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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

Un demi siècle sous le regard d’Edgard

Agriculture

«Petit dernier» à avoir émergé sur le territoire corrézien, l’EPLEEPA Edgar Pisani de Naves souffle cette année ses 50 bougies.  A cette occasion, l’établissement organise une journée ouverte au public pour célébrer «50 ans sous le regard d’Edgard». Un lycée qui a toujours mis l’accent sur l’innovation.

Sa création est directement issue des lois du ministre de l’Agriculture dont il porte désormais le nom. Le lycée agricole Edgard Pisani fêtera le 29 juin prochain ses 50 printemps.
C’est effectivement par ces lois que la volonté d’ouvrir un établissement agricole dans chaque département voyait le jour. Première originalité de  l’établissement Navarois il était bien loin d’être le seul sur le territoire. «En Corrèze, il en existait déjà à Neuvic et Voutezac qui eux, ont ou vont fêter  leurs centenaires» précise Christian Virlojeux, actuel directeur de l’établissement.
Né de la fusion de l’école agricole de la Jarrige et de l’école ménagère Le moulin du soleil, l’établissement qui n’était alors qu’un collège a encore la particularité d’être sorti de terre sur une parcelle vierge de tout bâtiment. Car contrairement à ce qui s’est passé pour bon nombre de lycées  agricoles, aucun domaine, ni bâtiment n’a été transmis pour la création de l’établissement de formation agricole. Cela explique la faiblesse du faire-valoir direct dans le foncier actuel de l’exploitation agricole ou l'absence de bâtiments ou de corps de ferme «historique».
La construction ex nihilo de l’actuel bâtiment a donc été confiée à l’architecte Robert Joly, disciple de Le Corbusier et titulaire du grand prix de Rome.
En résulte une conception reposant sur deux ensembles de bâtiments symétriques correspondant aux collèges masculin et féminin pouvant être  regroupés en anticipation d’une mixité qui n’allait pas tarder à se réaliser.

Pas seulement vocation à former des agriculteurs

«C’est aussi ce qui explique qu’il y a à la fois aujourd’hui une partie agricole et une autre service à la personne ce qui est l’héritage de cet  établissement» souligne son directeur. Car cet établissement n’a pas seulement vocation à former des agriculteurs. «Au début il fallait une formation au niveau CAP pour prétendre aux aides à l’installation. Depuis la fin des années 90 le niveau est celui d’un bac pro. Cette hausse du niveau de  qualification s’accompagne surtout d’une formation à tous les aspects comme la commercialisation, l’approvisionnement, le conseil, le cheval,  l’agroalimentaire, l’aquaculture mais aussi tous les métiers en lien avec le service à la personne qui est aujourd’hui un enjeu important sur les  territoires ruraux et particulièrement dans notre département».
Avec environ 380 élèves et 120 personnes, tous statuts confondus y travaillant, l’EPLEFPA regroupe aujourd’hui quatre pôles distincts. Le centre de  formation professionnelle pour personnes adultes, une antenne du centre départemental de formation des apprentis agricoles (CDFAA), le centre  équestre et bien sûr son exploitation agricole.
«Un outil d’application essentiel pour la formation qui fonctionne comme une exploitation privée» précise Christian Virlojeux.
250 ha dont une grande partie en location qui n’est pourtant pas exempt d’innovations. «Nous avons été un des premiers établissements à avoir une exploitation exclusivement en bio». Ce tournant, le lycée l’a pris au début des années 2000 en anticipant les enjeux des mutations de l’agriculture actuelle.

"Innovation"

L’établissement qui «mise sur l’innovation» mène aussi des expérimentations sur les modes de commercialisation notamment sur les circuits  courts, et qui plus est locaux. En ce sens, au delà des ventes directes pratiquées au sein du lycée, l’établissement est aussi en lien avec le projet  d’atelier de transformation fermière lancé par l’Agglo de Tulle et qui sort actuellement de terre, un peu plus au Nord de la commune.
Mais le prochain gros projet du lycée sera incontestablement celui de sa restructuration pour sa mise en accessibilité. Un vaste projet estimé à 10 M€ d’euros, financé par le Conseil régional et pour lequel le choix du cabinet d’architecture serait quasiment entériné. Selon l’état d’avancement  dans la désignation du candidat retenu, le projet pourrait être présenté au public le 29 juin à l’occasion du cinquantenaire.

Mathieu Andreau


Portes ouvertes
De 14 à 18 heures, le 29 juin, des visites des installations seront proposées au public. Mais aussi du pôle d’économie sociale
et familiale qui sera inauguré à cette occasion.

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