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Préfet Frédéric Perissat : « nonobstant la loi chasse, je reste le patron »

Environnement

A l’occasion de l’AG du syndicat forestier des propriétaires sylviculteurs –SPFS- le préfet Frédéric Perissat a dit gentiment qu’il lui revenait toujours de décider en matière de régulation des populations d'espèces sauvages. 

« Mais que fait l’Etat… ».Le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat, appelé à conclure l’assemblée générale du syndicat forestier des propriétaires sylviculteurs –SPFS- vendredi dernier, au pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers, s’est félicité qu’on lui ait épargné la ritournelle. Le représentant de l’Etat est allé jusqu’au bout du plaisir qu’il en concevait, en complétant celle-ci. « Que fait l’Etat… avec nos impôts ? ». Blague mise à part, le préfet Perissat a retenu trois points « essentiels » de la table ronde qui s’était tenue. Il a commencé par celui qui est historiquement capable de déchaîner des passions : le niveau des populations de la faune sauvage, qui impliquait inévitablement d’évoquer la chasse.

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La Dordogne, un paradis pour la faune sauvage… qui est disposée à y camper

« La faune sauvage trouve de plus en plus les conditions qui lui permettent de se développer ». Autrement dit, si l’homme essaie d’intervenir, il n’est pas à l’origine de la prolifération de cette dernière. C’est bien plutôt, au regard de « pratiques culturales très importantes », un « bon grenier » que la faune sauvage trouve en Dordogne, et sur le territoire national au demeurant. En clair : elle tient une bonne raison pour y camper.« La démographie du chasseur est plutôt défavorable ». Constat difficile à mettre sous le tapis. Aussi, sans que ni le territoire de la Dordogne, ni l’activité forestière se distinguent, il y a risque de « croisement ». Autrement dit, tous motifs pour que les populations d’animaux en question « explosent ». Voilà comment la Dordogne fait somme toute figure de paradis pour ces espèces sauvages. Mais l’Etat n’envisage pas de réintroduire des loups ou des rapaces.

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« La chasse, c’est dangereux »

« Alors, nous avons pour nous l’existence d’un dialogue avec la fédération de la chasse de la Dordogne ». Le préfet Perissat n’a toutefois pas caché que celui-ci était « tonique », autrement dit, ledit dialogue tourne en un rien de temps au débat vif. « Certes, on se plaint que ça ne va pas assez vite, que la partie avec laquelle on discute ne fait pas assez d’efforts, ne vient pas aux réunions, ne va pas assez sur le terrain… ». Rien cependant qui puisse empêcher « une volonté de trouver des solutions ». Et le préfet Perissat de plaider pour ceux qui, parmi nous, s’irritent de la présence de chasseurs. « La chasse reste potentiellement un danger dans notre beau pays… parce qu’il y a d’autres usagers de la forêt ». Or, ces autres usagers considèrent déjà qu’ « un fusil, c’est dangereux… et conséquemment la chasse  ». Mais pas seulement. « Aux yeux de ces opposants, la chasse, c’est semer du plomb dans la nature ». Et, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, ces opposants ont pour habitude de penser que « les chasseurs tirent sur n’importe quoi et continuent donc à détruire la biodiversité »

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La loi chasse n’empêche pas le préfet de décider

Dans ces débats « passionnés », il est recommandé de retomber en pression« Ce n’est pas l’armée française qui va venir réguler les populations. Ni les citadins d’ailleurs ». Or, courir le risque qu’il n’y ait plus personne pour effectuer cette régulation n’est pas opportun, si l’on veut bien réfléchir posément. « Il faut objectiver les situations ». Les outils ? On les a et on peut les échanger : cartographies, données, relevés… « Là où il y a des sujets, en matière agricole ou en matière forestière, allons sur le terrain, constatons de manière contradictoire ». En tout état de cause, s’« il est besoin d’accroître la pression quand des prélèvements sont nécessaires, les services de l’Etat s’en chargeront (…) et quand bien même le président de la fédération de la chasse en Dordogne Michel Amblard s’y opposerait… nous le ferions ». Si la loi chasse (NDLR 24 juillet 2019donne pleinement compétence à la fédération pour gérer la chasse, qu’on ne s’y trompe pas, le représentant de l’Etat en Dordogne a les moyens administratifs de reprendre la main et  d’ « organiser des prélèvements ». Une « responsabilité »que le préfet Perissat prendrait sans frémir.Donc, aujourd’hui qu’il ne juge pas ceux-ci nécessaires, il n’en prévoit pas. Alors, que ceux qui investissent à 20, 30, 50 ans dans le reboisement et qui sont « confrontés à des situations douloureuses »- c’est-à-dire… « l’anéantissement de leur investissement quelques semaines »… comprennent la nécessité de « travailler de façon pragmatique ».  

Fabienne Ausserre