Charlie et les autres : la révolte

Société

Les attentats contre Charlie-Hebdo et une épicerie kasher ont entraîné une mobilisation sans précédent en France, avec pas moins de 4 millions de personnes dans les rues dimanche. Depuis ces attentats, citoyens, partis politiques, associations... réagissent de toute part.

Les réactions face aux drames vécus par la société française dans son ensemble n’en finissent pas de tomber depuis mercredi. Des partis politiques aux associations culturelles, des syndicats aux anciens combattants, l’émotion et les condamnations sont unanimes.

Comme il fallait s’y attendre, la section périgourdine du Parti communiste français a été parmi les premières à réagir. Son secrétaire départemental Laurent Péréa a tenu à exprimer « avec force ma solidarité à l’égard du journal et à tous les proches des victimes. Faire couler une telle mare de sans dans les locaux d’un journal, supprimer des vies dont la passion était l’information et la liberté d’expression, c’est s’attaquer à  nous tous. à cette heure, c’est le temps du deuil, de la douleur. On cherche des mots et on ne les trouve pas. Il faudra aussi le temps de la réflexion. Parler, faire vivre, et ne jamais douter des valeurs républicaines ». Le président du Grand Périgueux, Jacques Auzou, également communiste, s’est exprimé au nom de l’agglomération en estimant : « s’attaquer ainsi à la presse, c’est la liberté d’expression, la liberté de penser qui est attaquée. C’est l’un des fondements de notre société, de notre République qui est en jeu. C’est la République, c’est le pluralisme, c’est la démocratie qui ont été visés ». Le Parti socialiste a aussi beaucoup réagi, à travers la Fédération départementale, la section de Périgueux, ou ses élus. Benoît Secrestat, premier secrétaire fédéral souhaite que, « face à la barbarie et au fanatisme dont les objectifs sont d’effrayer les Français et diviser notre pays, nous devons plus que jamais rester unis, faire front collectivement à la menace, et défendre les valeurs de notre République ». Alain Rousset, président du conseil régional a décidé dès mercredi de mettre les drapeaux en berne sur l’Hôtel de Région durant cinq jours, tandis que la section de Périgueux du Ps affirme : « face à la barbarie, l’émotion qui nous submerge doit trouver son expression dans le rassemblement autour des valeurs que nous défendons, la liberté, la laïcité, la fraternité ».

Les élus socialistes nationaux ont aussi réagi. Les députés Pascal Deguilhem et Germinal Peiro expriment aussi leur révolte. « Comment peut-on s’engluer dans un tel obscurantisme religieux et perdre tous les repères humains élémentaires ? Notre détermination n’aura de cesse de défendre nos libertés, notre démocratie » avance Pascal Deguilhem, tandis que Germinal Peiro plaide pour l’unité. « Nous devons faire front collectivement » estime le député du Sarladais. « Nous ne pouvons accepter l’inacceptable, nous devons défendre notre maison commune qui est la République ». Claude Bérit-Débat, sénateur, ne tient pas un autre discours : « plus que jamais, montrons nous unis, portons fièrement les valeurs de notre République et affirmons notre détermination à lutter tous ensemble contre toute forme de fanatisme et d’intolérance ».

Pour rester dans les élus nationaux Brigitte Allain, députée Europe écologie les Verts du Bergeracois s’élève également avec force contre ces actes et indique : « nul terrorisme, nulle barbarie n’auront raison de l’esprit qui anime Charlie-Hebdo et qui est au fondement de la culture française : le talent, l’humour et la liberté seront toujours les armes les plus efficaces contre l’obscurantisme ». Stéphane Guthinger, conseiller régional exprime son « horreur et indignation», tandis que l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr), par la voix de son président Jean-Paul Bedoin , « s’incline devant celles et ceux qui ont été victimes » de ces odieux attentats, et rappelle : « lorsqu’ils rédigèrent le programme du Conseil national de la Résistance, les Résistants y consacrèrent un paragraphe à la liberté de la presse. Cette liberté reste une valeur fragile et menacée. Un écrit, un dession, une déclaration peuvent, telle l’apologie du racisme ou du fascisme, tomber sous le coup de la loi, mais cela ne saurait en aucun cas justifier le meurtre et le massacre. Les journalistes de Charlie-Hebdo, avec leur sensibilité propre, se situaient quant à eux, dans le camp de la liberté, de la démocratie, ces valeurs pour lesquelles se levèrent et souvent donnèrent leur vie, les Résistants ».


Syndicats et associations dans la lutte

La Cgt, pour qui Charb a réalisé un strip pour son mensuel Ensemble à paraître en février estime qu’après le chagrin, « il faudra poser et combattre tout ce qui fait le lit des extrêmistes de tous bords ». Sud-solidaires rappelle que Charlie-Hebdo, et avant lui Hara-Kiri, n’ont jamais cédé, tandis que la Ligue des Droits de l’homme, l’association Cuba Linda, la commission du film de Dordogne, les Apf, l’Union des familles laïques ou encore les adhérents de l’amicale laïque de Bassillac, ont eux aussi exprimé leur indignation, leur révolte, leur chagrin, mais aussi leur détermination à la suite de ces deux attentats, qui ont fait 17 victimes. Le syndicat Alliance de la police nationale s’est lui aussi ému devant toutes ces victimes, dont deux policiers, sacrifiés sur l’autel de l’obscurantisme, au nom d’une religion qui ne se reconnaît pas dans ces actes.


Même la droite

Les jeunes du Ps et de l’Ump se sont, et c’est suffisamment rare pour être signalé, fendus d’un communiqué commun pour dénoncer « ce coup sanglant porté à l’une des libertés les plus fondamentales de notre République : la liberté de la presse». De son côté le maire Ump de Périgueux, Antoine Audi, prône le rassemblement « autour de valeurs communes », l’Udd par la voix de Dominique Bousquet en appelle au respect des fondements de la République, et même le Cpnt note que ces attentats sont « facteurs de lien de tout un peuple ».

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