Il faut sauver «L’Arche de l’abeille»

Apiculture

Philippe et Patricia Gonthier sont arrivés à Larche en septembre 2017. Entre valises et meubles, 21 ruches pleines d’abeilles. Après une saison  catastrophique, 13 ont résisté. Pour préserver leur micro élevage, ils lancent un financement participatif sur la plateforme Tudigo.
Une vie de jardinier pour Philippe Gonthier. Avec à la clef, une toute petite pension de retraite et une passion qui s’installe dans son quotidien :  l’abeille. Patricia Gonthier, après une carrière dans le secrétariat de direction, travaille à mi-temps dans le domaine du service à la personne. L’autre moitié de son temps, elle accompagne son époux dans sa nouvelle activité malgré son allergie aux piqûres de l’animal ! Une histoire d’amour : entre un homme et une femme, entre les hommes et les abeilles. «Du fait de mon métier, j’ai quelques soucis de dos. J’ai du mal à marcher mais il ne se passe pas un jour sans que je soigne mes abeilles. Nous avons perdu 55 % de nos ruches. J’ai dû brûler des cadres à cause de la fausse teigne. Je les surveille pour éliminer les frelons. Mes ruches sont installées sur mon terrain à Larche et j’en ai quelques unes sur le plateau du Causse.  Avec la sécheresse, il a fallu porter de l’eau tous les jours et les nourrir au sirop. Sans ça, j’aurais perdu tous mes essaims. J’ai regretté d’avoir procédé à la récolte du miel en juin. Après le sirop, je les ai nourris au sucre candy pour qu’elles tiennent le coup. J’ai demandé au paysan d’à côté d’arrêter de pulvériser les ronciers. Il a été d’accord. Je les taille moi-même» raconte Philippe Gonthier.
Il s’estime débutant en matière d’apiculture. Il apprend chaque jour un peu plus en observant ses propres abeilles et en échangeant avec d’autres apiculteurs, amateurs et professionnels. Comme pour beaucoup d’entre eux, les temps sont à la catastrophe écologique. Glyphosate,  néonicotinoïde, frelon asiatique, varois, fausse teigne s’apparentent aux ancestrales plaies égyptiennes. Ici, nul châtiment divin. Les responsables : les pratiques économiques, agricoles et industrielles. Abeilles, oiseaux, flore... C’est tout le vivant qui entre dans le processus de l’entropie. Alors  face à ce désenchantement criminel, Philippe et Patricia Gonthier se tournent vers la solidarité active et le soutien citoyen. Ils jouent la carte de  l’audace et décident de lancer un financement participatif sur la plateforme Tudigo pour permettre à «L’Arche de l’abeille» de poursuivre son élan de préservation. Une façon de participer au message d’alerte que nombres d’associations et collectifs diffusent au sein de la «société civile». Pour  rappel, dans la nuit du 14 au 15 septembre dernier, ils ont été 42 députés à avoir rejeter l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate d’ici 2021. Cette nuit là, après d’âpres débats et surtout beaucoup d’absents dans l’hémicycle pour cause de vote nocturne, la majorité a renoncé à l’engagement présidentiel...
En ce «jour des Morts», l’initiative toute personnelle de Philippe et Patricia Gonthier relie celle de l’appel national des Coquelicots à se rassembler pour interpeller les pouvoirs publics. À Brive, c’est vendredi 2 novembre, à 18h15, au 2 bis avenue du Président Roosevelt.
SP
www.tudigo.co/don/larche-des-abeilles

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