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La santé est un jeu de quilles

Social

Comme nous vous l’annoncions dans une précédente édition, les services hospitaliers d’urgence de la Dordogne sont entrés dans le mouvement de contestation initié par les hôpitaux publics parisiens. Hier matin à Périgueux, soignants et agents distribuaient des tracts au rond-point de l’établissement à l'appel d'une intersyndicale CGT, FO et CFDT.

L’organisation de la médecine en France est basée sur deux piliers, le public et le privé.
Ce dernier n’est pas soumis aux mêmes contraintes que le premier, bien qu’ils relèvent des mêmes tutelles. En gros, il y a les hôpitaux publics d’un côté, et les cliniques et médecins, qu’ils soient généralistes ou spécialistes en cabinet, de l’autre. Les évolutions de la société ont déséquilibré le système sans que les pouvoirs publics ne prennent la mesure des dangers guettant ce secteur. à moins qu’ils n’aient fermé les yeux... Les horaires des généralistes se sont réduits comme peau de chagrin en deux décennies, ces professionnels, de plus en plus de femmes, souhaitant pouvoir profiter eux aussi d’une vie de famille et non plus travailler six jours sur sept, avec des gardes de nuit ou de dimanche et jours fériés, et plus de douze heures par jour. Alors, mécaniquement, les salles d’attente des urgences se sont remplies.
Ensuite, il y eut les différentes réformes qui ont touché la fonction publique, les restrictions budgétaires qui ont conduit à la suppression de lits dans les services hospitaliers. Or comme l’explique un des 17 médecins urgentistes de l’établissement de Périgueux (ils devraient être 26 !), en grève comme 100 % de ses collègues, « nous sommes une plateforme. Les patients rentrent chez nous, mais nous n’arrivons pas ensuite à les faire sortir ». Le manque de places dans les services, engendré par ces suppressions, oblige les urgentistes à contacter, les uns après les autres, tous les étages de l’hôpital pour trouver un endroit où il resterait, par bonheur, un lit disponible. Cela multiplié par le nombre de passages nécessitant une hospitalisation derrière... On imagine le temps perdu, et on comprend mieux pourquoi les urgences sont remplies de brancards occupés, rangés dans les couloirs. Car une fois que le médecin a diagnostiqué votre pathologie, il faut libérer les box où se pratiquent les examens. Normalement, soit on rentre chez soi, soit on va dans un service. Or même trouver des ambulances pour ramener les patients chez eux au milieu de la nuit s’avère compliqué. « Nos infirmières et aides-soignants ne sont pas remplacés, ils travaillent toujours en sous-effectif, et nous avons perdu une dizaine de médecins urgentistes au mois de novembre » reprend le toubib. « Ils n’ont pas envie de rester, quand ils voient les conditions d’exercice ». Comme dans un jeu de quilles, le boulet de la rentabilité provoque des dysfonctionnements en cascade, dont sont victimes les agents hospitaliers, et les patients. En bref, ceux qui font tourner la boutique, les usagers par leurs cotisations sociales qui forment une grande partie du revenu des hôpitaux, et les soignants par des conditions de travail aujour-d’hui totalement insupportables. Bien que ce problème ne touche pas que les urgences, rares ont été les collègues des autres services à rejoindre la distribution de tracts, ce que comprennent parfaitement les hospitaliers : « Nous sommes là sur nos repos » confient-ils, « des repos qui sautent trop souvent pour que les autres n’en profitent pas pour se reposer et s’occuper de leur vie personnelle. C’est donc relativement logique qu’ils ne soient pas là ». Que les médecins soient totalement impliqués dans le mouvement de grève -qui ne se traduit que par la mention « En grève » sur les blouses des soignants et agents et non par une interruption de travail- démontrent le niveau dangereux de ras-le-bol atteint par la profession dans son ensemble. Actuellement, parmi les infirmières et aides-soignants du service, trois sont en arrêt-maladie, non remplacés. Les négociations qui se sont déroulées mercredi après-midi avec la direction n’ont acté que le renfort d’un aide-soignant la nuit, rien pour le jour, et le paiement des heures supplémentaires effectuées en juillet et août, deux mois critiques pour ce service, quand les agents demandent qu’elles soient payées jusqu’à la fin de l’année. Globalement, chaque agent cumule entre 30 et 100 heures supplémentaires par an, ni payées, ni récupérées... Un poste d’Ash serait aussi pourvu, mais pour la radiologie, pas pour les urgences... Des réponses a minima pour un service dont on peut dire qu’il est aujourd’hui en « urgence vitale » avec un « pronostic vital engagé », tant la déliquescence orchestrée des conditions d’accueil et de travail pousse les soignants à une overdose mettant leur propre santé en danger.

Service rendu et travail en équipe
Malgré les difficultés à exercer sereinement, les médecins urgentistes aiment leur métier, comme l’explique un d’entre eux : « Nous apprécions la diversité des interventions, le travail en équipe, et le service rendu à des gens traversant un moment de leur vie compliqué. Nous aimons les aider, mais nous n’avons plus les moyens de le faire correctement, de pratiquer notre job comme on le devrait, et beaucoup d’entre nous se posent des questions sur leur avenir au sein du service ».

26 postes budgétés, 17 occupés
Alors que l’hôpital de Périgueux a 26 postes d’urgentistes budgétés, seuls 17 sont occupés par des titulaires. Le recours aux intérimaires, beaucoup plus onéreux que les médecins en poste, est donc la règle pour assurer la continuité du service public. « Nous sommes quatre là où nous devrions être six » expliquent les urgentistes. Pour travailler dans de bonnes conditions, ils doivent être trois dans le service, deux au Smur, et un médecin régulateur. Quand l’équipe est réduite à trois, ce qui est le cas en période estivale, comme le médecin régulateur ne peut quitter son poste, pour peu que le Smur soit requis à l’autre bout du département, il ne reste qu’un toubib pour s’occuper de tous les patients arrivant aux urgences. « Si nous avons de la chance, nous aurons des intérimaires » soupirent-ils. Car en plus des Périgourdins, l’hôpital devra compter avec les touristes...  

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