Comprendre les enjeux agricoles avec Alimenterre

Le festival Alimenterre, coordonné en Limousin par la Maison des droits de l’Homme en articulation avec le réseau associatif pour le développement et la solidarité internationale, se déroulera du 15 octobre au 30 novembre. Le premier événement aura lieu à Limoges, au cinéma le Lido avec la diffusion du film «Les dépossédés» de Mathieu Roy.

C’est en 2007, dans un cinéma parisien, que le festival Alimenterre a vu le jour. Depuis, l’événement, qui traite de l’alimentation durable et solidaire, a pris une dimension internationale. Son principe : amener les citoyens à s’informer et à compren-dre les enjeux agricoles et alimentaires afin qu’ils participent à la co-construction de systèmes alimentaires durables et solidaires. «En prenant conscience de l’interdépendance et la similitude des enjeux agricoles et alimentaires dans le monde, les citoyens peuvent agir et contribuer au droit à l’alimentation ici et ailleurs», expliquent ses organisateurs qui ajoutent, «alors que de plus en plus de citoyens prennent con-science des dérives du système alimentaire mondialisé, le festival part à la rencontre de ceux qui s’engagent sur ces questions». C’est là tout le principe de ce festival, créer des liens et des passerelles, comme l’explique Guillaume Bertrand, coordinateur à la Maison des droits de l’Homme de Limoges : «ce festival fait essentiellement de la sensibilisation sur les sujets liés à l’agriculture et à l’alimentation. Il permet également de mettre les différents acteurs en réseau, afin de réfléchir ensemble aux dysfonctionnements et rétablir les grands équilibres». Il évoque pêle-mêle les logiques économiques, l’agriculture industrielle, le gaspillage alimentaire, la consommation mondialisée, la question des semences, de l’agrochimie, de l’accès au foncier, les conséquences du réchauffement climatique, etc. «Il y a environ

820 millions de personnes dans le monde qui souffrent de la faim, dont les 2/3 sont des paysans, ce qui est une des causes des migrations des agriculteurs». Les pays occidentaux ne sont pas non plus épargnés, les mouvements de protestation de ses derniers jours en témoignent d’ailleurs.

Ce festival veut donc mettre en lumière l’ensemble des réponses existantes. «Si les enjeux sont globaux, les comportements individuels impactent aussi à l’échelle mondiale. Les consommateurs peuvent privilégier les circuits courts ou encore acheter des produits qui rémunèrent le travail des agriculteurs», estime Julien Dellier du département géographie à l’université de Limoges. Vincent Laroche, de l’association Terre de Liens ajoute que les solutions peuvent aussi passer par des politiques publiques, il précise d’ailleurs que son association milite pour une réforme de la PAC permettant de réorienter le système agro-alimentaire actuel vers une transition plus écologique et plus rémunératrice pour les paysans qui ne serait pas calculé en fonction des hectares.

Guillaume Bertrand rappelle que «la dynamique autour d’Alimenterre a permis de faciliter l’interconnexion d’acteurs issus du monde rural et agricole avec des acteurs impliqués dans d’autres domaines, tels que les consommateurs, les associations de défense de l’environnement, des droits de l’Homme et de la solidarité internationale». Si chacun a conscience que le modèle économique actuel n’est pas facile à bouger, rien n’empêche les principaux intéressés que sont les consommateurs d’acheter en conscience.

C’est donc avec la soirée Ciné Géographique que s’ouvrira le festival de films Alimenterre, porté par les organisations Biocoop, Campus à Cultiver, Géolab, Géosphère, Ingénieurs sans frontières, Le panier de Germaine, Limousin Nature Environnement, Maison des droits de l’Homme et le réseau GRAPPE – avec l’appui de la Région Nouvelle-Aquitaine. Elle aura lieu le 17 octobre à 20h au cinéma le Lido à Limoges et se poursuivra sur le territoire limousin jusqu’au 28 novembre.

 

Photo : Le festival se clôturera le 28 novembre au ciné-bourse de Saint-Junien (87).