Bien dans une peau propre

SAFED

Le Service d’accompagnement des familles en difficulté (Safed) gère à Périgueux un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (Chrs), destiné à accueillir dans l’urgence celles et ceux qui, pour des raisons familiales, professionnelles, sociales..., se retrouvent à la rue.

Le public du Safed est composé de personnes en déshérence, par un accident de la vie, ou suite à une rupture parfois violente.
Il compte ainsi beaucoup de femmes victimes de violences, qui ont quitté précipitamment le domicile conjugal avec leurs enfants, parfois très jeunes, « et des femmes enceintes, qui accouchent durant leur hébergement chez nous » précise Gilles Combet, chef de service, « ce qui fait que nous avons beaucoup de jeunes enfants ». Quand ces citoyens arrivent au Chrs, ils sont totalement démunis, sans aucune ressource pour 80 % d’entre eux, souvent parce qu’ils méconnaissent leurs droits. Si le Safed assure l’hébergement, la nourriture, grâce au contrat qu’il a passé avec la Banque alimentaire, et la vêture grâce aux associations caritatives, il est un domaine qui n’est pris en compte par personne, celui de l’hygiène. Et comme le budget de la structure est de plus en plus contraint, elle n’a pas les moyens, sur ses fonds propres, d’acheter les produits nécessaires. « Alors que la base de la dignité commence par l’hygiène au quotidien » reprend Gilles Combet. Camille Aubry, actuellement stagiaire socio-esthéticienne au Safed, a eu l’idée d’organiser une collecte. Dans un premier temps, elle s’est rapprochée des pharmacies, qui ont été nombreuses, sur l’agglomération périgourdine où a été lancé ce projet, à répondre par l’affirmative. Des cartons pour qu’on puisse y déposer les produits recherchés ont donc été remis à ces professionnels, et Camille Aubry reconnaît avoir été agréablement surprise en allant les récupérer. « Des gens ont acheté des produits d’hygiène et de cosmétique dans des grandes surfaces, et ont été les déposer dans les pharmacies partenaires » confie-t-elle. Gilles Combet indique qu’en fin d’année dernière, des collégiens de Laure-Gatet l’avait contacté, car ils désiraient réaliser une collecte de jouets pour les enfants. « Je leur avais répondu que beaucoup d’associations caritatives en donnaient, et ils m’ont demandé ce qui faisait besoin. Je leur ai dit que c’était les produits d’hygiène, et je les ai sentis un peu dépités ». Mais une semaine plus tard, la Cpe de l’établissement se rapprochait du Safed. « Elle nous a dit que c’était une bonne idée de montrer que les jouets n’étaient pas forcément la priorité pour des enfants, qu’il y avait des choses plus essentielles, comme l’hygiène, et que ce sont des produits qui coûtent cher ». Les collégiens ont entendu le message, et ont fourni nombre de gels douche, et un petit stock de brosses à dent. Or, avec le dentifrice, et les protections hygiéniques pour les femmes, ce sont les matériels qui manquent le plus.
Gilles Combet remarque également qu’il y a encore quelques années, chaque femme accouchant à la maternité se voyait remettre un coffret avec divers petits cadeaux, certes offerts par de grandes firmes pour qui c’était une bonne publicité, avec des couches, des crèmes... « Aujourd’hui, c’est fini, et quand les femmes sortent de la maternité, il leur faut acheter immédiatement tout le nécessaire ». Ce qui est très difficile quand on est sans, ou avec très peu de ressources. « Nous avons interpellé les entreprises, comme celles qui fabriquent des couches-culottes, pour négocier quelque chose avec elles, mais nous n’avons obtenu aucune réponse » déplore Gilles Combet. C’est pourquoi cette collecte a été lancée, avec un point d’orgue, le samedi 26 octobre, ou le Safed s’installera toute la journée à l’entrée du magasin Auchan, dans la galerie commerciale, pour inciter les chalands à faire preuve de solidarité en déposant dans le contenant prévu à cet effet, les produits suivant une liste qui sera remis à chacun, pour les aiguiller dans leur don.

Les pharmacies
Dans certaines (Pharmacie Aliénor rue Taillefer, Guichard place Bugeaud, Reydy, place Francheville), la collecte est terminée mais elle se poursuit dans les suivantes : des 4 Chemins, rue des Mobiles de Coulmiers, Chapard, rue Gambetta, du Coderc, 15 place Coderc, du Palais, 21 Bd Montaigne et Fénélon, 25 cours Fénelon. Une boîte se trouve également à l’Institut Nature du Monde, 34 Place Francheville.