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Vers de possibles mises en examen

Enquête. Quatre hommes sont soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique à Amédy Coulibaly.

Quatre hommes ont été déférés hier en vue d’une possible mise en examen dans l’enquête sur les attentats qui ont fait 17 morts début janvier en Ile de France.

Agés de 22 à 28 ans, les quatre hommes avaient été interpellés vendredi en région parisienne. Ils sont soupçonnés d’avoir apporté un soutien logistique - des armes et des véhicules notamment - au preneur d’otages du supermarché casher de l’Est de Paris, Amédy Coulibaly.

Ce dernier a tué une policière municipale à Montrouge le 8 janvier et quatre clients le lendemain lors de cette attaque antisémite à l’issue de laquelle il a été abattu par la police.

Le parquet a requis la mise en examen des quatre hommes pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes », et, pour l’un d’entre eux, des infractions à la législation sur les armes, selon un communiqué du procureur de Paris, François Molins.

Au vu de ces réquisitions, aucun des quatre hommes n’est donc soupçonné d’avoir été complice des 17 assassinats commis par les frères Kouachi et par Amédy Coulibaly.

Le parquet a demandé leur placement en détention provisoire, un point qui sera tranché par un magistrat spécialisé après les éventuelles mises en examen. Près de deux semaines après l’attentat contre Charlie Hebdo, le ministère public a cédé la main à des juges d’instruction antiterroristes en ouvrant une information judiciaire, notamment pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste» sur les différentes attaques qui ont endeuillé la France du 7 au 9 janvier. Ces magistrats devront notamment travailler sur l’aide, directe ou indirecte, dont ont pu bénéficier les trois tueurs.

Qui leur a fourni des armes, et avec quel degré de connaissance de leur projet ? Lors de la prise d’otages à l’Hyper Cacher, Coulibaly avait des pistolets et Kalachnikov et des explosifs. Les enquêteurs ont aussi découvert, dans sa « planque » à Gentilly, un petit arsenal composé d’autres pistolets, de munitions, téléphones, bombes lacrymogènes.

De nombreuses autres questions se posent. Qui a mis en ligne une vidéo posthume de Coulibaly où lui sont attribuées ces attaques ? Qui a grièvement blessé par balle un joggeur à Fontenay-aux-Roses au premier soir des tueries ? Et pourquoi ?

Au total, huit hommes, et quatre femmes parmi leurs compagnes, âgés de 19 à 47 ans et connus « pour des faits de droit commun», selon le gouvernement, avaient été interpellés en fin de semaine dernière en région parisienne.

Ce sont des filatures, l’analyse d’éléments de téléphonie, ou encore des traces ADN qui avaient permis aux enquêteurs de remonter à ces suspects.
Des empreintes papillaires avaient notamment été trouvées dans la Mégane que Coulibaly aurait utilisé pour se rendre au supermarché casher, selon une source proche du dossier. Les clés de l’automobile et d’une moto Suzuki avaient été retrouvées sur lui.

Béziers : « Banditisme » ?

« On n’a pas déterminé si un projet d’attentat était en cours », a déclaré mardi le directeur de la police judiciaire de Montpellier, Gilles Soulier, après l’arrestation de cinq Tchétchènes russes, évoquant « des gens qui sont inconnus des services antiterroristes ».

« Il n’y a pas de projet d’attentat connu », a renchéri au cours d’une conférence de presse le procureur de la République de Béziers, Yvon Calvet. « C’est une affaire qui n’a pas de connotation religieuse, mais c’est du grand banditisme. Le parquet antiterroriste n’a pas été saisi », a ajouté Yvon Calvet, précisant que « de dangereux explosifs avaient été découverts ».

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