Communistes et patronat se penchent sur l’économie locale

Politique

L’Adecr organisait lundi en partenariat avec la FFB (Fédération française du bâtiment) de la Dordogne une rencontre publique sur le thème « Investissement public et économie locale, besoins et perspectives » à laquelle une quarantaine de personnes, communistes et dirigeants de Pme du département ont participé.
Une initiative qui avait pour but d’évoquer la réalité de l’économie Périgourdine qui repose principalement sur les secteurs du tourisme, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, et du BTP. « Il y a une question qui vous taraude et qui nous taraude aussi c’est celle de l’investissement public qui diminue du fait de la baisse des dotations d’État aux collectivités. Nous avons souhaité organiser cette rencontre puisque vous avez interpellé les candidats aux élections Départementales sur les propositions que fait la FFB au plan national », a précisé Vianney le Vacon président de l’Adecr et candidat du Front de gauche sur Périgueux 1 en préambule. La soirée se déroulait en présence de deux représentants des deux principaux donneurs d’autres en matières de travaux publics : le conseil général (Francis Colbac) et le Grand Périgueux (Jacques Auzou) et d’Olivier Salleron président de la Ffb 24 qui était accompagné de Christophe Riou.
Serge Salleron a fait le bilan de la situation pour les entreprises du Btp de Dordogne, « après sept ans de période difficile on arrive au bout. Nous avons perdu 2 000 emplois dans le secteur sur le département et le risque de défaillance d’entreprise n’a jamais été aussi élevé depuis quatre ans. La fin des chantiers c’est le signe de la fin d’une dynamique dans un département et pourtant il y a toujours des besoins en terme de maison de retraite, de rénovation thermique ou de mise aux normes d’accessibilité pour la population. Aujourd’hui la Ffb ce sont 300 entreprises dont 80 % de moins de 10 salariés qui sont prêtes à accompagner le département dans ses mutations et dans un environnement concurrenciel sain. Car la recherche des bas coût a des répercussions sur la qualité et se fait souvent grâce aux travailleurs détachés employés parfois illégalement ». Il a ainsi développé les propositions qui ont été adressées aux candidats aux Départementales. On notera parmi elles : favoriser les bonnes pratiques pour lutter contre les offres anormalement basses, développer les avances de paiement pour les entreprises qui fabriquent avant de se rendre sur un chantier, valoriser l’apprentissage en le comptabilisant dans les critères d’insertion dans les marchés publics, soutenir l’investissement local notamment en rénovant le patrimoine existant, adapter les bâtiments existants aux normes d’accessibilité et thermiques, contribuer à améliorer la gestion des déchets professionnels et leur recyclage...
Pour Francis Colbac, la plupart des questions soulevées « ont un lieu direct avec les moyens financiers du conseil général. Il n’y a pas une commune en Dordogne qui ne bénéficie de l’aide aux communes du conseil général et pas un projet qui se fait sans. Si ses ressources financières baissent, l’aide aux communes baissera aussi et par voie de conséquence les travaux commandés aux entreprises. Il y a donc nécessité d’agir et nous l’avons fait avec le groupe communiste ». Il a ensuite répondu sur la question des offres anormalement basses, « personnelement je m’en méfie toujours et je fais en sorte dans la commission d’appel d’offres de mettre le plus fort coefficient possible sur la valeur technique », laissant entendre que l’apprentissage pourrait faire partie de ces critères. Il a également proposé aux chefs d’entreprise une rencontre au Smd3 en charge de la gestion des déchets à l’échelle du département.  Pour Jacques Auzou, « ce n’est pas une baisse des dotations à laquelle nous avons à faire mais à un système de prélèvement des ressources des collectivités. A l’échelle du Grand Périgueux ce sont 4 millions d’euros qui vont ainsi être prélevés, en 2017 ce sera 9,3 millions. Au niveau du conseil général c’est 6 millions l’an prochain et 19 millions en 2017. Le budget du Département c’est 70 millions d’investissment dans deux ans ce ne sera plus que 50 millions s’il n’y a pas de hausse de l’Apa et du Rsa qui sont des dépenses quasiment incomprésibles.  Il y a des communes qui arrivent tout juste à dégager 45 à 50 000 euros d’investissement pour répondre aux besoins dans deux ans ils ne pourront en dégager que 30 000 que pourront ils faire ? Il faut être vigilants ».
Pour Olivier Salleron « le plus dommageable c’est que pour n’importe quelle collectivité le plus simple est de baisser ses investissements ». Annik Le Goff élue à Sarlat a déclaré « partager vos interpellations et vos propositions car il s’agit là d’économie réelle, mais il ne faut pas oublier le rôle des banques qui ne jouent pas le jeu dans l’investissment ». Il a été fait état par les deux parties des difficultés dues aux normes, véritable frein aux investissements. Jacques Auzou a invité les entrepreneurs à s’organiser collectivement de façon à ne pas passer à côté des gros chantiers à venir, comme la seconde tranche de travaux de l’hôpital de 50 millions d’euros. Les échanges ont été riches, un entrepreneur se réjouissant,
« quand j’entends des discours comme ça ça me rassure, ça donne envie de voter pour vous, vos élus sont sur le terrain et vous avez des ouvriers comme candidats ça donne plus envie de travailler avec vous qu’avec l’Umps ».
Une rencontre qui aurait pu surprendre ceux qui ne voient que par des clichés, mais comme l’a répété Vianney Le Vacon qui a promis d’organiser d’autres rencontres, « on sait faire la différence entre les entreprises du Cac 40 et le tissu local, entre des groupes qui se gorgent d’argent public avec le Cice et les entreprises qui créent l’emploi et la vie dans nos territoires ».
Philippe Jolivet

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