas la biodiversité, le carbone, l’eau, c’est l’amour. Est-ce que je peux grandir en amour dans ce que je fais ? Lorsque je grandis en amour, ma vie reprend du sens, je suis à ma place, sur mon chemin. Je sais que je fais quelque chose de bien parce que c’est dans le cœur que cela se passe. C’est la plus grande transition qu’on doit opérer aujourd’hui, celle du cœur avant celle des esprits, de la technique...

 

Propos recueillis par Serge Hulpusch