A Léon-Blum, «on cherche plus à transmettre des valeurs que des connaissances»

Au club « Bien vivre ensemble » du collège Léon-Blum à Limoges, Anne Marchand, professeure d’histoire et de géographie s’adresse aux enfants plutôt qu’aux élèves. Explications.

Ce n’est pas un cours en plus ou une option pour gagner des points au brevet. Avec le club « Bien vivre ensemble », neuf élèves de 3e du collège Léon-Blum se frottent, certains depuis 3 ans, à la question des droits de l’enfant et des valeurs de la République. Anne Marchand, professeure d’histoire et de géographie explique : «Ici on transmet des valeurs pas des connaissances.»

Autour des droits de l’enfant, Astrid, Mathilde, Martin, Nathan, Joshua, Toan, Olivia, Louisa et Théo travaillent actuellement, en lien avec des élèves de Ronsard et Maryse-Bastié, à la réalisation de la carte de vœu de la Préfecture. Auparavant, Joshua s’est lancé dans la construction d’un butaï, sorte de chevalet en bois support au Kamishibaï, un style de narration japonais utilisé notamment dans le conte pour enfant. «Nous avons fourni la matière première, mais c’est bien Joshua qui l’a fabriqué. L’occasion de montrer ses compétences.» Et de transmettre une nouvelle fois de manière interactive les droits de l’enfant.

Mardi dernier c’est encore le club qui était à l’initiative d’un cross solidaire destiné à la collecte de fournitures scolaires pour des enfants de la République Démocratique du Congo.

Joshua, Toan et Olivia ont par ailleurs dernièrement participé à un sommet de l’UNESCO «pour échanger avec d’autres enfants.»

Autre liberté de ce club qui n’est pas confronté à la lourdeur d’un programme à respecter, on a pu y organiser une sortie à la Bonne Assiette, histoire de se confronter à la pauvreté. «On a vu qu’il y avait là des poussettes, des bébés», se souviennent Astrid et Joshua. «Une opportunité de se rendre compte que la pauvreté, ce n’est pas qu’un mot», estime Anne Marchand. Toan, lui, est allé plusieurs fois donner un coup de main aux Restos du Cœur.

Sensibiliser, en frottant les collégiens à la réalité concrète, c’est aussi une manière de s’ouvrir sur le monde, de se sentir concerné. «Et d’agir, insiste Anne Marchand. Au club, on aborde des questions qui forment des citoyens et on s’adresse plus aux enfants qu’aux élèves.»