La Banque alimentaire a besoin de nous, rien qu'un peu

Secours quotidien

La Banque alimentaire, qui permet à 10 000 habitants de la Dordogne de bénéficier de colis de denrées, lance une campagne de recrutement. Puis elle nous donne rendez-vous pour la grande collecte nationale.

 

« On a passé une semaine un peu folle... ». Les ateliers cuisine que la Banque alimentaire en Dordogne a mis sur pied à Marsac-sur-L’Isle, commune où l"association a son siège, ont notamment reçu le soutien du Chef du restaurant des Reynats Florian Grundeler. Ils ont également eu de la visite. « A ma connaissance, le préfet Frédéric Perissat n’était jamais venu nous voir ». Le président de la Banque alimentaire Dordogne Francis Herbert se réjouit aussi d’avoir vu le député LREM de la 1ère circonscription Philippe Chassaing et « plusieurs maires et/ou adjoints » jeudi et vendredi derniers. Autant de marques d’attention que le président Herbert veut prendre comme une forme de reconnaissance, même si, avec la soixantaine de bénévoles qui font tourner la Banque alimentaire, le temps de savourer est passé, il est déjà aspiré par la préparation des prochains grands rendez-vous… en plus de l’activité courante : ici, une journée chasse l’autre, les 10 000 bénéficiaires de colis alimentaires que compte la Dordogne n’attendent pas.

 

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La Dordogne championne… de la pauvreté

« Nous collectons environ 700 tonnes de denrées par an ». La Banque alimentaire assure leur redistribution à une soixantaine d’associations périgourdines -« nous ne sommes pas en prise directe avec les gens ». Charge à ces dernières de, à leur tour, les redistribuer. « Après avoir augmenté ces dernières années, le nombre de bénéficiaires se stabilise un petit peu. Peut-être a-t-on en somme fait le plein ? ». En effet, la Banque alimentaire n’est pas seule sur son créneau caritatif : les Restaus du cœur, la Croix Rouge, le Secours catholique… se démènent également, avec la même détermination pour aider les plus fragiles d’entre nous. « En Nouvelle-Aquitaine, avec la Creuse, la Dordogne enregistre 13 à 14% de personnes qui perçoivent le RSA, un taux supérieur à la moyenne nationale ». A l’image des constations qui valent pour l’ensemble de la France, parmi les bénéficiaires périgourdins de cette aide alimentaire, on trouve de plus en plus de familles monoparentales, de personnes âgées et de retraités ; et des jeunes gens sans emploi grossissent leurs rangs. La pauvreté rime souvent avec la mobilité, voire la volatilité. « Il y a des familles assez insaisissables. Elles vont et viennent dans les associations ». De quoi complexifier le travail de la Banque alimentaire, d’ailleurs. «Notre difficulté, c’est d’ajuster nos approvisionnements à la demande de nos partenaires ».

 

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L’écueil des linéaires à prix cassés

« Quatre équipes partent chaque jour faire les ramasses ». Dès potron-minet, les camions prennent la direction des grands magasins et des entreprises agro alimentaires (1). « Les grands magasins ont l’interdiction de détruire des denrées à J-3, J-2 ou J-1 de leur date de péremption ». On doit cette disposition à la loi contre le gaspillage alimentaire, que le député PS de la 1e circonscription de la Mayenne Guillaume Garot a portée. Reste que nous connaissons tous ces portions de linéaires réservées aux bonnes affaires. « Des produits qui vont être périmés sont vendus à moins 50% ». En ratissant les fonds de tiroir, les enseignes nuisent logiquement aux volumes collectés par la Banque alimentaire. La gêne est assez prégnante pour que l’association soit « contrainte de se tourner vers d’autres entreprises ». Celles-ci appartiennent très majoritairement au secteur de l’industrie agro-alimentaire. « Il arrive qu’à la suite d’une maldonne, des unités donnent 3 tonnes de pommes de terre qui lui restent sur les bras… aux animaux ». La pratique peut être une conséquence de l’ignorance ; on y a autrement dit cédé en toute bonne foi. Aller renseigner ces entreprises peut donc changer les habitudes. Aussi, les 3 tonnes de pommes de terre ou les 2 tonnes de carottes sont remises à la Banque alimentaire. En tout état de cause, une tendance positive pointe. « La fibre sociale entre dans l’entreprise ». Celle-ci intègre le principe des dons et un interlocuteur des associations bénéficiaires est désigné.

 

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La Banque alimentaire a besoin de nous

« Au retour des binômes chauffeur-accompagnateur, le tri des denrées commence ». Il est alors 10h le matin. Une vingtaine de bénévoles s’emploient à effectuer ce travail, au siège de Marsac-sur-l’Isle. Immanquablement, l’organisation de la mobilisation des bénévoles constitue une tâche colossale. Toutefois, l’étape du tri n’est pas celle qui présente le plus de difficultés. « On s’en sort ». En revanche, dans toutes les autres tâches, la Banque alimentaire manque de bras. Au point qu’en Dordogne, elle lance une campagne de recrutement, qui commencera officiellement avec la journée portes ouvertes du mercredi 16 octobre prochain -dont les horaires sont en cours de calage puisque la Banque alimentaire tourne 365 jours par an. « On veut trouver 1 ou 2 chauffeurs, ce ne sera pas du luxe… mais aussi quelqu’un qui maîtrise l’informatique, une autre qui se charge de la communication, une 2e personne pour la gestion du dépôt et on a aussi besoin d’une assistance pour le secrétariat ». Aujourd’hui… comme hier, ceux qui s’engagent à donner un peu de leur temps sont le plus souvent des retraités, mais aussi des bénéficiaires des colis alimentaires.

 

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Les Gilets Jaunes n’ont pas facilité le travail

« Les Périgourdins continuent de donner lors de notre grande collecte nationale ». Même si les manifestations des Gilets Jaunes ont grandement perturbé l’édition 2018. « Des grands magasins étaient bloqués… ». Reste que la moyenne de dons récoltés a pu être atteinte : 107 tonnes de denrées. Cette année, la Banque alimentaire nous donne rendez-vous les 29 et 30 novembre. Cette grand collecte nationale permet d’assurer chaque année, en deux jours, une centaine de tonnes des 700 annuelles. Conjointement, l’association va « profiter de la période septembre-novembre pour nouer des partenariats avec des établissements scolaires partout en Dordogne ». Elle bénéficie en effet de l’agrément de l’Education nationale nécessaire pour intervenir en leur sein.

 

Fabienne Ausserre

 

(1) L’Etat effectue également des dons, ainsi que le fonds européen d’aide aux plus démunis -FEAD.