Mauvaise note aux briseurs de grève

Ce lundi matin, premier jour du bac, quatre syndicats enseignants (CGT Educ’action -FSU-Snuipp - Snuep-FSU - Snes-FSU) avaient appelé à la grève de la surveillance des épreuves pour dénoncer la réforme Blanquer. L’administration avait anticipé. Les élèves ont pu composer normalement.
Le seul précédent d’une grève des enseignants le jour du bac date de 1968.  C’est dire si la mobilisation est exceptionnelle.
Après plusieurs mois de non-dialogue, les enseignants ont pris la décision la plus contradictoire pour leur profession, un crève-coeur pour ceux qui accompagnent leurs élèves tout au long de l’année vers ce diplôme de fin de cycle.
Dans l’Indre, la mobilisation était variée selon les établissements. A 9 h, on comptait 38 % de grévistes au Blanc et 45 % à Argenton mais seulement 10 % à Jean-Giraudoux à Châteauroux. Le ministre annonçait lui autour de 5% au niveau national sur l’antenne de France Inter avant le début des épreuves, chiffre répété en début d’après-midi par le ministère (5,40 %). Pour assurer le bon déroulement des épreuves, les inspecteurs ont fait le tour des établissements au petit matin et l’administration a appelé en renfort des enseignants retraités pour pallier les grévistes.
À 10 h 30, les syndicats avaient appelé les enseignants à venir à la cité administrative devant les locaux de la DSDEN pour bâtir « le mur de la colère » à l’aide de cartons. Le but étant d’exprimer leurs revendications et griefs vis-à-vis de l'administration. Une trentaine de personnes ont répondu présentes, des enseignants remontés face à « ce gouvernement qui ne veut pas nous entendre ».
Eloïse Gonzalez (Snes-FSU) est satisfaite de la mobilisation et envisage la suite à donner mais déplore l’attitude de l’administration. « Il faut voir maintenant pour la suite, y compris pour la surveillance du brevet. Malheureusement, les briseurs de grève existent. En plus, quand on connaît les difficultés de pouvoir d’achat des retraités, ce n’est pas étonnant qu’ils cherchent à arrondir leurs fins de mois. La suite dépendra de la mobilisation. La grève de la surveillance continue et la grève des corrections est envisagée mais il faudra être suffisamment nombreux. Nos revendications sont les mêmes : retrait de la réforme, fin de Parcoursup, revalorisation des salaires,.. En plus, on sait qu’il faudra faire face à la rentrée à des classes surchargées et à une offre de formation qui n’est pas à la hauteur des attentes. Pour l’instant, la seule réponse de l’Etat est le mépris, les coups et le gazage comme à Toulouse (NDLR : le 23 mai un rassemblement non violent d’enseignants a été matraqué et gazé à bout portant devant la cathédrale Saint-Etienne. Les neuf personnes placées en garde à vue par la suite ont été relâchées sans poursuite). On ressent du mépris. »
Pour Simon Bourgeois (CGT) « la mobilisation est globalement satisfaisante. On sait que les personnels subissent des pressions car les chefs d’établissement deviennent des chefs d’entreprise. Beaucoup ont hésité à venir. Briser la grève est hors-la-loi mais ils le font quand même avec des retraités, des personnels administratifs et des surveillants. La CGT dit de ne pas céder à cette pression et de nous rejoindre. » Son collègue José-Manuel Félix (CGT) pense déjà à la reconduction de la grève car derrière, « il y a des réformes qui s’annoncent historiques auxquelles il faudra faire face ».

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