Son imagination se heurte à la réalité : 2 ans ferme

Justice

Ce mercredi 16 octobre 2019, un homme de 24 ans était jugé devant le tribunal correctionnel de Périgueux pour une série de vols et tentatives de vols par effraction ainsi que pour recel. Sa compagne et son beau-père étaient également jugés pour recel.

Au tribunal correctionnel de Périgueux, l'audience de ce prévenu a débuté par une demande de renvoi de sa part. Elle a été rejetée. Alors qu’un autre dossier devait être étudié avant le sien, le mis en cause… a quitté la salle. Il n’est jamais reparu. C’est pour 14 vols avec effraction ou tentatives, trois destructions par incendie et un délit de recel qu’il était jugé ce mercredi 16 octobre 2019. 

Un premier fait avait eu lieu dans la nuit du 11 au 12 novembre 2017 à Saint-Médard-de-Mussidan, les autres entre juillet 2018 et février 2019. Les deux affaires devaient être jugées séparément. Elles ont finalement été jointes. 

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Pour la première affaire, il était reproché au prévenu d’être entré par effraction dans une société de taxi pour y dérober dix cartes de lavage d’une valeur unitaire de 35€. Il avait laissé des traces de sang sur place, ce qui lui avait valu d’être identifié par son ADN. Cependant, l’homme, qui n’est jamais à court d’arguments - il l’a prouvé dans les autres affaires- avait déclaré aux enquêteurs qu’il ne « voulait pas balancer», mais qu’il n’avait pas participé au vol. Si son ADN avait été retrouvé, c’est qu’une bagarre entre les cambrioleurs avait éclaté, et que l’un d’eux avait perdu connaissance. Or, alors, on était venu le chercher pour porter secours au blessé. Il se serait alors coupé sur place... Pas de quoi convaincre le tribunal. 

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C’est un vol par effraction à l’entreprise AELde Saint-Martial-d’Artenset qui avait mené à la résolution des autres affaires pour lesquelles il comparaissait et pour laquelle les gendarmes de Montpon-Ménestérol avaient été appelés. Un camion-plateau, ainsi que du matériel de chantier avaient été dérobés. Mais, étrangement, le camion-plateau… était revenu. Les gendarmes avaient donc consulté le GPS du véhicule. Ils ont alors constaté qu’il s’était rendu sur les lieux où… il était en train de construire sa maison, puis, plus tard, sur les lieux d’une maison en construction où des plaques de BA 13 avaient été dérobées. L’habitacle du camion avait été aspergé de détergent pour faire disparaître toute trace. Mais de la peinture jaune avait été retrouvée sur la poignée du véhicule. 

« Un coup des Espagnols »

Le 30 octobre, les gendarmes se rendent sur son lieu de résidence habituel. En effet, le mis en cause est bien connu de leurs services. Les militaires y découvrent le matériel de chantier dérobé chez AEL, le BA 13, ainsi que des objets à l’origine douteuse, pour tout dire : liés à des vols commis de façon similaire. Les gendarmes réussissent à recouper les faits ici, les faits là. Chez sa compagne, ceux-ci retrouvent une cave à vin, une bouteille de Château Margot, des bidons de lavage d’une société de nettoyage de voiture, un aspirateur balai, une bouteille de Château Yquem, deux fusils, une télévision, et de l’argent en numéraires, avec des pièces de lavage. Dans son camion, des bijoux en argent et une gourmette en or au nom de Florentsont eux aussi découverts. Chez son beau-père, ce sont 450 jetons de lavage d’une valeur de 2 € chacun et un téléviseur dont les numéros ont été effacés sur lesquels les gendarmes mettent la main. 

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En garde à vue, le prévenu multiplie les explications ubuesques. Des gens se seraient rendus sur le chantier de sa maison avec un camion-plateau et lui auraient proposé des plaques de BA 13 et des ferrailles… qu’il aurait accepté de leur acheter. Les traces de peinture jaune sur la manche de son pull lors de son arrestation qui correspond à celle retrouvée sur le camion ? Il s’est frotté dessus. Bref, il se serait fait avoir.« C’est un coup des Espagnols ! ». Les objets à l’origine douteuse retrouvés chez lui ? Il admet le recel… puisqu’ils étaient chez lui. En revanche, il ne peut pas dire à qui il les a achetés. Des gens lui proposent des choses et il fait « de bonnes affaires». Toutefois, il reconnaît un vol avec effraction le 25 octobre 2018 à Saint-Léon-sur-l’Isle. « Je me promenais, je les ai vu partir et j’ai fait la maison. J’ai commis une erreur en laissant mon ADN. Mais je ne fais plus de choses comme ça aujourd’hui». Sur place on retrouve aussi des empreintes de chaussures avec des marques de chevrons… comme les chaussures Salomon qu’il porte… et qui le relient à de nombreux autres vols. Alors qu’un fourgon Fiat volé en Gironde est retrouvé brûlé à Saint-Jean-d’Ateaux, son fourgon Fiat qui était en panne quelques jours plus tôt… fonctionne à merveille désormais. C’est vrai qu’il a fait faire des réparations auprès de quelqu’un qu’il ne peut pas nommer. Ce dernier lui a installé -sans qu’il le sache- le moteur et la boîte de vitesse du camion brûlé. 

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Un « homme qui joue vraiment de malchance », ironise la présidente du tribunal. Il a été condamné à deux ans de prison ferme ; sa compagne, à six mois de sursis, et son beau-père à deux mois de sursis et 400 € d’amende. Il devra dédommager une partie des victimes (les autres ayant été renvoyées sur intérêts civils à une date ultérieure) à hauteur de plus de 20 000 € dont une partie (3 200 €) solidairement avec sa compagne et son beau-père.

Philippe Jolivet