Fil info
18:52La fabrique d’un journal. Imprimerie Rivet. Éditeur de . Colère aussi de savoir que l’, après… https://t.co/UrC2sD3iXM
14:19 Formidable 👍
13:42Le surnom de "Poupou" lui a été donné par un journaliste du quotidien communiste du Centre, di… https://t.co/iG6trKRIOz

« Il y aura de gros blocages dans les campagnes ! »

Identification électronique des chevreaux

Le syndicat caprin en Dordogne Périgord a publié, hier, une lettre ouverte à l’attention du préfet de la Dordogne Frédéric Perissat, de la Direction régionale de l’alimentation de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de Nouvelle-Aquitaine et des parlementaires du département -députés et sénateurs- en réponse à une nouvelle disposition réglementaire visant à obliger l'identification électronique des chevreaux de boucherie. "Impossible", tonne le syndicat.

Pour rappel, le règlement santé animale 2016/429 qui est entré en vigueur le 9 mars 2016 prévoit un acte délégué pour préciser certaines dispositions, entre autres sur la traçabilité et l’identification des animaux et abroger le règlement actuellement en vigueur.

Un acte délégué a été validé par la commission européenne le 28 juin dernier. Il a été envoyé aux états-membres, qui doivent donc se prononcer sur les dispositions qu’il prévoit en matière de traçabilité et d’identification. Or, le syndicat caprin en Dordogne Périgord, que préside Jean Barou, proteste avec force contre une de ses dispositions, « qui est fatale pour les éleveurs de chèvres ». En effet, celle-ci prévoit (article 46) que l’identification soit électronique pour les chevreaux de boucherie qui ne vont pas directement à l’abattoir. Autrement dit, « la très large majorité des chevreaux est concernée »

LIRE AUSSI : A 20 km de Bergerac, sa génisse a été éventrée : "Il faut que la peur change de camp"

Or, le syndicat caprin en Dordogne Périgord rappelle que « la profession s’est battue depuis des années pour que l’identification électronique ne soit pas obligatoire pour les chevreaux ». C’est que ces animaux ont une très faible valeur économique et sont tracés par lots, tout au long de la chaîne, jusqu’à l’abattage par les abattoirs spécialisés en volailles et lapins. « Etablissements dans lesquels l’électronique n’a pas de valeur ajoutée à la gestion de la traçabilité ».

Aujourd’hui, le syndicat caprin en Dordogne Périgord dénonce « une consultation menée au pas de charge par la Commission européenne, un dysfonctionnement dans les services du ministère de l’agriculture, conjuguée à l’oubli -entre guillemets- très regrettable de consulter les acteurs de la filière caprine… dont la fédération nationale ! ». Total, gronde le syndicat, « cette obligation d’identification électronique pour les chevreaux figure dans le texte final » et il est prévu qu’elle s’applique « à compter d’avril 2021 »

« Au moment où les producteurs se battent pour augmenter de quelques centimes le prix de leurs chevreaux, en mettant en place des indicateurs permis par les Etats généraux de l’Alimentation, ils jugent inadmissible de faire voler en éclat tous ces efforts, en introduisant cette obligation d’apposer une boucle électronique à 0,90 €… pour un chevreau qui, en sortant de l’élevage, vaut entre 2,50 et 4 €… ». Cette charge « sera impossible à répercuter en aval ». Ce n’est pas tout.  « Cette disposition ne valorisera aucunement traçabilité en lots »

LIRE AUSSI : Service des urgences du centre hospitalier de Périgueux : indispensables et invisibles

Pour le syndicat caprin en Dordogne Périgord, il est inenvisageable que ce texte reste en l’état. Or, il existe encore un moyen d’agir, puisque le parlement européen et le conseil de l’Europe ont quelques semaines pour s’opposer à ce texte. Voilà pourquoi le syndicat en Dordogne Périgord demande le soutien du préfet de la Dordogne Frédéric Perissat, de la DRAAF de Nouvelle-Aquitaine et des parlementaires du département -députés et sénateurs. Il attend de ces derniers qu’ils fassent prendre conscience de ce problème aux pouvoirs publics et qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour bloquer la validation du texte, en demandant une révision de l’article 46. De son côté, le syndicat, aux côtés de ses homologues éleveurs caprins du Sud de l’Europe qui sont également concernés, fait le nécessaire auprès du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume et des parlementaires européens. 

Si cette disposition devait être actée, le syndicat caprin en Dordogne Périgord promet qu’« en avril 2021, il y aura de gros blocages dans les campagnes ». Et pas seulement. « Les services du ministère de l’agriculture seront dans une impasse car cette réglementation est inapplicable »