La Résistance des «petites gens» contée par des objets du quotidiens

Les Amis du musée de la Résistance ont convié samedi le grand public à rencontrer trois collectionneurs. L’occasion d’échanger autour de neuf objets de la Résistance, pour autant de thématiques à questionner.

Faire parler quelques-uns des objets qui ont accompagné les Résistants dans leur quête de liberté, voilà l’idée des Amis du musée de la Résistance, conviant ainsi le public à venir échanger samedi à l’espace Simone-Veil de Limoges.

«C’est notre trésorier Franck Pagnoux qui a eu l’idée de convoquer ces collectionneurs, des passionnés de la Seconde Guerre mondiale avec beaucoup d’objets en leur possession. L’objectif principal de cette rencontre est de faire parler ces objets en lien avec les témoignages des gens qui leur ont confié ces objets» synthétise Véronique Tixier, secrétaire générale de l’association des Amis de la Résistance. «Nous souhaitions parler des gens de peu, des petites gens qui ont participé au Maquis et qui en général, n’ont pas forcément une grande visibilité. L’objectif était donc de valoriser la parole et les actes de ces «petits», qui ne l’étaient pas en fait !»

Cette conférence, ouverte à un public qui pouvait exposer ses remarques et poser ses questions, s’est décomposée en neuf temps, pour autant d’objets expliqués : «Il s’agit de faire parler les objets, avec une parole différente de celle des universitaires ou des historiens» explique Véronique Tixier.

parents de résistants

Bruno Barthelot, Dominique Dautriat et Dominique Sauriat, étaient ainsi présents avec leurs trouvailles glanées au fil du temps et des rencontres. Tour à tour, ils ont expliqué comment ils étaient devenus collectionneurs, combien eux et leurs proches avaient été marqués par le conflit, comment ils avaient baigné dans l’univers du Maquis. Dominique Sauriat, qui jouait plus jeune avec des objets de la Résistance autour de lui, a fini par les collecter. Le grand oncle de Dominique Dautriat a «éveillé [son] esprit à celui de la Résistance» et lui a donné «l’envie de s’intéresser» à tous ces héros, restés bien souvent dans l’anonymat. Bruno Berthelot, dont le grand-père fut «fusillé», a plusieurs personnes de sa famille qui ont accompli des actes de bravoure.

Riches de nombreuses anecdotes et de moments rapportés, les trois passionnés ont ainsi présenté quelques objets emblématiques de la Résistance : une trousse avec tout le nécessaire pour faire des faux papiers, «l’encre» étant «la première arme» utilisée par le maquis note Franck Pagnoux. Puis une grosse fiole, un récipient forgé dans la clandestinité, était capable de dissimuler sous le manteau un litre d’huile ou d’essence subtilisé à l’ennemi. Un objet parmi d’autres qui atteste de «l’ingéniosité de ces hommes et femmes dépourvus de moyens».

Avec les moyens du bord, le Maquis a donc réussi à s’organiser, au fil des années, pour contribuer à la libération. «On parle de 39-45 mais c’est à la fois plus court et plus long, c’est plus compliqué que ça» esquisse Véronique Tixier. Quoiqu’il en soit, ces objets rares, comme cette gamelle gravée appartenant à «FanFan», «20 ans», sur laquelle est écrit aussi «mort aux boches», apportent leur contribution à l’Histoire.

Johan Detour