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Porter la parole des morts

Théâtre

Lundi soir à Clairvivre, salle de spectacle (20 h 30), et mardi à Excideuil (salle du château, 20 h 30), la compagnie Acte sept de Bamako au Mali, propose la pièce écrite par l’auteur périgourdin Michel Gendarme, Le voyage d’Amadou (Les survivants), en partenariat avec la sompagnie Siphonart de Périgueux.

La présentation de cette pièce en Dordogne est dûe à une succession de rencon-tres et d’échanges artistique entre le Périgord et la capitale malienne.
Il ne s’agit pas là de coopération institutionnelle. Les personnes ayant donné vie à ce projet se sont croisées de façon fortuite, et c’est ainsi que l’aventure a débuté. Depuis une dizaine d’années, Siphonart et Acte sept développent un partenariat. Les deux troupes se sont rencontrées à l’occasion de la tournée de la pièce de Michel Gendarme, Le rallye Papa Noël, au Mali. C’était en 2011. Sur le tarmac de l’aéroport de Bamako, le chauffeur d’Acte sept les attendait pour les emmener aux différents endroits où ils devaient se rendre. Le directeur de la compagnie malienne, Adama Traoré, travaille beaucoup avec des personnes en situation d’exclusion, les enfants des rues... Il est le premier chez lui à avoir monté une troupe féminine. Un jour, un jeune homme, Amadou Keïta, frappe à la porte de l’association. Il explique souhaiter devenir chauffeur. Acte sept lui a permis d’obtenir son permis, et il en est devenu le conducteur attitré. Son histoire, c’est à Michel Gendarme qu’il l’a confiée, ce soir de décembre 2011, sur le tarmac de l’aéroport. Elle nous renvoie au début d’histoires qui défraient chaque jour la chronique, celles de ces milliers de femmes, enfants, hommes, qui risquent leur vie pour se construire un avenir. Il avait 16 ans quand, poussé par la misère et les manipulations de ceux qui lui ont fait miroiter une carrière professionnelle en Europe, il décide de tenter le voyage. à travers les déserts, il a rejoint la Libye, et s’est retrouvé dans une embarcation de fortune, avec des centaines de compagnons d’espoir. Pour l’immense majorité d’entre eux, ce fut la noyade, à des milliers de kilomètres de chez eux, dans l’anonymat d’une mer rendue meurtrière par l’intolérance des hommes, l’exclusion, la pauvreté... qui en ont trop poussés à se remettre entre les mains du hasard et de la chance pour atteindre l’Europe. Amadou Keïta a été sauvé in-extremis par les gardes-côtes libyens, avec une quinzaine de ses compagnons d’infortune, et a pris le chemin du retour. Bouleversé par ce récit, Michel Gendarme l’a adapté en pièce de théâtre, qui a été montée par le metteur en scène et directeur de la compagnie Acte sept, Adama Traoré, et dans laquelle Amadou Keïta joue son propre rôle. Elle a été présentée pour la première fois à l’occasion de l’ouverture du festival biennal de cette compagnie, le festival du Théâtre des Réalités, dont c’était la quatorzième é dition en 2018.
« Quand nous avons commencé les répétitions, beaucoup de jeunes étaient en larme en écoutant » confie Adama Traoré. « Voir quelqu’un qui a vécu ça, et tout ce qu’il a enduré, ça a changé leur conception par rapport à pas mal de choses ». Il explique que si le sujet est connu, les Maliens en parlent très peu. « De la pudeur encadre ces histoires ». Si les jeunes et moins jeunes partent ainsi, « c’est que pour eux, il n’y a aucun avenir sur place. Donc, malgré les risques, ils sont prêts à partir. Les réseaux sociaux, avec ces photos de ceux qui ont réussi la traversée, participent au leur-
re ». Pour Amadou, il a fallu se reconstruire, ce qu’Acte sept lui a permis, « et aujourd’hui, il est heureux d’être au Mali, il a un travail, une famille, il est marié et a des enfants, ce qui en fait un exemple pour les autres, qui voient qu’il y a des choses qu’on peut construire ici ».

La troupe
Elle est composée, outre les deux hommes pré-cités, du musicien Roger Attikpo, de la chanteuse Amaïchata Salamanta, du technicien Moussa Sissoko, et de l’assistante du metteur en scène, Yasmine Grah. Des représentations, lectures et contes sont programmées dans des écoles primaires et des Ehpad.