Tourneur, créateur, formateur

Artisanat

C’est la seule pratique où c’est le bois qui tourne et non l’outil : dans la grande famille des métiers liés au bois, Cyril Moré a choisi celui de tourneur. Depuis quelques semaines, il a déménagé son atelier au Moutier-d’Ahun, où il accueille le public dans son espace atelier-boutique ouvert tous les jours en été...
ça devait être une activité d’appoint, un petit plus intégré dans un tout autre projet... Il y a une dizaine d’année, Cyril Moré, alors directeur de Village Vacances notamment sur Vassivière, entame une reconversion professionnelle. Il achète une maison à la cascade des Jarrauds, à Saint-Martin-Château. «Le projet, c’était avant tout d’ouvrir une buvette, avec un peu d’artisanat... oui, mais quoi ?». Le jeune homme cherche, se renseigne, notamment auprès de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie).
«Je suis devenu tourneur par hasard, assume Cyril Moré, la CCI m’a financé une formation à Azérables auprès de Yann Marot, l’un des meilleurs tourneurs de France». Un de ces hasards qui changent une vie, puisque Cyril est complètement tombé sous le charme de ce métier presque disparu, «ça m’a même tellement plu que c’est devenu mon métier principal», sourit l’artisan.
Il a été compléter sa formation en Saône-et-Loire auprès de Gilbert Buffard. Ce dernier avait déjà écrit deux ouvrages pour apprendre à tourner le bois, et Cyril a alors eu l’idée de mettre ces conseils sous format vidéo : quelques années plus tard, le site internet jetournelebois.com est né. D’abord installé à la cascade des Jarrauds, puis  sur l’île de Vassivière, il vient donc d’ouvrir son nouvel atelier dans la rue principale du Montier-d’Ahun. Il répartit son temps entre la création de pièces originales, des séries d’objets décoratifs ou de vaisselle, et les formations  sur place.
 «Le tournage sur bois, c’est très particulier, explique Cyril. Les ébénistes et les menuisiers ne maîtrisent pas forcément la technique, ce sont des pratiques différentes».
Auparavant, lorsque les menuisiers avaient besoin d’une pièce tournée par exemple pour une rambarde d’escalier, ils faisaient appel à un tourneur pour la faire. Pourtant, ils étaient moins de dix tourneurs en France dans les années 1980, «c’est un métier qui a failli se perdre, à la base les tourneurs faisaient de la vaisselle en bois, des pieds de tables, ce genre de choses...».
Et puis l’industrialisation et la perte des savoir-faire est passée par là, et les tourneurs se sont faits plus rares... Le métier n’est pourtant pas perdu, et à défaut de pieds de tables, «c’est l’art qui a refait vivre les tourneurs». Aujourd’hui, avec la création d’objets en tous genres, «il y a vraiment des artistes en tournage, qui fabriquent des choses assez incroyables».
Cyril s’est spécialisé dans le tournage d’objets très fins, «soit il se déforme de lui-même, soit je le découpe aux pyrograveurs pour le denteler». Des objets uniques, dont la signature principale de l’artiste restent de garder le veinage et la couleur du bois pour le magnifier et le mettre en valeur, «révéler les petits défauts qui en fait sont signes d’une grande qualité». Avec la même patience et la même passion pour chaque objet...
Il accueille régulièrement des stagiaires (stages indivisualisés accessible à tous toute l’année*) lui-même pour transmettre son savoir-faire, et les visiteurs qui viennent à la boutique-atelier peuvent le voir travailler.

Plus d’informations :
Cyril Moré, tournoi d’art sur bois,
12, rue Simon-Bauer, 23150 Moutier-d’Ahun. contact@cyrilmore.com
www.jetournelebois.com
* https://www.cyrilmore.com/stage

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