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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

Le PCF planche sur son projet

Politique

La fédération de l’Indre du PCF organisait hier à Montierchaume son banquet fraternel annuel. Lors du débat qui l’a précédé, il a beaucoup été question du texte en cours d’élaboration qui sera présenté lors du prochain congrès qui se tiendra à Aubervilliers du 2 au 5 juin.

Comment relancer la machine après l’échec aux régionales ?
Quelle est la place du PCF sur l’échiquier politique en 2016 ? Quel projet doit-il porter pour construire la société de demain ? Autant de questions qui ont été soulevées hier au foyer rural de Montierchaume où la fédération de l’Indre du PCF organisait son banquet fraternel annuel qui a réuni quelque 150 convives.
Une soixantaine de militants ont participé au débat dont l’invité est Marc Brynhole, membre du comité exécutif du PCF et ancien président du groupe Front de gauche au conseil régional. Il a été chargé par le N°1 du PCF, Pierre Laurent, d’animer le comité du projet autour d’un texte, La France en commun, dans la perspective du 37e congrès qui aura lieu du 2 au 5 juin à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Dominique Boué, nouveau secrétaire de la fédération de l’Indre, en a profité pour fustiger « la politique anti-sociale de Hollande » et « les choix qui divisent celles et ceux qui ont intérêt à s’unir » et évoqué « une désespérance qui nourrit le FN ». Dans ce contexte, il est primordial a-t-il dit de se rassembler autour d’un projet de société qui offre une alternative aux politiques libérales, « de convaincre qu’un autre chemin est possible ».
« Le combat du PCF ne date pas d’hier, a rappelé Marc Brynhole, mais le projet s’est érodé au fil du temps. Pourquoi les communistes se battent-ils ? Ils se battent pour l’émancipation humaine, le fait de permettre à chacun de maîtriser sa vie, ses choix. Nous apparaissons souvent comme une force politique du passé alors que nous ne parlons que de l’avenir. » Il a ajouté qu’énoncer de grands principes et de belles propositions était une chose mais qu’il fallait aussi dire comment on fait pour y parvenir.
Marc Brynhole a détaillé les quatre axes de La France en commun : l’emploi, les biens communs (eau, énergies, banques, éducation...), l’évolution des institutions et le rôle international de la France. Le retour à une société du plein emploi figure par exemple parmi les objectifs, avec la création d’un parcours professionnel sécurisé où s’alterneraient périodes de travail et de formation. A l’approche de 2017, le dirigeant a critiqué le système présidentiel propre à la Ve République qui fait que « tous les débats ont trait à qui va être candidat au second tour et les idées sont laissées sous le tapis. » La solution pour lui, c’est plus de démocratie, en politique mais aussi dans la société, dans les entreprises.
Des échanges riches
Dans les échanges avec les militants présents, il a été question des attaques contre le monde du travail avec pour récent exemple la condamnation des «Good Year», d’un climat de peur qui s’instaure dans les entreprises et ailleurs avec pour corollaire une difficulté grandissante à mobiliser, du discours idéologique libéral auquel certains salariés sont soumis, de la place des femmes dans le projet du PCF, de sa position sur le nucléaire, ou encore du traité transatlantique...
« Depuis trente, quarante ans, les jeunes n’ont vécu que des reculs sociaux et n’ont connu que des candidats qui, une fois élus, ne tenaient pas leurs promesses. Tout cela nourrit une forme de désespérance sur le vivre ensemble et sur la politique » reconnaît Marc Brynhole. C’est pourquoi, dit-il, « il faut arriver à construire une force politique d’avenir. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ? Nous sommes à un moment assez crucial. Aujourd’hui, la force motrice est du côté du Front national. La question, c’est : dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société émancipatrice ou une société du repli et de la haine. »
Les militants sont donc invités à participer au débat via internet afin d’élaborer le texte qui sera présenté au prochain congrès. Une journée d’études est également programmée dans l’Indre le 20 février.

Jean-Marc Desloges

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