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Toujours la crise

Sécheresse

L'ironie du changement climatique ruisselle décidément dans les plus petits détails : pour mesurer le déficit hydrologique des cours d'eau, on utilise un système de diagnostic national nommé Vigicrue, parce qu'il avait été mis en place dans les années 90 pour éviter... les crues !
Mais le réchauffement de la planète est passé par là et s'est installé, durablement. Le comité sécheresse du département s'est donc une fois de plus réuni ce jeudi 17 octobre pour faire le point sur la situation de nos cours d'eau après les pluies de ces dernières semaines. Cet été, ce sont près de 4.000 km de ruisseaux et rivières qui ont été asséchés (plus de 40%), laissant l'animal emblématique de la Creuse, la truite fario, privée d'une bonne partie de son territoire. Selon Laurent Dubois, de l'Agence Nationale pour la Biodiversité en Creuse, le petit animal est même en péril sur notre département. Et les pluies tant attendues ne sont pas encore suffisantes pour espérer un retour à la normale. Selon le nouveau directeur départemental des territoires, Pierre Schwartz, l'eau s'écoule directement dans les cours d'eau et ne s'infiltre pas. Conséquences : pour les eaux de surfaces, un très lent remplissage et pour les eaux souterraines, rien ne bouge. Pierre Schwartz connaît son sujet, il vient du ministère de l'Agriculture où il a travaillé sur le constat du changement climatique et de ces conséquences sur l'alimentation. Il insiste donc sur le fait que « nous devons changer nos comportements. Des situations comme celle-ci vont revenir régulièrement ». Il a donc parlé d'agroécologie pour nos paysans, de captages pour que les animaux ne boivent pas l'eau du réseau, de forages profonds, de mise en place de réserves d'eau... Bref, il faut initier des projets durables, et revoir complètement notre rapport à l'eau. Ça tombe d'ailleurs plutôt bien puisque le département va bientôt rendre son schéma départemental de gestion de l'eau potable, qui comprendra les préconisations pour améliorer l'efficacité de notre approvisionnement. Des investissements à hauteur de 10 à 15 millions sont prévus.
Michel Vergnier, maire de Guéret était également présent pour parler de la situation de sa circonscription, qui est l'une des plus problématiques. Point négatif : l'eau des captages continue de baisser. On est maintenant à 1.000 m3 par jour alors que les besoins de la ville sont de 3.000 jour. Le reste est prélevé dans la Gartempe. Points positifs : l'eau de Guéret ne vient ni du Maupuy, ni de Courtille. Des essais ont été effectués, mais pour l'instant, pas besoin d'y avoir recours. Autre point de satisfaction : chaque année, le mois de septembre marque un pic dans la consommation d'eau (c'est la rentrée, on veut être propre !), et cette année, ce pic ne s'est pas vu, preuve que la population commence à adopter les bons gestes.
Cependant, ces bons gestes doivent devenir pérennes. Pierre Schwartz parle de plan pour la reconquête de l'eau, et en attendant, il maintient les comités sécheresse au moins jusqu'à Noël. A l'unanimité, le comité a décidé de maintenir la mention de crise concernant le département, ce qui implique des restrictions toujours aussi drastiques, soumises à dérogation. En clair, ce n'est pas parce qu'il pleut que vous pouvez prendre un bain en remplissant votre piscine tout en lavant votre voiture et  arrosant votre jardin entre midi et deux.