Santé, les Ibodes en grève à St-Junien

Les Ibodes, ce sont les infirmières et infirmiers en bloc opératoire diplômés d’Etat.

Un type de métier qui nécessite une formation spécifique. «Pour avoir les compétences nécessaires et indispensables à une prise en charge optimale des patients au bloc opératoire, nous avons suivi une formation de 18 mois ainsi qu’une formation complémentaire de 49h, expliquent ces professionnels. Un décret reconnaissant la valeur de notre diplôme a été promulgué le 27 janvier 2015. Mais son application n’est toujours pas effective. Cela fait 5 ans que les établissements doivent se mettre en conformité.»

Une non-reconnaissance qui induit une autre problématique, en terme de recrutement. «La situation devient urgente afin de préserver le niveau d’expertise de nos blocs opératoires, il en va de la qualité et de la sécurité des soins.»

Depuis le 24 septembre, un mouvement de grève national a été lancé par le syndicat FO. Les infirmiers en bloc opératoire diplômés d’Etat réclament une reconnaissance salariale, une prime spécifique pour l’expertise et l’exercice des actes exclusifs, la revalorisation de la grille indiciaire Ibodes pour prendre en considération cette expertise ainsi que l’augmentation de l’enveloppe des financements pour la formation pour des collègues.

Hier en Haute-Vienne, 80% des Ibodes de l’hôpital de Saint-Junien ont cessé le travail pour faire part de ces différentes revendications. Désabusés de voir certains de leurs collègues compétents quitter les blocs opératoires pour une meilleure qualité de vie, les Ibodes tirent le signal d’alarme : «On nous fait confiance lorsqu’on en-tre dans un bloc opératoire pour assurer les soins et la sécurité. Nous avons aujourd’hui besoin de tous pour continuer à prendre les usagers en charge dans les meilleures conditions possibles.»

Face à des outils de plus en plus techniques, les Ibodes regrettent que, faute d’attractivité, leur métier soit uniquement vu comme une porte d’entrée à l’hôpital et fasse donc l’objet d’un important turn-over. Turn-over qui oblige à multiplier les formations. Là comme dans de nombreux domaines de santé, on souffre également d’effectifs trop restreints générant d’innombrables heures supplémentaires, parfois non récupérées et non rémunérées.

Quand le champ de la santé est à bout de souffle.

J.D.

Photo: 80% des infirmiers de bloc opératoire ont cessé le travail hier à Saint-Junien.