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« On veut la mort de la ruralité »

Politique

Alors que le congrès départemental des maires se tient aujourd’hui à Périgueux, Armand Zaccaron, maire communiste de La-Force qui termine son troisième mandat, exprime sans détours les doutes, inquiétudes, attentes et colères qui traversent le monde rural et en particulier ses élus.

Depuis 18 ans à la tête de la commune de La-Force, 1 600 habitants, Armand Zaccaron ne se résout pas à rester simple spectateur de la casse programmée des zones rurales. S’il hésite encore à se représenter en mars, il puise dans sa longue expérience d’élu local une analyse des dérives qui, petit à petit, retirent toute vie à notre département. Entre les baisses des revenus des collectivités, « de l’ordre de 30 % ces dernières années », la suppression de la taxe d’habitation qui avait été précédée par celle de la taxe professionnelle, « qui sont autant d’impôts qui disparaissent et qu’on remplace par des dotations d’état, rendant ainsi dépendantes les collectivités des décisions de l’état», et des avatars comme ceux du chantier de Beynac qui lui font désormais craindre de lancer de gros projets pouvant être interrompus brutalement, Armand Zaccaron dénonce : « on veut la mort des zones rurales ». Alors que les citoyens plaident pour plus de proximité, on éloigne d’eux les centres de décision. L’élu communiste pointe, « la problématique des Epci. Je m’y suis toujours opposé. Le triptyque collectivités locales,  territoriales, et état doit prévaloir. Ce n’est plus le cas. On a substitué un au-tre triptyque, Epci, Régions, Europe, avec des conséquences directes sur la prise des décisions nécessaires pour gérer dans la proximité ». Pourtant, la commune reste, pour les citoyens, l’assurance d’être écoutés, entendus, et de voir prendre des décisions de proximité qui les intéressent. Les fameuses Maisons France services, ou Maisons des services au public (Msap), le nom est aussi flou que leurs fonctions, sont pour lui, « la dernière trouvaille du gouvernement. Quelle foutaise ! Je n’ai pas attendu que le gouvernement les lance pour en créer une à La-Force. C’est tout de même l’aveu qu’il faut être au plus près des gens pour les entendre. On retombe donc dans le problème de la ruralité et de l’absolue nécessité des élus locaux ». Il estime qu’il est important, « de se lever  en résistance, face à ce qui se met en place ». Le Sraddet cristallise les reproches. Ce Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires est, en l’état, « de la folie. La Dordogne va s’exprimer contre, ce qui doit faire réfléchir le président de la Région Alain Rousset, d’autant que sur les douze départements de la Nouvelle-Aquitaine, les onze autres vont émettre un avis réservé. à la grande Région, on s’occupe parfaitement de l’arc atlantique. Mais on en oublie les bases arrières. Les départements de l’intérieur, même ceux ayant une vitrine sur l’océan, en pâtiront. La Gironde débouche sur l’océan mais La-Force, qui est à 10 km de la Gironde, et le pays foyen, se sentent oubliés. J’entend que des décisions vont être prise par la Région. J’invite le président Rousset à revoir très sérieusement sa copie ». Car pour lui ce Sraddet signe la mort des communes rurales, « et en Dordogne, elles le sont toutes. Elles dépendent de la vie en milieu rural, même Bergerac ou Périgueux ». La meilleure preuve en est l’organisation de Péri’Meuh dans la ville préfecture, dont le but est de renouer les liens entre la ville et ses campagnes. Le Schéma de cohérente territoriale (Scot) ne trouve pas plus grâce à ses yeux : « il y a des communes qui sont condamnées à se replier sur elles-mêmes. Elles n’auront aucune possibilité de développement et d’accueil de ceux qui veulent vivre en milieu rural ».

Le statut de l’élu
Armand Zaccaron plaide pour un réel statut de l’élu, « avec un cadre juridique qui permette à quiconque de devenir responsable de sa collectivité et d’être partie prenante des décisions qui sont prises. Ce statut doit prendre en compte la responsabilité, y compris pénale, des élus, dont on ne parle pas aujourd’hui ».