Un « Grenelle » ? Chiche ! pour Femmes solidaires

Violences faites aux femmes

Au tour de la Dordogne, mardi 24 septembre 2019, d’« alimenter la réflexion nationale » du Grenelle des violences faites aux femmes. Le préfet Frédéric Perissat a réuni les « acteurs » qui concourent à protéger les victimes. Parmi eux, Françoise Hortin, qui est de l’association Femmes solidaires depuis une vingtaine d’années. La réunion l’a laissée perplexe.

« Dans un Grenelle, on n’est pas assis les uns derrière les autres ». Françoise Thorin, une vingtaine d’années d’engagement derrière elle au sein de l’association Femmes solidaires, a été invitée, mardi dernier, à la réunion de lancement de « la réflexion nationale ».Si l’idée que toutes les personnes qui luttent contre les violences faites aux femmes puissent se parler lui paraissait naturelle -des victimes, elle en a tant vues- elle s’était tout de même même dit que, si ça se trouvec’était en train de bouger. Et puis donc il y a eu cette disposition des personnes impliquées dans le salon Erignac de la préfecture à Périgueux. Le ton « docte » des professionnels qui étaient autour du préfet Perissat, derrière une table enveloppée d'un tissu corail. Pas question de remettre en cause leurs compétences précisément, du tout. Françoise les qualifie spontanément de « professionnels aguerris ». Toutefois, ils lui ont paru… loin

LIRE AUSSI : Incendie suspect à Coulounieix-Chamiers : l'expert fait une découverte

« Au terme de 2h30 de réunion, on s’est aperçu que l’on a déjà environ 90 % des lois dont nous avons besoin ». Oui, le préfet a bien fait de souligner qu’« on ne partait pas d’une page blanche ». Et, de son côté, la  militante ose même « être assez optimiste sur l’évolution, nécessaire à ses yeux, d’une société qui fonctionne selon un modèle patriarcal ». C’est qu’il y a encore deux ans, « parler de féminicide nous faisait toutes passer pour des cinglées ». Deux ans, c’est hier... « Nous, ce qu’on voit, c’est le déficit des ordonnances de protection ». Françoise Thorin était trop impressionnée par ses interlocuteurs… si loin, qu’elle en a perdu ses moyens : elle s’en veut de ne pas avoir dit non plus que Femmes solidaires déplorait la sous-utilisation du bracelet qui contient le partenaire violent à rester dans un périmètre géographique, à la manière d’un bracelet électronique. 

LIRE AUSSI : Les succès engrangés n'abaissent pas la mobilisation du CERADER

« Mais ce qui manque le plus, et beaucoup, ce sont des logements réservés aux victimes... et à leurs enfants. Or, il y a 15 ans, il y en avait... » Une « solution »avancée dans la salle l’a bouleversée. « Les envoyer à  l’hôtel ». Françoise en reste retournée. « Et on mange comment ? On se lave comment ? Cette réflexion m’a fait honte ». Pourtant, Françoise y croit. Elle ne sait pas faire autrement. « Un Grenelle ? Chiche ! ». Si c’est... un « vrai ».

Fabienne Ausserre