La chanson toujours aussi belle et rebelle

La 9e édition de Festiv'en Marche s'est déroulée du 6 au 10 juin avec découvertes, concours, foire aux vinyles, expos, films, débats et concerts, aussi et surtout.
Cette année encore, il s'agissait bien de porter et de partager la chanson d'expression dans toute sa diversité, de tenter d'agiter les neurones.
C'est Pédalo cantabile qui servit de fil rouge pendant ces cinq jours. Des chansons il y en eut, déroulées devant le public à la force du mollet par ce cycliste faisant du sur-place mais accompagnant de ses instruments (accordéon ou guitare), tous les standards du répertoire.
Le concours « chanson de paroles » s'est déroulé à l'Avant-scène d'Argenton, l'occasion de réaliser un beau partenariat pour décloisonner les lieux de concerts. Ce concours a fait découvrir Marie Cheyenne, Julie-Marie, Tom Bird et Pascal Mary, quatre artistes animés par les mêmes préoccupations : comment aborder la vie du début à la fin, mais avec quatre styles bien différents. Lauréat cette année, c'est Pascal Mary qui aura eu le privilège d'ouvrir la soirée suivante. Il a régalé le public de ses chansons anti-conformistes et poétiques : un concentré époustouflant de vitamines, de dérision et de réalisme.
Ensuite est arrivé Louis Arti qui a pris tout l'espace et il aurait eu tort d’en priver les spectateurs. C'est certain : il ne rentre dans aucune case et c'est tant mieux ! On suit ou pas mais la performance est remarquable, la musicalité des mots évidente, à tel point que quelques accords de guitare (joués avec élégance par Michel Gaudioso) suffisent à ponctuer la pensée exprimée. On se retrouve entre poésie et « contes des mille et une nuits » modernes. Il pense tout haut, Louis Arti, et arrive même à faire groover sa pensée...
Nuit de Nacre pour la troisième soirée puisque l'accordéon en a été l'instrument roi, en quelques notes subtilement dosées sur la voix cristalline de Louise O'sman, retrouvée avec bonheur cette année sur la scène du festival. Elle avait enchanté le public l'année dernière avec sa très jolie prestation lors du concours « chanson de paroles ». Elle est revenue toujours aussi talentueuse, avec une patte bien affirmée dans ses rythmiques et sa façon de scander les mots. En cascades harmoniques avec Lionel Suarez accompagnant Jehan  dans « Divin Dimey ». Un duo somptueux, équilibré dans l'excellence, tout simplement ! Et le chanteur de laisser à plusieurs reprises une place au musicien pour qu'il joue en soliste, de quoi savourer encore la virtuosité de l'accordéoniste...
Le lendemain les trublions sont entrés dans l'arène. On se serait cru dans une cour d'école ! Enfin, en apparence... Antoine Ménagé a quitté ses cours pour venir raconter ce qui l'inspire comme son « ex »-carrière de chanteur pas connu : humour et lucidité au programme... Comment dire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux ? Il a suffi d'écouter Eric Toulis ! Avec une présence scénique ébouriffante,  il a  su entraîner le public dans son joyeux bazar... Mais l'écriture est précise, les mots portent, les messages sont clairs. Rebelles sont les artistes, belles sont leurs chansons ! Ca tombe bien, non ?
Des textes engagés
Co-plateau « nouvelle vague » pour terminer ce beau festival.
Avec Julien Girard plutôt très bien accompagné pour quelques chansons réellement très engagées (Et pas parce que c'est la mode mais avec de vrais arguments percutants) comme Les Loups ou La Machine et d'autres plus tendres ou pleines d'humour.
Les frères Volo ont terminé l'édition 2019 de Festiv'en Marche  en échangeant régulièrement leurs guitares et en utilisant les talents de leur compère Alexis, touche-à-tout des arrangements. Un tour d'horizon consensuel de tous les thèmes du moment (la politique, les migrants...), sans oublier quelques histoires d'amour à venir ou passées, le tout bercé par des accompagnements épurés.
On l'aura compris, la chanson dite « à texte »  se décline sous toutes ses formes à Mouhet, avec un spectre artistique des plus larges.
Festiv'en Marche fêtera sa 10e édition l'année prochaine. Dix années d'existence contre vents et marées, dans la résistance pour que continue d'exister la chanson d'expression.
Tous, de son organisateur Eric Laurent aux bénévoles sans oublier les adhérents, y croient et le public chaque année plus nombreux montre bien que la chanson belle et rebelle a de beaux jours devant elle.
Dominique Kovacs

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