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Christophe Riou : « Le moteur de la confiance redémarre, je le vois à la foire exposition »

Bâtiment

Le président de la fédération du bâtiment de Dordogne Christophe Riou se félicite de la reprise des affaires, qu'il vérifie encore à la foire exposition de Périgueux. Reste que les difficultés de recrutement pourraient la ternir.

« On manque de bras ! ».Tant ceux que la fédération française du bâtiment (FFB) voudrait recruter directement que ceux qu’elle voudrait former dans ses centres dédiés. Pire que cette pénurie générale, le président de la FFB Dordogne Christophe Riou et son secrétaire général Christian Monti signalent que des métiers sont carrément « sinistrés ». Si l’on recherche des chauffagistes, des peintres, des menuisiers… parce que c’est crucial pour répondre aux commandes des entreprises du bâtiment périgourdines, trouver un carreleur aujourd’hui relève de la gageure. Reste que ni le président Riou, ni le secrétaire général Monti, se contentent de déplorer ce constat : la FFB Dordogne engage des moyens concrets pour pallier à cette situation, qui, en période de chômage élevé, déconcerte d’autant plus que l’image des professions du secteur souffre de contre-vérités coriaces. En effet, la pénibilité physique de celles-ci a grandement diminué et le niveau des salaires est au-dessus de bien d’autres métiers« Un débutant gagne 1 500 € net, salaire auquel s’ajoutent des avantages connexes : indemnité de panier, indemnité de trajet, prime annuelle de vacances équivalant à 30% du salaire. Au total, la rémunération réelle est autour de 1 800 € ».

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Un site web dédié aux offres d’emploi

« On a créé un site web pour nos offres d’emploi. De façon constante, nous en avons chaque jour entre 50 et 70. Aujourd’hui, ce sont 70 emplois qui sont à pourvoir ».Ce site web est cours de chargement et il devrait être opérationnel dans les semaines qui viennent. Christian Monti précise que les offres seront relayées sur les réseaux sociaux. La FFB Dordogne a parfaitement intégré la nécessité d’utiliser les outils technologiques actuels. Autre moyen appliqué par la fédération périgourdine : la tenue des coulisses du bâtiment, les 10 et 11 octobre prochains. Une visite du chantier du centre hospitalier de Périgueux va mobiliser 4 à 500 collégiens. « On leur offre le bus qui va les chercher dans leurs établissements ». A l’issue de cette opportunité de découverte des métiers sur le terrain, les élèves pourront visiter le centre de formation des apprentis. « Dans notre département très vaste, il y a des difficultés de transport et une réticence à la mobilité. Aussi, nous essayons de mailler le territoire, de sorte que les centres de formation se rapprochent des candidats potentiels ». Voilà pour une 3emesure concrète.

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Qui travaille aujourd’hui dans le bâtiment ?

« A ceux qui ont choisi de travailler dans le bâtiment, s’ajoutent aujourd’hui des profils issus d’autres branches de l’artisanat, comme, notamment, des serveurs, des boulangers… des métiers qui impliquent des contraintes horaires qui peuvent être vécues comme pesantes ». Ces réorientations sont donc le résultat d’une étude comparative.« Ils réalisent que le bâtiment, c’est plus souple. En effet, il est rare par exemple de travailler le week-end ». Le phénomène des « quinquas »qui anticipent le moment où ils vont prendre leur retraite est aussi notable. « Comme ils envisagent de s’installer en Dordogne pour la dernière partie de leur vie, ils quittent leur région d’origine une quinzaine d’années avant d’être retraités ». L’Ile-de-France est un pourvoyeur important de ces quinquas, ainsi que, dans une moindre mesure, les Hauts-de-France. De plus en plus de demoiselles optent pour le BTP. Aujourd’hui, administratifs et salariés terrainconfondus, elles représentent « 12 à 13% des emplois de la branche ». Non, pas de relation avec les sujets qui occupent tout l’emploi du temps de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa« On n’est pas féministe à fond, on trouve juste naturel que les femmes occupent des emplois dans le bâtiment ». Le président Riou souligne que celles-ci deviennent plutôt des chefs d’entreprise ; et souvent de peinture ou de serrurerie. « Bien sûr que les évolutions de nos métiers les encourage. Le temps où l’on était amené à porter des sacs de 50 kg est derrière nous ». En tout état de cause, le président Riou se félicite que la mixité des sexes augmente dans le BTP, et s’accélère. « Il faut les deux composantes, c’est un facteur d’efficience ».

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Le marché retrouve la santé

« Après des années éprouvantes, on constate un vraie amélioration du marché. Aujourd’hui, les entreprises périgourdines ont 5 à 6 mois de commandes ».Un gros bol d’air que le président Riou savoure, sans pour autant perdre le sens des réalités : il n’y a pas non plus d’indicateur qui permette d’être sûr que cette santé soit recouvrée durablement. Il y a des plaies à panser. « Aujourd’hui, on est tombé à 9 000 salariés dans notre branche, alors qu’on en enregistrait 12 300 en 2007. Et encore, on a touché le fond au pic de la crise, en comptant… 8 000 salariés ». Chrisophe Riou estime qu’ « il faut démontrer que la reprise est solide ». Ce qui implique au passage de ne pas se laisser tourner la tête par la période actuelle, où la préparation des municipales gonfle les commandes. «  A Périgueux, on remarquait l’absence de grues… donc de chantiers ; Aujourd’hui, on en voit plusieurs… ». C’est que les commandes des collectivités pèsent « 20 à 25% »du chiffre d’affaires des entreprises, « sachant qu’il y a en parallèle le Département ». Et le président Riou n’y va pas par quatre chemins, à propos de l’assemblée de la Dordogne. « Le Département pourrait réengager 30 M€ dans les collèges. Aujourd’hui, on est réduit à la portion congrue, en étant à 15 M€. Il faut qu’il maintienne l’investissement, de sorte de ne pas expédier nos salariés à Bordeaux ».

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Les règles des marchés publics en question

« Il y a une prise de conscience de nos décideurs politiques ». Si Christophe Riou tient à pointer ce changement, il rappelle conjointement qu’en matière de marchés publics, « il y a des règles intelligentes dans un appel d’offres ». Glisser des critères d’attribution comme l’insertion sociale, le bilan carbone… est précisément « bien dans leur idée ». La FFB a souhaité que les appels d’offres soient divisés en lots –maçonnerie, plomberie… Histoire de ne pas se faire ravir des marchés publics par des mastodontes comme Bouygues. « On milite vraiment, en incitant notamment nos entreprises à se regrouper ». Une affaire en cours blesse la FFB Dordogne. « Le chantier de la gare est en train de nous échapper. Les décideurs doivent comprendre à quel impact ils exposeraient la Dordogne ». Bien sûr que la fédération comprend que la gestion de macro lots soit plus facile… mais elle dessert les entreprises locales. « En outre, des chantiers auxquels nous sommes associés, comme Francheville ou le centre hospitalier, motive nos entreprises ».

Fabienne Ausserre