Populaire et politique à la fois

Politique et fête

Le Bois de la Croix Rouge a eu chaud cette année. Vendredi et samedi, le soleil inondait le stade de la Trémouille de Favars. Pour autant les  farcidures ont été servies comme il se doit. Entre feux d’artifice grands jeux, parquet de danse, karaoké et stands militants, le plateau était en fête.

Le collectif du Bois de la Croix rouge a marqué une fois de plus la fin des vacances avec sa fête. L’heure était moins aux échanges qu’à la dolce vita.
Elle avait bien failli disparaître la belle fête. C’était sans compter les forces vives des communes de Favars, Naves, Saint-Clément, Saint-Germain, Saint-Mexant, Saint-Hilaire-Peyroux, Chameyrat, Poissac et Chanteix pour la faire renaître de ses cendres et la faire perdurer. Voilà 6 ans qu’une cinquantaine de bénévoles relève ses manches pour monter les structures, cuire le pain au four à bois et cuisiner les farcidures. «Notre fête se veut populaire et politique. Elle a pu reprendre en 2014 grâce à une mobilisation des jeunes, des élus et militants communistes et des citoyens de  gauche» stipule Stéphanie Chassing élue et militante communiste.
Les jeunes, ils sont là, à suivre leurs cadets dans les grands jeux de  l’association «La Belle Échappée» installés en contre-bas : combats de Sumo, de coton-tiges géants, jeux de ballon et rire aux éclats. Alice et Mathilde préfèrent le sérieux de la tenue de la loterie, fabriquée maison, que Nohlan, du haut de ses 7 ans, aime à faire tourner pour gagner des petits cadeaux : «J’ai gagné cinq lots et trois bonbons !». Mathilde se souvient quand elle était «toute petite», elle venait déjà. Sa grand-mère, Chantal Terriac, est investie à 100%, bénévole de longue date aux côtés de Josy Bordes. Depuis combien d’années déjà ?  
Du passé au présent
«Je dirais depuis 1976. Pour moi, c’est un rendez-vous qui permet de fédérer les gens. C’est la meilleure façon de faire de la politique. Ces  moments leur montrent le bonheur de faire des choses ensemble. C’est pour cette raison que je souhaitais que cette fête recommence» justifie Josie Bordes, également élue à Saint-Mexant, bien consciente, avec sa collègue Stéphanie Chassing, qu’il est important d’agir en ce sens au vu des dernières élections. «À Saint-Mexant, le PCF figurait comme deuxième force politique après... le  parti d’extrême droite» rappelle Stéphanie Chassing qui n’a pas manqué d’aborder le sujet lors des interventions politiques qui ont précédé le repas de midi. L’élue communiste a rappelé l’importance de rassembler les forces de Gauche avant les prochaines élections. Une position partagée par le maire de Chanteix, Jean Mouzat et Laurent Duplessis, militant PCF et syndicaliste CGT. Tous ont exprimé la nécessité de construire une force de Gauche capable de porter véritablement la question écologique face aux contradictions du Gouvernement actuel. Stéphanie Chassing de redire les positions des députés corréziens à propos du CETA : «L’ensemble des députés LREM dont Christophe Jerretie ont voté pour. Frédérique Meunie, contre». La stratégie est de viser «un ancrage locale lors des élections municipales pour mener les batailles et s’opposer au libéralisme, aux fermetures des écoles et des services publics».
Des combats qui sont activement menés par les syndicats. Pour preuve, le témoignage de Didier Marliac, facteur à Tulle, qui a relaté la dernière lutte qui aura duré 29 jours consécutifs pour sauver «une tournée et demie sur les 8 que la direction souhaitait supprimer. Nous nous sommes battus pour les usagers de La Poste pas pour l’augmentation de la paye !» a-t-il conclu après avoir signifié l’ambiance délétère qui règne désormais sur son lieu de travail du fait de l’incompréhension des jeunes contractuels. Lors de son tour de parole, Sylvain Roch, secrétaire de l’UD CGT, pointait l’importance «d’avoir des élus de Gauche. C’est ce qui fait la différence. Le maire de Favars, Bernard Jauvion, a soutenu les facteurs par son  intervention à la préfecture mais aussi financièrement». Le syndicaliste a également alerté sur la poursuite des réformes du Gouvernement Macron à la rentrée : retraite par capitalisation évinçant celui par répartition, casse du statut de la fonction publique. Annonce est faite, la CGT prévoit une  journée de mobilisation le 24 septembre.
Fidèle au rendez-vous, le Mouvement de la Paix était présent pour inviter à désarmer le monde avant la prochaine Journée internationale pour la Paix, le 21 septembre.
À ses côtés, la librairie ambulante «Des mots qui des notes» proposait ses livres mais aussi une aide à l’inscription au RIP sur la question du statut des Aéroports de Paris. La trentaine de signatures recueillies au Bois de la Croix Rouge vient s’ajouter au 673.000 déposées. Vous avez jusqu’au 12 mars 2020 pour dire oui, les citoyens veulent un référendum. (www.referendum.interieur.gouv.fr ou point de signature à la fédération de Corrèze du PCF au 1bis Avenue Alsace-Lorraine à Tulle).

Sabine Parisot