Pour faire évoluer les pratiques

Confédération paysanne

La Confédération paysanne a présenté hier la liste, dans le collège « chefs d’exploitations et assimilés » qui partira sous son étiquette aux élections professionnelles qui se dérouleront du 15 au 31 janvier, soit par courrier, soit par vote électronique, pour des résultats qui tomberont début février.

La Confédération paysanne porte un réel projet, à la fois pour les paysans et pour l’agriculture, qui se démarque totalement de celui de ses deux concurrents sur le département, la Fdsea qui est à la tête de la Chambre d’agriculture depuis longtemps, pour ne pas dire toujours, et la Coordination rurale.
La liste réunit 20 chefs d’exploitation et assimilés, puisque c’est dans ce collège que la Conf’ présente une liste. Ils sont issus de tout le département et de toutes les filières, et portent un projet ambitieux. Leurs principales préoccupations portent sur le revenu des agriculteurs, dont beaucoup sont aujourd’hui sous le seuil de pau-vreté. « Il faut qu’il y ait un peu de réalisme et plus de justice sociale dans l’agriculture » estime Jules Charmoy, 44 ans, en production bovin viande, porcs plein air, céréales et noix à Saint-Aquilin, et tête de file de la liste qui com-prend au total 20 personnes, issues de tous les secteurs du Périgord et couvrant pratiquement toutes les filières. « En Dordogne, il existe beaucoup d’initiatives individuelles des paysans pour augmenter leurs revenus, la vente directe, la transformation, ou l’intégration dans des filières spécifiques. Mais ce n’est pas suffisant pour maintenir une agriculture vivante. Nous avons besoin d’une politique claire pour les agriculteurs ». Autre axe essentiel pour la Confédération paysanne, l’installation. « L’enjeu est le renouvellement des générations, et que demain, les enfants de paysans ou ceux souhaitant s’installer hors cadre familial puissent reprendre une ferme ». La répartition des aides est un autre sujet brûlant : « La majorité des aides de la Pac va à un minimum de paysans, et on a connu une forte dégringolade du nombre de paysans ces cinq dernières années ». La Confédération plaide pour des aides qui ne soient plus calculées à l’hectare, mais en fonction du nombre de personnes sur la ferme, « et surtout que ces aides soient payées dans les temps ». Le renouvellement des générations est un défi « à relever dans les six ans. à la chambre d’agriculture, il n’y a que deux personnes dédiées à la transmission. Les moyens humains et financiers ne sont pas à la hauteur ». Car s’il reste encore de très nombreuses exploitations en Dordogne, beaucoup de ceux qui les possèdent ont plus de 50 ans.  Mais le foncier reste un problème majeur, et le syndicat estime qu’il faut développer un portage financier, avec l’appui des pouvoirs publics. La politique sociale de leur secteur d’activité est aussi pointée du doigt. « Aujourd’hui, nous avons une politique injuste. Il n’y a qu’à regarder le niveau des retraites dans la profession. Quant à la prime d’activité, elle est inaccessible aux paysans, car il est difficile de se procurer les dossiers, et encore plus de les monter. Il faut que nous ayons accès au même niveau social que les autres catégories socio-professionnelles ». Il rappelle que les chambres d’agriculture manient beaucoup d’argent, et
elles ont donc un rôle important à jouer dans chaque département sur le modèle agricole. Mais celui défendu bec et ongle par la Fdsea, majoritaire actuellement, se base sur l’agrandissement des fermes existantes, quand la Conf’ estime qu’il faut que chaque territoire possède suffisamment d’agriculteurs pour nourrir sa population, avec des structures à échelle humaines, et un nombre de paysans conséquent.

Rien pour le maraîchage
De plus en plus de communes souhaitent développer le maraîchage sur leur territoire, principalement pour alimenter la restauration collective publique. Les volontés d’installation dans ce secteur sont nombreuses, mais elles sont souvent freinées par le fait que c’est la seule filière qui ne bénéficie d’aucune aide.

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