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Quand le moi devient Terre

Culture

L’éducation socioculturelle est une des spécificités de l’enseignement agricole.
Dans ce cadre pédagogique, une trentaine d’élèves en classes de Terminale Baccalauréat Professionnel CGEA «Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole» et  CGEH «Conduite et Gestion de l’Entreprise Hippique» ont vécu cette année au cours de leur cursus scolaire une expérience forte et enrichissante à tous points de vue.
En lien avec la Cour des Arts à Tulle, l’artiste  Béatrice Chastagnol et sous la houlette de Thierry Zizert, enseignant d’éducation socioculturelle, ces  élèves ont mis du cœur et des affects dans la réalisation de sculptures en argile et de textes à résonance personnelle accompagnant ces créations imaginées à partir du thème d’un autoportrait en terre.
Le 16 mai, jour du vernissage de l’exposition présentée dans le Hall de l’immeuble consulaire à Tulle, fierté et émotion étaient de ce rendez-vous  inhabituel pour des jeunes issus  majoritairement du milieu rural et pour qui culture rime souvent avec agriculture.   
«C’était très enrichissant, ça m’a permis d’exprimer mes sentiments, mes émotions vis-à-vis de la terre agricole et de la Terre. J’ai pris ces deux  dimensions. J’ai réalisé un autoportrait en argile et un poème-texte. J’ai pensé en écrivant  au présent, au futur de la Terre, à ce qu’on lui fait subir.
Cela s’est traduit par de la tristesse»  expliquait Terre Hezel, une élève en CGEH à la fibre artistique sensible.
Son long et touchant poème fait se dialoguer les éléments. Il se termine ainsi :
«Et quitte l’espoir  de la fraternité des limons /
Au pied de la beauté /
La fleur que vous brisez /
Soupire avec ivresse/
Nous aussi nous aimons»...
Baptiste, 17 ans, élève en Term  CGEA a fait «ce qu’il  pouvait». Son texte associe l’art à l’agriculture, un champ de labour à un champ d’expérimentation artistique : «La terre en art, la culture de la terre en agriculture» a résumé  l’élève.
Futur éleveur de broutards et de veau de lait sous la mère en Haute-Corrèze vers Ussel dans l'exploitation familiale, Pierre Antoine, d’abord surpris, décontenancé par la proposition -comme beaucoup d’élèves au départ -  s’est pris au jeu d’une création teintée de méditation.
«Nous agriculteurs, avoir ce lien un peu singulier avec la Terre,  pour les générations futures, il est très important de le conserver. Ce n’est pas facile pour nous de concilier les deux entre productivité et respect de l’environnement. Il faut qu’on soit ouvert à tout ce qui se fait. Il faut faire de l’agriculture raisonnée et des produits de qualité» soulignait t-il.
On ne peut que louer la qualité artistique des sculptures et apprécier la profondeur de textes souvent marqués par un constat pessimiste quant à l’avenir de la Terre. Tony Cornelissen, le président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze se félicitait de la puissance des messages portés  à rebours des idées reçues  sur les agriculteurs : «Le paysan ce n’est pas le «bouseux» qui ne connaît rien  à la nature et à l’art. C’est tout le contraire. On a envie que notre département rayonne par la qualité de ses agriculteurs, la qualité du maintien de la vie, la sauvegarde de la Terre pour les générations futures, un environnement préservé. C’est bien d’associer tous ces points sur des créations qui vous ressemblent et sont très  expressives».
Projet présenté dans la logique du PADC (Projet d’Animation et de Développement Culturel) de l’établissement en cohérence avec le Projet  d’Etablissement et dans la continuité de ses actions artistiques et culturelles,  Thierry  Zizert  remarquait : «L’idée était de leur ouvrir l’esprit, de développer la curiosité, la créativité, leur capacité à explorer de nouveaux horizons, d’aller voir par dessus la haie». 

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